Céline Boussié, une lanceuse d’alerte face aux juges

La lanceuse d'alerte, qui avait témoigné sur LCI et Europe 1 pour dénoncer le traitement réservé à certains enfants handicapés, fait l’objet de deux plaintes pour diffamation émises par son ancien employeur. Son procès se tiendra mardi 19 septembre au tribunal de grande instance de Toulouse.

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Céline Boussié, lanceuse d’alerte, se dit terrorisée par le procès qui l’attend. Photo: Fatihah Chenine.

Dans l’appartement de Céline Boussié, à Agen, on trouve un portrait d'elle, cheveux bouclés, yeux en amande et large sourire, entourée de ses filles qui lui ressemblent comme deux gouttes d’eau. Ce dessin, vieux de plus de dix ans, renvoie l’image d’un bonheur familial simple. Comme une réminiscence de la « vie d’avant », « cette vie d’avant qui sera très difficile à retrouver », souffle la quadragénaire. En mai 2013, Céline Boussié a dénoncé son employeur, l’Institut médico-éducatif (IME) de Moussaron, auprès de l'Agence régionale de santé (ARS) pour des mauvais traitements sur des résidents, des enfants polyhandicapés. Suite à son signalement, une enquête diligentée par l'ARS fait apparaître « de graves dysfonctionnements » dans l'établissement (lire l'encadré ci-dessous). En mars 2015, Céline témoigne sur LCI et Europe 1 pour dénoncer le traitement réservé à certains enfants. Ce qui lui vaut deux plaintes pour diffamation émises par son ancien employeur. Le procès de la lanceuse d'alerte se tiendra le 19 septembre au tribunal de grande instance de Toulouse.

Céline Boussié a travaillé à l’IME de Moussaron, situé à Condom, dans le Gers, de 2008 à 2013. Elle se souvient de son entretien d’embauche : « Mon chef m’a fait visiter le service des enfants les plus lourdement handicapés. A la fin de la visite, il m’annonce que je suis retenue et que je devrai travailler en considérant ces enfants comme les miens ». Elle s’accroche, malgré des journées harassantes : « Le matin j’arrivais à huit heures. Nous étions deux aides médico-psychologiques pour dix, voire douze enfants. Je les sortais du lit, leur servais le petit déjeuner et faisais leur toilette. Les filles et les garçons n’étaient pas séparés. Une petite de 5 ans pouvait être lavée en même temps qu’un adolescent de 15 ans. Lorsque les enfants étaient douchés . . .

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Publié le

Modifié le

Temps de lecture : 6 minutes

Par Fatihah Chenine et Sylvain Morvan