L’engagement des soignants en première ligne pour combattre le Covid-19, y compris des étudiants et des retraités appelés en renfort, est d’autant plus louable qu’ils sont particulièrement exposés à la transmission du virus. Chercheure et professeure en sociologie de la santé à l'université de Rouen, Danièle Carricaburu étudie les pratiques et les risques sanitaires chez les professionnels de santé en France. Selon elle, l'épidémie de Covid-19 révèle les failles d'un hôpital public à bout de souffle après des décennies de réductions budgétaires.        

Vous avez publié « Quand soigner rend malade : des soignants face au risque infectieux à l’hôpital » en 2008. Vous vous étiez penchée sur le risque des maladies nosocomiales pour les professionnels. Y a-t-il des parallèles avec la crise actuelle du Covid-19 ?

La question des infections nosocomiales est sensiblement différente dans la mesure où, par définition, ce sont des infections que l’on peut contracter à la suite d’une hospitalisation à l’hôpital ou en établissement privé. Mais le parallèle existe, car le risque infectieux concerne à la fois les patients et les soignants.

Avec la généralisation des antibiotiques après la Deuxième Guerre mondiale, on a cru, à tort, en avoir fini avec les maladies infectieuses. Pourtant, très vite, les premières résistances bactériennes aux antibiotiques sont apparues et les soignants savent très bien les ravages que peuvent causer certains germes, comme le staphylocoque doré. On oublie trop souvent que les antibiotiques n’agissent pas sur les virus. L’apparition de la pandémie du sida dans les années . . .

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