L’analyse de Mediacités

Mis à jour le 03/12/2025
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Dans le Plan local pour l'habitat (PLH) de Lille, Hellemmes et Lomme adopté en 2022 et qui court jusqu'en 2028, il est rappelé que la construction de logements sociaux est un enjeu majeur avec une tension élevée due à un très grand nombre de demandes (1 demande sur 7 était satisfaite à Lille en 2022). 

Le document fait clairement état d'un objectif de réalisation "d'au moins 30 % de logements locatifs sociaux" hors quartiers prioritaires de la politique de la ville (QPV) où cet objectif "ne s'applique pas" afin d'opérer "un rééquilibrage en faveur du logement intermédiaire" afin de diversifier les types d'habitats. A Lille les QPV sont essentiellement situés sur le secteur sud de la ville (Moulins, Wazemmes, Lille-Sud, Faubourg de Béthune...). 

Un détail des types de constructions de logements par quartier est fourni. Voici le nombre de logements sociaux envisagés par quartiers : 

-Bois-Blancs : 66 sur 251 (26%)

-Lille-Centre : 582 sur 1558 (57%)

-Faubourg de Béthune : 79 sur 548 (14%)

-Lille-Fives : 171 sur 935 (18%)

-Hellemmes : 260 sur 830 (31%)

-Lille-Sud : 57 sur 1258 (4 %)

-Lomme : 277 sur 1255 (22 %)

-Moulins : 218 sur 743 (29%)

-Saint-Maurice-Pellevoisin : 222 sur 552 (40%)

-Vauban-Esquermes : 137 sur 464 (29%)

-Vieux-Lille : 190 sur 215 (88%)

-Wazemmes : 49 sur 179 (27%)

Si ces constructions sont effectivement réalisées d'ici 2028, la promesse sera effectivement respectée. Ce qui nous permet de classer cette promesse comme tenue. 

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Renforcer la présence humaine au pied des immeubles

Mairie Sécurité
Promesse abandonnée/non tenue
Mis à jour le : 09/02/2026
Dans le programme qu’elle a présenté aux Lillois lors des dernières élections municipales, Martine Aubry a promis de « renforcer les présences humaines rassurantes au pied des immeubles touchés par les trafics ».

Interrogée, la Ville de Lille explique que les effectifs des agents de liaison et de médiation sociale (les médiateurs municipaux) ont augmenté de deux personnes depuis 2020, passant de 14 agents à 16 agents (11 agents titulaires, 3 adultes relais, un coordinateur et un coordinateur adjoint). La Ville de Lille ajoute qu'elle finance également chaque année via le Conseil local de sécurité et de prévention de la délinquance (CLSPD) des associations de prévention, à hauteur d'environ un demi-million d'euros par an. Parmi les associations soutenues par la Ville, les clubs de prévention tels qu'Itinéraires, permettent d'accentuer la prévention sur le terrain. Ceux-ci sont néanmoins touchés de plein fouet par le recul des financements de l'Etat et du Département ces derniers mois et contraints à des réorganisations internes de leurs effectifs.

Des moyens qui restent nettement insuffisants pour mailler le territoire jour et nuit afin de lutter contre le trafic de stupéfiant, qui reste préoccupant à Lille. Le manque d'effectif a notamment animé le Grand débat des municipales organisé par des associations étudiantes le 21 janvier 2026. Arnaud Deslandes a lui-même concédé qu'il fallait déployer davantage de médiateurs de rue « notamment la nuit ». La candidate insoumise, Lahouaria Addouche, qui a elle-même travaillé dans un club de prévention lillois regrette également que les postes de médiateurs sociaux soient globalement « des contrats précaires de trois ans qui ne permettent pas de créer du lien avec les habitants ». 

Au vu de ce constat, nous considérons cette promesse comme non tenue. 

Contrôle renforcé de la location type AirBnB

Mairie Logement
Promesse tenue
Mis à jour le : 06/02/2026
Comme beaucoup de grandes villes françaises, Lille est touchée par la prolifération de logements en location sur Airbnb, ce qui aggrave la pénurie de logements en location longue-durée. En conséquence, Martine Aubry promettait lors de la campagne municipale 2020 un « contrôle renforcé de la location touristique de type Airbnb afin qu’elle n’amenuise pas l’offre de logements familiaux disponibles et préserve la qualité de vie dans les résidences ».

Depuis l’été 2020, trois agents municipaux sont spécifiquement dédiés à une mission de contrôle des logements sur Airbnb, comme l’expliquait Mediacités dans un décryptage paru en 2022. « Vu la masse de données à analyser, ce n’est pas facile », reconnaissait l’adjointe à l’Habitat Anissa Baderi ».

Depuis le 1er avril 2024, les propriétaires souhaitant proposer une résidence secondaire sur une plateforme de location à courte durée doivent formuler une démarche visant à obtenir le changement d'usage de leur logement, et « justifier la compensation de cette mutation par la création d'un logement équivalent », indique la Ville. Quand il s'agit d'une résidence principale, le propriétaire doit également s'enregistrer auprès de la mairie de Lille et peut louer ce logement dans la limite de 120 jours par an. En 2024, plus de 2500 logements avaient été proposés à la location comme meublés de tourisme en ligne. 

Fort de ces nouvelles règles, la Ville a fait condamner, pour la première fois, le 21 octobre 2025, le propriétaire d'un logement Airbnb à une amende de 33 000 euros reversée à la commune. Il avait été traduit en justice après avoir été contrôlé par les services municipaux, qui avaient constaté que le bien était abusivement loué. A cette occasion, la municipalité précisait avoir mené 600 vérifications d'adresse et 200 contrôles sur un an (dont une soixantaine de logements visités). « Dès qu'une infraction est constatée, la Ville saisit systématiquement la justice sur la base des procès-verbaux qu'elle dresse », indique le service presse. 

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