Ambiance bois, style épuré, mobilier design et peinture fraîche : bienvenue dans les nouveaux locaux du Permislibre, à Vaise, dans le 9e arrondissement de Lyon. Cette « auto-école à domicile », dixit le slogan de la société, est à l’apprentissage de la conduite ce qu’Airbnb est à l’hôtellerie. En utilisant les ressources du digital, elle vient bousculer un secteur qui n’a quasiment pas bougé depuis 60 ans. Le concept : numériser les cours de code, qui peuvent être suivis de partout sur smartphone ou ordinateur plutôt que devant un écran diapositives, et mettre en relation des candidats au permis avec des moniteurs indépendants, diplômés et équipés. Le tout à des tarifs bien plus bas que le circuit classique.

Permislibre n’est pas le seul. Ornikar, Auto.ecole.net ou le lyonnais Permisgo, qui traverse actuellement une période de turbulences [lire plus bas notre encadré], occupent également le créneau de « l’ubérisation » des auto-écoles. Mais, derrière leur allure d’espace de coworking lambda, les bureaux de la start-up de Vaise sont au cœur d’un bras de fer administratif qui peut avoir des conséquences pour toute la profession et dont Mediacités révèle les coulisses et les enjeux.    

Merci Macron

Reprenons la comparaison avec Airbnb. Comme tout nouveau modèle économique, le Permislibre n’attire pas que de la sympathie. Si dans le cas de la plateforme de location de maisons et d’appartements, la mairie de Paris est montée au créneau pour défendre les hôteliers, dans celui du permis en ligne, c’est la préfecture du Rhône qui vient à la rescousse des auto-écoles traditionnelles. L’histoire commence en 2015. Romain Durand et Lucas Tournel, respectivement 23 et 22 ans à l’époque, plaquent leurs études, de droit pour le premier, en école de commerce pour le second. Ensemble,  ils  créent le Permislibre. Un peu par hasard et beaucoup grâce à… Emmanuel Macron. Celui qui est alors ministre de l’Economie réforme le permis de conduire : examen du code de la route externalisé, délai de présentation de celui de la conduite réduit à deux mois. « Nous y avons perçu une opportunité à saisir pour offrir un permis de conduire quasiment deux fois moins cher qu’une auto-école classique », raconte Lucas Tournel.

L’idée est simple et d’une redoutable efficacité : éliminer . . .

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