France 2 consacre un numéro de son émission Complément d'enquête à l'essor des polices municipales. Diffusée ce 2 décembre à 23 h, l'enquête de nos confrères se penche sur la police municipale de Toulouse où le premier contrat de sécurité intégrée (CSI) a été signé le 9 octobre 2020 entre la commune et l’État. Celui-ci stipule que 100 policiers nationaux seront affectés à la Ville Rose d'ici à 2025, à la condition que la mairie embauche 100 policiers municipaux et installe 100 caméras supplémentaires.

Coût de l'opération à terme, selon Complément d'enquête : 3 millions d'euros de salaires par an pour la mairie. Un montant qui ne prend pas en compte les dépenses d'équipements (200 000 euros en 2020, par exemple). En 2025, les salaires des 465 policiers municipaux devraient donc représenter une dépense de 18,8 millions d'euros par an (15,8 millions d'euros l'an dernier).

« C’est un effort budgétaire, je ne vais pas dire le contraire. Mais ce n’est pas le plus gros des efforts budgétaires que nous faisons. On est peut-être à 1 % du budget municipal », commente Jean-Luc Moudenc, le maire LR de Toulouse, interrogé dans l'émission. Dans l'opposition, l'écologiste Antoine Maurice dénonce quant à lui le chantage des CSI. « Pour obtenir des policiers nationaux légitimes d'une ville qui augmente sa population chaque année, on est dans l’obligation de payer. C’est un chantage réel de l’État qui se défausse de ses responsabilités », observe-t-il. Une vision contredite - sans surprise - par Jean-Luc Moudenc qui rétorque : « Cela ne s’est pas passé comme ça. Ce n’est pas un troc. Nous avons une vision partagée de partenariat. Ce n’est pas un chantage. C’est la prise de conscience que tout seul on ne peut rien ».

https://www.mediacites.fr/decryptage/national/2020/11/26/derriere-la-loi-securite-globale-la-lente-glissade-de-la-police-municipale/

Avatar de Gael Cérez
Nourrit sa curiosité en tant que journaliste depuis l'an deux mille quatorze. S'intéresse aux innombrables facettes de notre société. Rédacteur en chef de Mediacités à Toulouse depuis octobre 2019.