Grand Stade : Aubry fait confiance à Castelain

Mis en examen, mercredi, pour trafic d’influence passif et complicité de favoritisme, le président sans étiquette de la Métropole européenne de Lille, Damien Castelain, compte ses amis dans l’affaire de l’attribution du chantier du Grand Stade de Lille au groupe Eiffage. Si Métropole Passions Communes, le groupe majoritaire à la MEL, lui apporte un soutien unanime, c’est un quasi ultimatum qui est lancé par les élus de droite du groupe MCU. Dans un communiqué repris par La Voix du Nord, ils évoquent le « trouble » jeté dans la population « par la garde à vue prolongée et la mise en examen » et exigent « une expression directe et rapide du président Damien Castelain avant la fin de la semaine ». De quoi amener DailyNord à se demander : « L’après-Castelain va-t-il commencer ? ». Heureusement pour le patron de la MEL, Martine Aubry minimise sa responsabilité dans les colonnes du quotidien régional. « Il est mis en examen pour un week-end qu’il a reconnu comme une erreur. En effet, c’en est une, estime la maire de Lille, en référence à un voyage en 2010 au Grand prix de Budapest qui aurait été financé par Eiffage. Mais je ne connais que ça et je lui garde ma confiance comme président de la métropole. » Il faut dire qu’elle pourrait elle-même être bientôt entendue dans le cadre de cette affaire, a révélé Mediacités. Et la même d’ajouter, pour balayer toute idée de bouleversement anticipé à la tête de la MEL: « Je pense d’abord à lui, en tant que personne. Après viendra le temps de la politique. »

Des emplois fictifs au groupe FN de la Région ?

Après le Parlement européen, le Front National est désormais soupçonné d’emplois fictifs au Conseil régional du Nord-Pas-de-Calais. Le parquet de Lille a ouvert une enquête préliminaire pour « statuer sur la réalité du travail accompli par certains collaborateurs payés par la région » sur la période 2010-2015, nous apprend Le Canard Enchaîné. « Il s’agit d’une enquête initiée sur la base d’une lettre anonyme portant sur trois emplois, reçue fin novembre 2015 par le juge d’instruction de Paris qui nous l’a transmise pour compétence par l’intermédiaire de son parquet », a confirmé le parquet de Lille à l’AFP. Parmi les trois noms cités émerge celui de David Rachline, actuel directeur de campagne de Marine Le Pen. Il « a été salarié par le groupe FN du Conseil régional du Nord-Pas-de-Calais » alors même que l’actuel sénateur-maire de Fréjus avait été élu « conseiller régional de Le Pen père… en PACA, 1000 kilomètres plus bas », s’amuse Le Canard. David Rachline ne reconnaît qu’avoir perçu 11 000 euros nets sur les trois premiers mois de 2010 en tant « qu’assistant de groupe » auprès du Conseil régional Nord-Pas-de-Calais.

Bonduelle contre Bonduelle face au FN

C’est une édifiante histoire racontée par Le Monde sur les relations dangereuses entre business et politique. En 2015, la crainte de voir Marine Le Pen prendre la tête des Hauts-de-France avait poussé des grands patrons régionaux à se positionner contre le Front National. « Le premier à avoir sorti sa plume pour crier son inquiétude a été Bruno Bonduelle, rappelle le quotidien du soir. L’ancien patron du géant alimentaire du même nom, aujourd’hui retiré des affaires, a publié, début novembre 2015, une tribune intitulée « No Pasaran », dans le journal économique régional Eco 121 ». Le problème, c’est que « de nombreux consommateurs ont assimilé à tort sa position avec celle du groupe Bonduelle » avec menaces, insultes et appels au boycott à la clé. Conséquence, Christophe Bonduelle, PDG du groupe, avait instamment demandé à son oncle Bruno de respecter un devoir de réserve. Une consigne aussitôt appliquée. Et Le Monde de conclure: « Le débat autour du FN a réussi à faire taire l’un des plus grands agitateurs du milieu économique nordiste. »

Le bulletin de notes de l’Orchestre National de Lille

La chambre régionale des comptes (CRC) a passé au crible la gestion de l’Orchestre National de Lille (ONL) sur la période 2010-2015. Le verdict, résumé par La Voix du Nord, fait état de bonnes notes pour la fréquentation (+12%), le chiffre d’affaires (+10%) et valide « un bon fonctionnement » des instances. Mais il pointe également les « fragilités » de l’ONL, à commencer par un déficit d’exploitation structurel de 200 à 400 000 euros par an, comblé seulement par la hausse des recettes du mécénat. Par ailleurs, l’association qui gère l’orchestre « est très dépendante des fonds publics » qui représentent 85% de ses ressources, souligne encore la CRC. La Région contribue à hauteur de 5,2 millions d’euros sur un total de 9,7 millions de subventions, contre seulement 1 million pour la MEL et 800 000 euros pour Lille. D’habitude, le bloc communal est le financier majoritaire des grands orchestres. La CRC invite l’ONL à accroître ses ressources propres, à poursuivre la baisse de ses dépenses de personnels (-4,5% pour la masse salariale des musiciens) et préconise de transformer l’association en Etablissement public de coopération culturelle afin de gagner en stabilité financière.

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Point final.

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