C’est Ubu premier secrétaire. En cette fin 2016 – sous la pression de certains grands élus –, David Kimelfeld renonce à organiser la primaire de la Belle alliance populaire dans le Rhône. Cohérent pour ce fidèle de Gérard Collomb, soutien d’Emmanuel Macron, qui a clamé qu’il ne participerait pas au scrutin. Mais, logiquement, il devrait abandonner son poste de premier secrétaire fédéral du PS… Eh bien non ! Un pied dehors, un pied dedans, il demeurera macroniste militant et « premier des socialistes » jusqu’en juillet dernier. Soit après la présidentielle et les législatives.

« Cela lui a permis de continuer à contrôler l’appareil et d’éviter l’émergence d’un autre pôle », constate l’élu villeurbannais Yann Crombecque, qui siège au bureau fédéral depuis 1990. Mission accomplie : le PS ne présente que six candidats – dont aucun à Lyon – sur les 14 circonscriptions du Rhône ; le mouvement En Marche, lui, réussit le grand chelem dans la Métropole (12 députés sur 12). Voilà "la Collombie" à son apogée. Et pourtant, à l’origine, ce n’était pas gagné. Retour sur une anesthésie en cinq dates.

2001 : De la banlieue rose à la prise de Lyon

Proche de Pierre Mauroy dans les années 1970 et 1980, Gérard Collomb navigue – minoritaire voire « moqué » – dans une fédération historiquement mitterrandiste. Autour de figures comme Charles Hernu (Villeurbanne), Franck Serusclat (Saint-Fons), Jean Poperen (Meyzieu) ou Roland Bernard (Oullins), le PS du Rhône demeure tout à sa stratégie de ceinture avec la « banlieue rose » de l’Est lyonnais au détriment de la ville-centre réputée ingagnable.

En 1995, Gérard Collomb doit même batailler pour obtenir l’investiture du PS aux municipales à Lyon. Jean-Louis Touraine lui dispute en interne la conduite des listes. « Gérard Collomb l’emporte avec 60% des voix et respecte cet équilibre chez ses colistiers. Touraine et les élus du 8e arrondissement vont longtemps vivre sur cet acquis. Mais c’est la dernière fois que le futur maire de Lyon transige sur la proportionnelle dans le choix des candidats », sourit Jules Joassard. Chef de file local de l’aile gauche du PS et hamoniste de toujours, il est bien placé pour en parler : en 2008, malgré leur poids, ses camarades ont été éradiqués des listes lyonnaises.

La victoire aux municipales de 2001 marque un changement. Nouveaux élus et collaborateurs peuplent les sections lyonnaises du PS qui prennent tout à coup du poids dans la fédération. « Contrairement à d’autres barons, Collomb ne s’est jamais désintéressé du parti. Il en a pris le contrôle pour imposer ses vues », lui reconnaît Jules Joassard. A l’inverse d'un Jean-Jack Queyranne, qui n’a jamais investi l’appareil - ce qui a pu lui nuire. « Collomb sait ce que c’est de tenir une section, une fédé. Je me souviens de lui dans les années 1990 prenant le fichier des militants pour les appeler en personne afin de les faire venir voter pour un scrutin qu’il estimait important », se remémore Yann Crombecque.

2003 : Cohabitation entre la fédé et la ville de Lyon

Tout ne change pas pour autant du jour au lendemain. En 2004, Gérard Collomb ambitionne d’être réélu au Sénat avec une proche . . .

Cet article est réservé à nos abonnés, pour lire les 80% restants de l'article :
Découvrez Mediacités gratuitement pendant 24h !
Abonnez vous à partir de 1€/mois.
Si vous êtes déjà abonné, connectez-vous.