Comment effacer des dizaines de millions de dettes en un tour de main ? Noyon, le plus célèbre fabricant de dentelles de Calais, semble avoir trouvé la recette. Moins d'un mois après avoir été placée - à sa demande - en liquidation judiciaire, l'entreprise vient de renaître totalement vierge. Le 13 février dernier, le Tribunal de commerce de Boulogne-sur-Mer a rendu publique sa décision de céder pour 200 000 euros les derniers actifs du dentellier, à un groupement d'entreprises de la lingerie-corseterie réunies autour de… l'actuelle direction. Incarnée par Olivier Noyon, président du directoire et Henri-Philippe Durlet, directeur général, celle-ci se voit autorisée par le procureur qui lève l'interdiction de principe (article L 642-3 du code du commerce) de participer au projet de reprise.

Ce joli tour de passe-passe mérite explication. Mediacités a donc tiré les fils et levé la mantille pour vous expliquer les coulisses de cette décision judiciaire. Mais, pour commencer, un petit rappel historique s'impose. Voilà près d'une vingtaine d'années que les pouvoirs publics portent à bout de bras une entreprise qui prend l'eau de toute part. Au risque de fausser la libre concurrence entre les derniers mohicans du tulle français.
Guerre des prix sanglante
La société Noyon incarne mieux que nulle autre la descente aux enfers d'une profession qui comptait des centaines d'entreprises dans les années 1960. En migrant peu à peu de la dentelle Leavers (tissée et très haut de gamme) vers la dentelle Jacquard (tricot . . .

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