«On était fragilisées, dépourvues, fatiguées, comme si on était sur un champ de bataille. » Au premier étage de la maternité du CHU de Nantes, la secrétaire médicale, Stéphanie Haddad, se remémore la mise en œuvre de l’élargissement de l’accès à la procréation médicalement assistée (PMA). Ce jour-là, le calme apparent qui règne à l’accueil du Centre d’étude et de conservation des œufs et du sperme humains (Cecos) contraste avec l’agitation de ces derniers mois. En août, après la promulgation de la « loi bioéthique » qui a ouvert la PMA aux couples de femmes et aux femmes seules, « on a commencé à recevoir un flux très important d’appels. Ils ont été multipliés par cinq au moins », se souvient-elle.

Une situation loin d’être exceptionnelle à l’échelle nationale, puisque près de 6 800 nouvelles demandes de première consultation de la part de couples de femmes et de femmes seules en vue d’une PMA ont été enregistrées en 2021, selon l’Agence de biomédecine. En comparaison, en 2019, celle-ci avait comptabilisé 2017 nouveaux couples pris en charge en vue d’un don de spermatozoïdes.
« Ce qu’on pensait être une vague a été un tsunami »
Catherine Guillemain, responsable du laboratoire de biologie de la reproduction au CHU de Marseille et présidente de la fédération des Cecos, intégrés à la fonction publique hospitalière, en dresse un constat sans appel : « Depuis le mois de novembre, c’est l’embouteillage complet. Globalement, ce qu’on pensait être une vague a été un tsunami. »

Contrairement à d’autres Cecos, qui ont choisi d’attendre des renforts de personnels avant d’ouvrir les consultations, celui de Nantes a pris des rendez-vous . . .

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