Il est à peine 11 heures du matin à la prison de Toulouse‐Seysses, et la chaleur assomme déjà les trois détenus qui vivent dans cette petite cellule de 12 m². Un tee‐shirt est accroché au plafonnier pour tamiser la lumière crue de cette petite pièce, et un ventilateur tourne en continu.
« Il a fallu le cantiner [acheter, dans le monde carcéral] pour 18,50 euros », dit l’un d’entre eux, un humidificateur à la main qu’il ne cesse d’actionner pour se rafraîchir. « Si tu n’as pas d’argent ou pas de famille pour t’en envoyer un, tu n’as pas de ventilateur », poursuit‐il, assis en tailleur sur un matelas posé à même le sol.
En face de lui, la météo passe à la télévision, accrochée sommairement au mur, et annonce 39 °C pour ce mercredi 8 juillet à Toulouse. « En fin d’après‐midi, quand le soleil tape directement sur la fenêtre, il fait plus de 50 °C, affirme l’un des trois détenus. Mais pourtant, on n’est pas les plus à plaindre, il y a des cellules encore plus petites ».
À quelques pas, une surveillante sort une clé de sa poche qu’elle tourne pour ouvrir la lourde porte d’une cellule voisine. Dans cette geôle de 9 m², avec là aussi un matelas au sol, un détenu, inhalateur de Ventoline à la main, raconte le même quotidien.
« La promenade, c’est un enfer. Il n’y a pas d’ombre et les horaires ne sont pas adaptés », dit‐il au député insoumis de Haute‐Garonne Christophe Bex, qui a fait valoir son droit de visite parlementaire pour pénétrer dans la prison de Toulouse‐Seysses. « À la chaleur …