L’interview a démarré depuis à peine quatre minutes qu’il glisse au micro : « En tant qu’ancien maire de Lyon, ça me touche d’autant plus ». Ce mardi 3 octobre, le ministre de l’Intérieur Gérard Collomb est l’invité de la matinale de France Inter. Il réagit à l’attentat à l’arme blanche perpétré deux jours auparavant sur le parvis de la gare Saint-Charles, à Marseille. Une des deux victimes était originaire de Rilleux-la-Pape. Autre matinale, autre sujet. Le 19 octobre, le numéro 2 du gouvernement est l’invité de France Info. A la fin de l’entretien, Jean-Michel Apathie et Bruce Toussaint le titillent : est-il exact, comme l’a raconté le site Salade lyonnaise, qu’il a convoqué Stéphane Bern suite à un tweet de l’animateur – nommé « Monsieur Patrimoine » par Emmanuel Macron – jugé trop sympathique à l’égard de Laurent Wauquiez, au sujet du musée des Tissus ? « Oui, répond tout-à-trac Gérard Collomb. Car je m’occupe encore de Lyon. »

Lyon a-t-elle vraiment changé de patron ? Nommé le 17 mai 2017 à l’un des postes les plus exposés et prenants du gouvernement, Gérard Collomb n’a laissé les clefs de la Métropole à David Kimelfeld que le 10 juillet dernier et celles de l’hôtel de ville à Georges Képénékian que le 17 juillet. Deux mois pour « préparer [s]a succession dans les meilleurs conditions possibles », comme l’avait déclaré au Progrès celui qui est resté "simple" conseiller municipal et métropolitain. Et depuis ? « Collomb n’a pas du tout quitté Lyon, rigole son plus opiniâtre opposant Philippe Cochet, maire LR de Caluire-et-Cuire et chef de file de l’opposition de droite au Grand Lyon. Les nominations de Képénékian et Kimelfeld [des fidèles d’entre les fidèles] traduisent bien le fait qu’il tire les ficelles. » « Que l’ombre de Collomb continue de planer, c’est normal après 40 ans de vie politique locale. Mais on se demande s’il s’agit de l’ombre ou de la main… », ironise Stéphane Guilland, président du groupe Républicains et apparentés au conseil municipal de Lyon.

A première vue, les faits semblent leur donner raison. A l’hôtel de ville, Georges Képénékian n’a-t-il pas cédé son bureau de premier adjoint à… Gérard Collomb ? « Il le partage avec Richard Brumm [actuel premier adjoint]. Cela m’a paru normal que le maire de Lyon dispose d’un endroit pour travailler quand il vient ici », justifie à Mediacités Georges Képénékian. Le… « maire de Lyon » ??? « Lapsus ! », se reprend l’élu, sourire en coin.

Un forum d’associations par-ci, une inauguration par-là…

Il faut dire que le ministre de l’Intérieur ne reste jamais très longtemps loin de sa ville. Et ce, quelles que soient les circonstances. Le 8 septembre, il assiste au vœu des Echevins à la basilique de Fourvière. Sa présence surprend l’assistance et jusqu’au cardinal Barbarin. Au même moment, à Paris, la place Beauvau (où se situe le ministère de l’Intérieur) est sur le pied . . .

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