« Il vaut mieux avoir un bon juge qu’un bon avocat »

Depuis 1974, il est l'une des figures du barreau toulousain. Avocat pénaliste, Me Simon Cohen a traité au long de ses années de plaidoiries les affaires les plus retentissantes de la ville, et bien au-delà. De l'explosion de l'usine AZF à l'affaire Alègre, retour sur quelques moments forts de sa carrière et sur l'évolution de la justice.

4 POLICIERS APPEL POUR LE VIOL D’UNE JEUNE FEMME DE 19 ANS
Me Simon Cohen ©NICOLAS AUER/MAXPPP

Médaille d'or de la ville de Toulouse en 1972, à 21 ans, alors même que vous n'aviez pas encore prêté serment, c'était un début tonitruant...

Pour un jeune homme né à Marrakech, passionné de droit et notamment de droit constitutionnel, j'ai effectivement réalisé de très bonnes études. J'ai obtenu cette récompense grâce à mes résultats. En droit et sciences-politiques, je collectionnais les premières places. A cette époque, nous en étions à une ère précolombienne du droit. Je veux dire par là que soulever des exceptions de procédure, avoir accès aux dossiers, utiliser la plénitude du Code pénal, ce n'était pas du tout dans l'air du temps, tout cela n'existait pas...

Vous avez très vite plaidé dans des affaires importantes, comme celle du sang contaminé, au milieu des années 80...

Effectivement, en pleines années Sida, le Centre national de transfusion sanguine (CNTS) avait sciemment distribué à des hémophiles, de 1984 à la fin de l'année 1985, des produits sanguins dont certains étaient contaminés par le virus. Dans une lettre que je m'étais procurée, les divers responsables avaient écrit noir sur blanc : « De combien de morts serons-nous responsables ? » J'ai défendu Jean Ducos, ancien directeur du centre régional de transfusion sanguine (CRTS) de l'hôpital Purpan, et ex-président de la société française de transfusion. Il a obtenu un non-lieu en juin 1999, confirmé en appel en 2002, tout comme son subordonné le docteur Bernard Boneu. En tant que membre de la commission consultative nationale de transfusion sanguine . . .

Notre survie dépend de vous

Un journalisme local indépendant, sans publicité, avec chaque semaine des enquêtes introuvables ailleurs : voilà ce que vous propose Mediacités. Aujourd’hui, plus de 5 300 abonnés soutiennent notre travail. Mais ce n’est pas suffisant : nous recherchons 2 000 abonnés d’ici la fin 2022 pour continuer à enquêter. En vous abonnant aujourd’hui, dès 3 euros par mois, vous pouvez faire la différence.
Je m’abonne

  • Accès aux 4 éditions de Mediacités (Lille, Lyon, Nantes et Toulouse)
  • 100 % indépendant, avec 0 % de publicité
  • Résiliation facile à tout moment

Publié le

Temps de lecture : 5 minutes

Par Philippe Gagnebet