Comme chaque année, Marine Le Pen est de retour dans « son fief », à Hénin‐Beaumont, pour son traditionnel discours de rentrée. La prise de parole de la candidate à la présidentielle est attendue, alors qu’on l’a peu entendue au cours de l’été et que le parti à la flamme est secoué par quelques polémiques. Marine Le Pen se fait discrète. Son bain de foule prévu à la braderie héninoise juste avant son discours a été annulé. « Pour des raisons météorologiques », avance‐t‐on du côté des militants sur place, qui tractent pourtant sous un ciel gris accompagné d’une petite bruine mais sans averses notoires.
Aux alentours de 13 heures, Marine Le Pen s’engouffre discrètement dans l’Hôtel de Ville en compagnie de Jordan Bardella, sous l’œil d’une dizaine de caméras à l’affût de son apparition. Pendant ce temps, les chineurs traquent les bonnes affaires en partageant un cornet de frites. Daisy Duveau, la maire de Grenay, petite commune de 6 000 habitants du bassin minier tombée dans l’escarcelle du Rassemblement national en mars dernier, profite de l’ambiance festive devant l’église héninoise, en compagnie de quelques‐uns de ses adjoints. Sur la place, elle s’attarde devant une exposition de vieilles voitures. Plusieurs femmes défilent sur scène dans des tenues de Pin‐Up colorées, sur un air musical des années 50. C’est le concours annuel de Miss Rétro.
Mais très vite, il est temps pour les élus de Grenay de se rendre à la salle de l’Abbaye, où Marine Le Pen doit s’exprimer en début d’après-midi. La …