Cinq ans après les « bonnets rouges », place aux « gilets jaunes » ! C’est le signe de ralliement brandi par ceux qui contestent le renchérissement des prix des carburants - dus à la flambée des cours du pétrole ainsi qu’à l’augmentation des taxes sur le diesel et l’essence. Ces militants - qui s'auto-qualifient d'« apolitiques » - craignent qu’elles servent davantage à compenser de récents cadeaux fiscaux (ISF, taxe d’habitation, impôts sur les sociétés) dans le budget de l'Etat qu’à véritablement lutter contre le changement climatique et réduire l’impact sanitaire des pollutions. Et appellent à bloquer les routes de France, samedi 17 novembre.

Un scénario qui n’a rien d’étonnant aux yeux du sociologue de l’impôt, Alexis Spire. Dans « Résistances à l’impôt, attachement à l’Etat », paru en septembre 2018 au Seuil, il anticipe qu’« une fiscalité écologique qui ne tiendrait pas compte des inégalités sociales et territoriales a peu de chance d’être acceptée ». L’actualité semble lui donner raison.                  

La manifestation des « gilets jaunes » devrait faire le plein, samedi 17 novembre, sur les routes de France. La fiscalité écologique qu’ils dénoncent a-t-elle été mal pensée ?

Alexis Spire : Le succès des mobilisations anti-fiscales a toujours tenu dans leur capacité à mobiliser au-delà de la seule baisse des impôts. C’est encore le cas de la manifestation du 17 novembre, qui dépasse la simple opposition à la fiscalité écologique. En se ralliant aux mécontentements, le Rassemblement national puis Les Républicains alertent aussi contre la diminution du pouvoir d’achat et les difficultés de vivre . . .

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