Un conflit social est-il en vue dans l’une des plus anciennes sociétés d’économie mixte de la ville de Nantes ? Début janvier, lors de la traditionnelle galette des rois, l’élue écologiste et présidente de Nantes Gestion Equipements (NGE), Catherine Choquet, a confirmé aux salariés la remise en cause de l’accord sur le temps de travail en application depuis 1999 dans cette société qui gère notamment les parkings et parcmètres, mais aussi le centre sportif du petit port. L’objectif est triple : revenir au 35 heures de travail hebdomadaire (contre 33 heures 45 aujourd’hui), économiser ainsi 150 000 euros par an et améliorer enfin la compétitivité de la société publique face aux géants du privé comme Eiffage ou Vinci, qui lorgnent le juteux marché du stationnement.

Interrogée par Mediacités, Catherine Choquet explique : « NGE est la seule société publique multi-services de Nantes Métropole. Mais elle aussi doit faire des efforts. Le resserrement économique imposé par la réduction des dotations de l’Etat s’impose à tous. » Pour le moment, les syndicats ont refusé comme un seul homme. « Nous sommes déjà aux 35 heures !, rétorque un responsable du syndicat INTERCO CFDT. L’inspection du travail l’a confirmé. Et ce n’est pas aux salariés de NGE de payer pour les mauvais choix effectués sur ordre de Nantes Métropole. » Le bras de fer promet donc d’être tendu. Et pour cause : sur ce terrain social se joue l’épilogue de la crise que traverse sans bruit l’un des bras armés de la métropole nantaise depuis des années. Et qui a donné lieu à un étonnant tour de passe-passe juridique.           

Tout commence en juin 2016. Ce mois là, un coup de tonnerre ébranle le paysage tranquille des SEM (Sociétés d’économie mixte) nantaises. Mis en concurrence pour la gestion des horodateurs, NGE voit le marché lui échapper, sa réponse arrivant derrière celle d’Indigo (ex-Vinci Parks). D’un rien, mais derrière ! C’est une catastrophe. Privé des parcmètres, la SEM, déjà mal en point, est menacée. Fort heureusement pour elle, des erreurs sont décelées dans la proposition d’Indigo et Nantes Métropole déclare l’appel d’offres infructueux. L’orage est passé ? Pas tout à fait. Reste d . . .

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Hubert Heulot
Hubert Heulot, journaliste, à Nantes depuis une vingtaine d’années après dix ans passés au Canada. Spécialisé dans le social, les transports publics et la mobilité. Ancien de Ouest-France, correspondant, un temps, pour La Tribune, La Croix ayant travaillé ensuite pour la presse professionnelle plutôt dans les relations sociales en entreprise et les syndicats. A aussi voyagé pour la presse touristique. « Investiguer pour Médiacités me donne le sentiment d’être encore plus utile par mon métier ! Et que ça ne fait toujours que commencer ! »