Il est 5 heures 40 dans les rues de Lyon. Entre Charpennes et le parc de la Tête d’Or, les gyrophares allumés dans la nuit noire, un camion-poubelle flambant neuf de 19 tonnes a commencé sa ronde. A son bord, un chauffeur et deux ripeurs en chasuble jaune fluo, qui descendent, ramassent, vident les bacs gris et remontent, chacun d’un côté, à l’arrière de leur benne roulante. Sur le semi, s’affichent sur fond rouge les lettres du Grand Lyon, avec ce slogan : « La Métropole s’engage pour la qualité de l’air ». À y regarder de plus près, un second logo, bien plus discret, est collé sur la porte du camion : trois petits dauphins bleus, symboles de l’entreprise Pizzorno Environnement.

Ce nom ne vous dit peut-être rien ? Depuis mai 2017, Pizzorno est pourtant le premier opérateur privé de la Métropole de Lyon pour la collecte des déchets ménagers. Lors du dernier marché, qui court jusqu’en 2024, la société varoise qui a établi son antenne locale à Vénissieux, a raflé les 3ème, 6ème et 8ème arrondissements de Lyon, mais aussi Villeurbanne, Vaulx-en-Velin et Bron, pour un appel d’offres d’une valeur totale de 77,5 millions d’euros. Arrivée à Lyon en 2007 sur le marché du nettoiement, l’entreprise s’est petit à petit implantée dans la Métropole, au point de détrôner Suez, le numéro deux mondial de la gestion de l’eau et des déchets, qui avait fait de la collecte lyonnaise une chasse gardée. Méconnue du grand public, la petite entreprise des ordures qui monte traîne derrière elle son lot de casseroles plus ou moins reluisantes…

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Partout en France, l’entreprise Pizzorno remporte de nouveaux marchés ces dernières années. Parti du Var, son fief, dans les années 1970, elle a conquis Paris (2001) où elle est devenue également le premier opérateur privé pour la collecte, puis Nice (2004), Marseille (2006) et la région Auvergne-Rhône-Alpes, avec Lyon (2007), Valence (2011) et Grenoble (2013). À l’international, même si elle s’est dernièrement retirée de Tunisie . . .

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