Les jeunes l’appellent « Madame la psy ». Tous les soirs, elle arpente les rues des quartiers populaires de Roubaix, en compagnie d’un éducateur spécialisé, à la rencontre des enfants, des adolescents et des jeunes de 11 à 25 ans. Marion Zeghdoudi est une psychologue de rue. Une appellation peu courante et une pratique du métier qui ne l’est pas moins. Elle ne discute pas dans un cabinet à l’ambiance feutrée mais dans les rues de l’Alma, l’Epeule ou encore l’Hommelet, des quartiers dont on parle plus souvent pour leurs faits-divers ou leur taux de chômage.
Nouer des relations authentiques
Marion Zeghdoudi est arrivée en 2019 à l’AEP (Association éducation et prévention), un club de prévention qui officie dans les quartiers nord et ouest de Roubaix. « Je me demandais comment j’allais être reçue », se souvient-elle. Des appréhensions sur la ville et ses quartiers ? « Pas du tout. Je trouve qu’il y a beaucoup d’exagération sur ce qui se raconte sur Roubaix. Les jeunes sont adorables, très attachants et parlent très facilement. » La jeune femme, presque trentenaire, affirme n’avoir jamais essuyé de remarques sexistes. « Le plus important c’est l’authenticité. A partir du moment où on explique qui on est et pourquoi on est là, les jeunes nous font confiance. »

Si méfiance il y a, elle est vis à vis de son métier. « Lorsque je dis que je suis psychologue, les jeunes me rétorquent immédiatement “je ne suis pas fou” ou “mon pote fait le psy, il m’écoute, on fonctionne comme ça”. Je suis très lucide, partage-t-elle. Mon objectif principal est de tisser du lien. Si l’image qu’ils ont d’un psy . . .

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