Lyon vue du ciel : une canopée nommée désir

[5/5] Pendant tout l’été, Mediacités brosse le portrait de l’agglomération lyonnaise depuis l’espace. Que racontent les images aériennes - et souvent spectaculaires - sur l’évolution de nos villes, de nos déplacements, de nos modes de vie ? Pour le dernier volet de notre série, explorons les espaces verts et boisés du territoire, dont certains insoupçonnés…

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Végétaliser l’avenue des Frères Lumière, dans le 8e arrondissement ; réaliser « une coulée verte » entre Charpennes et l’opéra ; créer « un corridor écologique » entre le parc Blandan et celui de Gerland ; planter « un verger municipal » dans chaque arrondissement… Des arbres, des arbres, des arbres ! Sur le sujet, on ne compte plus le nombre de promesses (toutes recensées sur notre plateforme Radar) formulées par les candidats écologistes aujourd’hui aux manettes de la ville et de la métropole de Lyon. De fait, dans une agglomération éprouvée par des canicules à répétition en 2019 et 2020, étendre la canopée, synonyme d’ombre et de fraîcheur, apparaît pour beaucoup comme une priorité impérieuse.

Mais qu’en est-il aujourd’hui ? Vue du ciel, « la tâche urbaine » de Lyon fait la part belle au rouge des toits et au gris du goudron et des zones industrielles. Mais le vert n’en est pas absent.

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L'agglomération de Lyon. Image Google Earth.

D’après les données ouvertes du Grand Lyon, on compte très précisément 98 132 « arbres d’alignement ». L’expression désigne les spécimens plantés le long des voies de circulation, autour des places (comme celle des Martyrs de la Résistance, dans le 3e arrondissement de Lyon, sur la photo ci-dessous) ou dans des espaces publics gérés par la collectivité. Mais le chiffre ne prend pas en compte les arbres de tous les parcs et jardins.

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Place des Martyrs de la Résistance, dans le 3e arrondissement de Lyon. Image Google Earth.

De son côté, en 2019, la ville de Lyon avançait pour son seul territoire le chiffre de 83 000 arbres. Là encore, le recensement est incomplet : depuis sa prise de fonction en juillet 2020, le maire EELV Grégory Doucet a donné ou fait donner quelques coups de pelle pour planter des fruitiers dans les premiers vergers municipaux ou une cinquantaine de micocouliers, de chênes et de lilas au bord de la darse de la Confluence et sur l’esplanade François-Mitterrand. Mais surtout, les données publiques ne comptabilisent pas les milliers d’arbres qui prennent racine dans les espaces privés. Exemple, ci-dessous, dans le quartier réputé très (trop) minéral de la Part-Dieu : sur les images satellites, on découvrent de nombreuses cours d’immeubles arborées.

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Dans le quartier de la Part-Dieu, entre les rues de l'Abondance et du Pensionnat. Image Google Earth.

Les possibilités des îles

Sans surprise, les grands parcs représentent un part importante de la canopée lyonnaise. À tout seigneur, tout honneur, survolons en premier celui de la Tête d’Or. Ses 105 hectares comptent plus de 8800 arbres, dont des cèdres du Liban, des ginkos biloba et des platanes hauts pour certains de 40 mètres.

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Le parc de la Tête d'Or. Image Google Earth.

8000 arbres également au parc de la Feyssine, à Villeurbanne, pourtant bien plus vaste avec 45 hectares [première photo ci-dessous]. Particularité locale, la présence de deux « fleuves » dans l’agglomération offre aux arbres de multiples berges à coloniser, voire des îles, comme l’île Barbe, dans le 9e arrondissement de Lyon [deuxième photo ci-dessous].

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Le parc de la Feyssine, Villeurbanne. Image Google Earth.

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L'île Barbe, dans le 9e arrondissement de Lyon. Image Google Earth.

D’une île à l’autre… En amont du Rhône, celle de la Pape dessine aussi, vue du ciel, une forêt de feuillus. Une forêt plantée sur un château d’eau : c’est dans ce secteur qu’est captée, à 95% l’eau, qui coule dans les robinets des Grands Lyonnais.

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L'île de la Pape, sur le Rhône. Image Google Earth.

Notre tour des parcs ne serait pas complet sans les deux plus vastes de la métropole : celui de Parilly, 187 hectares, terrains de sport et hippodrome compris [première photo ci-dessous] et le domaine de Lacroix-Laval, 115 hectares de vallons et de forêt, niché dans l’Ouest lyonnais [deuxième photo ci-dessous].  

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Le parc de Parilly. Image Google Earth.

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Le domaine de Lacroix-Laval. Image Google Earth.

La liste des poumons verts de l’agglomération devrait accueillir, dans les prochaines années, un nouveau venu. La ville de Lyon prévoit de créer sur 80 hectares un parc des Balmes de Fourvière. Créer, le verbe n’est peut-être pas approprié, car le projet consiste surtout à relier ensemble des espaces verts et boisés existants comme le parc des Hauteurs, le belvédère de l’Antiquaille ou le jardin des Curiosités. Comme on le constate sur les images ci-dessous, « la colline qui prie » est largement couverte d’arbres, quand bien même un promoteur immobilier a récemment mis à terre quelques dizaines d’érables et de marronniers entre le Vieux-Lyon et Saint-Just [(re)lire sur Mediacités : Massacre à la tronçonneuse sur la colline de Fourvière].    

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La colline de Fourvière. Image Google Earth.

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Sur la colline de Fourvière. Image Google Earth.

Un golf grand comme un demi-parc de la Tête d’Or

Il est enfin des espaces verts méconnus car réservés à seulement quelques-uns. Qui soupçonne par exemple que derrière les façades grises de l’École normale supérieure (ENS) de Lyon, dans le quartier Debourg, se cache un vaste jardin arboré ?

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Le jardin de l'ENS de Lyon, dans le 7e arrondissement de Lyon. Image Google Earth.

Qui imagine qu’à Chassieu, un golf s’étend sur une soixantaine d’hectares, soit un demi-parc de la Tête d’Or ? Ouvert en 1989, propriété de la Métropole, le golf Bluegreen et ses deux parcours de 6 et 18 trous est géré dans le cadre d’un contrat de délégation de service public.  

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Le golf de Chassieu. Image Google Earth.

Elles ne sont pas non plus accessibles au grand public en dehors des journées d’événement : au-dessus du métro Gorge-de-Loup, les 70 parcelles des jardins familiaux des Eglantiers (aussi appelés « jardins du fort de Loyasse ») offrent à leurs bénéficiaire un coin de verdure en plein cœur de l’agglomération.

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Les jardins "ouvriers" des Eglantiers. Image Google Earth.

Plus surprenant, en parcourant Lyon depuis le ciel on découvre aussi des espaces verts inaccessibles… à tous. Comme, ci-dessous, ces monticules prisonniers du goudron, au croisement des autoroutes A43 et A46.   

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Au croisement des autoroutes A43 et A46. Image Google Earth.

Connaissez-vous votre ville ?

Réponse de l’image de la semaine dernière : il s’agissait de la piste d’essai de l’équipementier automobile Jtekt, implanté à Irigny. En novembre 2020, Mediacités avait abordé le contexte social de cette entreprise qui emploie, sur place, plus de 1500 personnes. Merci à tous les lecteurs qui, au cours de ces dernières semaines, ont participé à notre « quizz » estival !

Retrouvez tous les autres épisodes de notre série « Lyon vue du ciel »