L’analyse de Mediacités

Mis à jour le 09/01/2026
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La rénovation des logements, notamment sociaux, devient primordiale à Lille à l'heure où un certain nombre d'entre eux ne sont plus louables pour des questions de performance énergétique. La Ville de Lille a notamment lancé avec la MEL en 2013 la Maison de l'Habitat Durable, qui accompagne les propriétaires lillois qui souhaitent rénover leur bien.  

Lors du conseil municipal du 12 décembre 2025, l'adjointe au maire en charge du logement, Anissa Baderi, a fait un point sur la situation en fin de mandat, rappelant que la rénovation des logements énergivores était une "priorité", alors qu'un quart des Lillois vit en situation de précarité énergétique.

Grâce à l'action de la Maison de l'Habitat durable (co-gérée par la Ville et la MEL), l'élue précise que 4725 ménages Lillois ont bénéficié de conseils. Plus de 3700 logements privés ont été rénovés sur le plan énergétique avec des aides publiques. 729 logements ont fait l'objet d'une rénovation globale grâce aux aides de la Ville. "Le gain énergétique moyen est de 61% ce qui représente un saut de trois étiquettes énergétiques", précise Anissa Baderi.

En ce qui concerne les copropriétés, Anissa Baderi indique que 8 ont été accompagnées, pour un total correspondant à 720 logements. Le service d'habitat de la MEL (AMELIO) a quant a lui participé à la rénovation de 24 copropriétés, ce qui correspond à 2400 logements. 1882 logements sont en passe d'être rénovés d'ici fin 2026. 

Dans le cadre de rénovations globales, la Ville a souhaité rehausser les exigences en matière de gain énergétique et a accompagné le financement de l'amélioration de 1058 logements. 

Elle rappelle que des baisses successives de subventions allouées par l'Etat à l'Agence nationale de l'habitat (ANAH) sont intervenues au cours du mandat, ce qui a conduit à une suspension des aides en 2025. 

Anissa Baderi précise que sur l'ensemble du mandat, 3 316 logements sociaux ont été réhabilités ou sont engagés dans un projet de réhabilitation, dont 1513 étaient encore en phase d'étude en 2025. "Nous observons une diminution significative du nombre de logements [classés] E,F, G dans le parc social : -37%", a-t-elle ajouté. L'élue cite notamment la résidence Charles Péguy à Lille-Sud ou la résidence Sarrazins à Wazemmes. 

Si nous sortons nos calculettes, la Ville de Lille a donc, à la fin du mandat, participé de près ou de loin à près de 12 000 projets de rénovation dont 3316 sociaux (dont certains sont engagés mais non terminés). La promesse de Martine Aubry est donc quasiment appliquée. 

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Renforcer la présence humaine au pied des immeubles

Mairie Sécurité
Promesse abandonnée/non tenue
Mis à jour le : 09/02/2026
Dans le programme qu’elle a présenté aux Lillois lors des dernières élections municipales, Martine Aubry a promis de « renforcer les présences humaines rassurantes au pied des immeubles touchés par les trafics ».

Interrogée, la Ville de Lille explique que les effectifs des agents de liaison et de médiation sociale (les médiateurs municipaux) ont augmenté de deux personnes depuis 2020, passant de 14 agents à 16 agents (11 agents titulaires, 3 adultes relais, un coordinateur et un coordinateur adjoint). La Ville de Lille ajoute qu'elle finance également chaque année via le Conseil local de sécurité et de prévention de la délinquance (CLSPD) des associations de prévention, à hauteur d'environ un demi-million d'euros par an. Parmi les associations soutenues par la Ville, les clubs de prévention tels qu'Itinéraires, permettent d'accentuer la prévention sur le terrain. Ceux-ci sont néanmoins touchés de plein fouet par le recul des financements de l'Etat et du Département ces derniers mois et contraints à des réorganisations internes de leurs effectifs.

Des moyens qui restent nettement insuffisants pour mailler le territoire jour et nuit afin de lutter contre le trafic de stupéfiant, qui reste préoccupant à Lille. Le manque d'effectif a notamment animé le Grand débat des municipales organisé par des associations étudiantes le 21 janvier 2026. Arnaud Deslandes a lui-même concédé qu'il fallait déployer davantage de médiateurs de rue « notamment la nuit ». La candidate insoumise, Lahouaria Addouche, qui a elle-même travaillé dans un club de prévention lillois regrette également que les postes de médiateurs sociaux soient globalement « des contrats précaires de trois ans qui ne permettent pas de créer du lien avec les habitants ». 

Au vu de ce constat, nous considérons cette promesse comme non tenue. 

Contrôle renforcé de la location type AirBnB

Mairie Logement
Promesse tenue
Mis à jour le : 06/02/2026
Comme beaucoup de grandes villes françaises, Lille est touchée par la prolifération de logements en location sur Airbnb, ce qui aggrave la pénurie de logements en location longue-durée. En conséquence, Martine Aubry promettait lors de la campagne municipale 2020 un « contrôle renforcé de la location touristique de type Airbnb afin qu’elle n’amenuise pas l’offre de logements familiaux disponibles et préserve la qualité de vie dans les résidences ».

Depuis l’été 2020, trois agents municipaux sont spécifiquement dédiés à une mission de contrôle des logements sur Airbnb, comme l’expliquait Mediacités dans un décryptage paru en 2022. « Vu la masse de données à analyser, ce n’est pas facile », reconnaissait l’adjointe à l’Habitat Anissa Baderi ».

Depuis le 1er avril 2024, les propriétaires souhaitant proposer une résidence secondaire sur une plateforme de location à courte durée doivent formuler une démarche visant à obtenir le changement d'usage de leur logement, et « justifier la compensation de cette mutation par la création d'un logement équivalent », indique la Ville. Quand il s'agit d'une résidence principale, le propriétaire doit également s'enregistrer auprès de la mairie de Lille et peut louer ce logement dans la limite de 120 jours par an. En 2024, plus de 2500 logements avaient été proposés à la location comme meublés de tourisme en ligne. 

Fort de ces nouvelles règles, la Ville a fait condamner, pour la première fois, le 21 octobre 2025, le propriétaire d'un logement Airbnb à une amende de 33 000 euros reversée à la commune. Il avait été traduit en justice après avoir été contrôlé par les services municipaux, qui avaient constaté que le bien était abusivement loué. A cette occasion, la municipalité précisait avoir mené 600 vérifications d'adresse et 200 contrôles sur un an (dont une soixantaine de logements visités). « Dès qu'une infraction est constatée, la Ville saisit systématiquement la justice sur la base des procès-verbaux qu'elle dresse », indique le service presse. 

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