Pneus brûlés, circulation bloquée sur le périphérique Est de Lille, défilé devant la préfecture... Le 27 juin, les pompiers du Nord ont fait étalage de leur force, 20 jours après le démarrage d'un mouvement de grève illimitée. Une manifestation symbolique dans un conflit larvé qui dure depuis deux ans. En 2015, quand Jean-René Lecerf (divers droite), fraîchement élu à la tête du Département du Nord, décide de s’intéresser au coût du SDIS (Service départemental d’incendie et de secours) 59, il découvre un effectif qu'il juge « exagéré » et n'hésite pas à le qualifier d'« armée mexicaine ». La formule a le don de mettre une première fois les pompiers professionnels dans la rue, sombreros sur la tête et musique mariachi en fond sonore. Mais si le président du conseil départemental confie aujourd'hui à Mediacités qu'il « regrette d’avoir utilisé (cette) expression », sur le fond, le soupçon demeure que les soldats du feu nordistes ont bénéficié d'une gestion laxiste.

En question, le budget et les effectifs d’un SDIS qui aurait eu des « privilèges » pendant des années. Le mot est cette fois lâché par Joël Wilmotte, élu LR du Département qui a eu pour mission en 2015 d’établir un diagnostic et de proposer des remèdes. Entré en conflit avec les syndicats, il a « préféré partir » de son poste de président du SDIS 59, laissé à Jean-René Lecerf, mais continue de penser que des choses doivent changer. « Il faut responsabiliser l’ensemble des agents pour assurer une bonne utilisation des deniers publics », commente le maire d’Hautmont. De fait, un rapport de la Chambre régionale des comptes pointait dès octobre 2012 la nécessité de répondre à une « situation financière (...) caractérisée par . . .

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