Vous avez passé ces dernières semaines la radio éteinte, votre ordinateur au fond d’un tiroir et les réseaux sociaux en sourdine ? Cet article vous est destiné ! En cette semaine de rentrée, Mediacités Lille vous résume les infos estivales qu’il ne fallait pas louper.

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Martine Aubry au secours des réfugiés afghans

Eté pluvieux, été fructueux ? La formule pourrait convenir à Martine Aubry. La maire de Lille a vu fin juillet les dernières contestations de sa réélection au beffroi rejetées par le Conseil d’Etat. Et elle s’est imposée tout au long du mois d’août comme l’une des figures françaises du dramatique feuilleton de l’exfiltration des Afghans menacés par les talibans.

Invitée de France Info ce mercredi, au lendemain du retrait officiel des Américains de l’Afghanistan, elle a une fois nouvelle fustigé, comme depuis le début de la crise, l’impréparation de la communauté internationale, n’épargnant pas la France au passage. Dès le 4 août, elle lançait un appel au président de la République pour accueillir des Afghans « au delà du rapatriement de ceux qui avaient travaillé pour la France ».

Elle est ainsi l’une des premières maires de grande ville à avoir manifesté sa volonté d’accueillir des réfugiés afghans, bientôt rejointe par des édiles socialistes et surtout écologistes, également très en pointe sur le sujet (à Strasbourg, Lyon, Bordeaux, Grenoble…). Le 9 août, elle lance un appel aux dons pour « prendre en charge les frais de rapatriement ainsi que les frais de vie quotidienne », de l'argent mais également des vêtements.

Les premiers exilés (5 familles de 22 personnes) arrivent le 17 août, deux jours après la chute de Kaboul. 36 personnes suivent deux jours plus tard. Au moins autant devraient encore s’installer à Lille, la Ville s’étant engagée à accueillir plus d’une centaine de personnes. Les prochains arrivants - des artistes en majorité - sont encore en quarantaine. Aucun ne viendra par hasard. Tous font partie de listes établies grâce à des institutions culturelles lilloises et grâce à deux jeunes Lillois d’origine afghane arrivés à Lille lors de la première invasion des talibans, explique le quotidien 20 minutes. « Ils étaient à Kaboul en juillet pour voir leurs familles et ils ont assisté à l’avancée des talibans, précise la maire de Lille au site d'infos en ligne. Ces jeunes ont anticipé en nous fournissant une liste de personnes menacées à exfiltrer en priorité, du monde de la justice, de la santé, de l’éducation. »

L’un d’entre eux s’est confié au Point dans un article paru ce lundi. Il y raconte une véritable épopée. De ses difficultés à entrer, lui et sa famille, dans une ambassade de France en état de siège, à son rôle pour organiser des transferts en minibus à l’aéroport et pour passer les check-points tenus par les talibans. « Wali Mohammadi, un jeune Lillois franco-afghan de 33 ans, est devenu l’un des maillons essentiels de l’évacuation des Français et des Afghans réfugiés dans l’ambassade de France, raconte ainsi l'hebdomadaire. Le Nordiste, parlant farsi, dari, pachtou et tadjik, interprète professionnel auprès de diverses administrations françaises chargées des migrants, s’est révélé indispensable au chef de l’équipe de policiers du RAID chargés des exfiltrations. »

Le franco-afghan, qui fit seul la route de Kaboul à Calais à l’âge de 14 ans, tient à souligner que sans l’intervention de Martine Aubry, qui s’est multipliée à distance auprès du Quai d’Orsay pour appuyer son travail, « on serait tous encore là-bas ». « Elle est d’une efficacité redoutable en matière d’humanitaire, affirme-il au journaliste du Point, Geoffrey Deffrennes. Nous lui devons de nous avoir ouvert les portes de l’ambassade. »

Polémique avec Macron

La maire de Lille n’a pas épargné Emmanuel Macron lors de cette crise. « Je ne comprends pas, s’est-elle indignée mi-août, au micro de France Inter. Quand on décide de s’en aller, on prépare la sortie. La France ne l’a pas fait pour des Afghans en grand danger, c’est incompréhensible. » Quinze jours plus tard, interviewée cette fois sur France Info, la pilule n’est toujours pas passée. « Comment la communauté internationale a-t-elle pu laisser cela et organiser aussi mal les choses ? C’est-à-dire dans les derniers jours, s’agace l’ancienne première secrétaire du PS. Les premières autorisations [de rapatrier des Afghans] qu’on a eues sur les listes que j’avais pu fournir ça a été la veille de la prise de Kaboul par les Talibans. »

Comme de nombreux autres élus de gauche, elle s’est par ailleurs dite « choquée » par les propos du chef de l’Etat, lors de son allocution du 16 août consacrée à la situation en Afghanistan. Celui-ci avait invoqué la nécessité de « nous protéger contre les flux migratoires irréguliers et importants qui mettraient en danger ceux qui les empruntent et nourriraient les trafics de toutes nature ».

 

Cette critique de Martine Aubry à l’encontre d’Emmanuel Macon a apparemment brisé le fragile « oecuménisme » qui semblait être né à Lille sur la gestion de l’accueil des réfugiés, relève la Voix du Nord. Si Violette Spillebout, la cheffe de l’opposition LREM au conseil municipal, a tenu à « saluer l’action de la ville » dans le dossier afghan, elle a au final tancé la maire de Lille. « Elle n’a pas de leçons à donner. Nous trouvons regrettable que Martine Aubry fasse ces actions de solidarité et, finalement, utilise cela pour une politique partisane. »

La maire de Lille a en tout cas acquis une forte visibilité sur le sujet. Sur France Info, elle a confié avoir reçu 620 dossiers de la part d’Afghans de Paris, de Nantes ou encore de Bordeaux. « Je peux accueillir entre 100 et 120 personnes dans les locaux de la mairie mais ils peuvent aussi aller dans d’autres villes de la métropole et être accueillis dans des HLM ou autres, a-t-elle estimé. Chacun doit prendre sa part. »

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Losc : la grande braderie des joueurs n’a pas eu lieu

C’était la hantise des supporters du Losc. L’été risquait d'être meurtrier pour les meilleurs joueurs du club condamnés à partir pour restaurer la santé financière des Dogues. D’aucuns évoquaient le chiffre de 100 millions d’euros de ventes à réaliser avant la fin du mercato. Sachant que seuls 40 millions avaient été récupérés via des ventes anticipées, notamment celles de Mike Maignan et de Boubakary Soumaré. 

« Difficile d’imaginer le LOSC engranger près de 60 millions d’ici les 30 prochains jours, à moins de vendre de gros actifs comme Renato Sanches, Jonathan Ikoné, Sven Botman ou encore Jonathan Bamba, doutait toutefois le magazine So Foot le 1er août. Mais de telles opérations affaibliraient encore un peu plus l'effectif du champion de France, qui semble subir le contre-coup de la politique court-termiste planifiée par l'ancien président Gérard Lopez lors du rachat du club en 2017. Une vision couronnée d'un titre, certes, mais qui n'a fait que plonger le club dans un précipice économique impactant forcément, tôt ou tard, l'aspect sportif. »

https://www.mediacites.fr/decryptage/lille/2021/05/28/losc-derriere-le-titre-de-champion-une-victoire-a-credit/

Dégraissage de l'effectif

On ne sait toujours rien précisément de la situation économique actuelle du Losc. Les comptes du club publiés en juillet par DNCG, le gendarme financier du foot, ne portent que sur la saison 2019-2020. Ils font état d’un bénéfice net de 22,5 millions d’euros mais qui camoufle l'intenable stratégie de trading de Gérard Lopez. Pour compenser un déficit opérationnel de 94 millions d’euros, solde qui sanctionne le train de vie courant du club, le Losc n’a pu compter que sur une manne exceptionnelle de transferts lui ayant rapporté 125 millions d’euros. Une performance difficile à reproduire tous les ans. Et qui n’a d’ailleurs pas permis de réduire suffisamment la dette des Dogues.

Depuis, la lourde ardoise laissée par l’homme d’affaires hispano-luxembourgeois a été rachetée par le repreneur, le fonds Melvyn Partners. Jugeant apparemment ce dernier plus rassurant, la DNCG n’a pris aucune mesure à l’encontre du Losc, ce qui n’était pas arrivé depuis quatre ans. Donnant toute liberté au directeur général, Olivier Létang, de gérer ses effectifs comme il l’entend.

Le résultat ?  « Alors que le mercato a fermé ses portes mardi soir, force est de constater que la grande braderie annoncée n’a pas eu lieu au Losc, en tout cas pas chez les joueurs majeurs », écrit 20 minutes le 1er septembre. Sans trancher, toutefois, sur l’explication : « Contexte économique compliqué ou volonté des dirigeants de garder un effectif compétitif en Ligue des champions malgré la crise ? ».

Le site d’information en ligne relève également que si le club a préservé ses titulaires, « il  s’est également séparé de joueurs sur qui il ne comptait plus depuis longtemps (Sadzoute, Show, Camara, Manzi, Palmieri, Ouattara, Liguori…). Au total, pas moins de quinze joueurs ont quitté Lille cet été. Une opération dégraissage souhaitée dès son arrivée en décembre par Olivier Létang (...). Une façon aussi de tourner la page de l’ère Gérard Lopez et de son trading forcené. » Sachant que celui-ci avait monté les effectifs du club à 55 joueurs alors que la DNCG recommande aux clubs de le limiter à 25.

La guéguerre des trois

Si la grande braderie de joueurs n’a pas eu lieu, la guéguerre des trois - Galtier et Lopez d’un côté, Létang de l’autre - s’est poursuivie tout l’été. Les uns et les autres échangeant des piques par presse interposée. Des bisbilles réactivées à l’occasion du retour dans la capitale des Flandres de Christophe Galtier, le 14 août dernier, quand, à la tête de son nouveau club, l’OGC Nice, il a infligé une cuisante défaite 4 à 0 à son ancienne équipe. « Une humiliation reçue des mains de Christophe Galtier en personne, dont les conflits avec notre nouvelle direction se transforment en pugilat enfantin de jour en jour », commentait le site de supporters des Dogues Le Petit Lillois.

La veille, L’Equipe refaisait l’histoire du divorce entre Christophe Galtier et Lille. De la désinvolture d’Olivier Létang débarquant sans y être invité au domicile du technicien pour l’informer de l’éviction de Gérard Lopez. Au simple SMS envoyé par Galtier pour signifier qu’il ne souhaite pas aller au terme de son contrat. L’entraîneur attendra un mois avant d’obtenir son bon de sortie en échange d’un chèque de 3 à 4 millions d’euros payé par l’OGC Nice. De ce récit, il ressort qu’Olivier Létang a fait l’erreur de mépriser la « relation forte » que le technicien entretenait « avec Gérard ». Une amitié sur laquelle le quotidien sportif s’est également penché dans un article du 28 août

https://www.mediacites.fr/breve/lille/2021/06/25/malgre-sa-gestion-du-losc-gerard-lopez-accueilli-en-sauveur-des-girondins-de-bordeaux/

Principale source de la tension, Olivier Létang a critiqué à plusieurs reprises la gestion de Gérard Lopez à tel point que ce dernier, désormais à la tête des Girondins de Bordeaux, a menacé de l’attaquer en justice . « Quand vous avez obligation de vendre pour 100 ou 150 millions d’euros de joueurs par an, vous vous retrouvez en difficulté, a par exemple affirmé Olivier Létang. Quand vous n'avez plus de joueurs qui sortent du centre de formation (le club est classé 24e en France), vous êtes aussi en difficulté. »

Et Galtier, que pense-t-il du modèle économique risqué de Lopez, s'interroge RMC Sports ? « Je ne peux pas entrer dans ce paramètre, botte en touche le nouvel entraîneur de Nice. J'entends les commentaires mais vous savez la vérité, vous ? » À Mediacités, on a notre petite idée...

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Le doublement des rames de la ligne 1 du métro attendra encore

La nouvelle est tombée à la toute fin juillet. La livraison des nouvelles rames de la ligne 1 du métro lillois a été une nouvelle fois repoussée. Prévue initialement pour 2016 puis reportée à plusieurs reprises, la mise en service de ces rames de 52 mètres de long, deux fois plus longues que les rames actuelles, attendra finalement décembre 2023. Soit huit ans de plus que la date espérée à l’origine. Et six mois de plus que la précédente échéance fixée… au printemps dernier. A l’époque, le constructeur Alstom avait décalé le lancement d’avril à juillet 2023 en raison de retards imputables à la crise sanitaire.

« Le principal problème tient dans la technologie de guidage automatique de ces nouvelles rames, qui ont été accentuées par la pandémie de Covid, précise France Bleu pour expliquer ce nouveau retard. En effet, l'antenne d'Alstom qui développe cette technologie est située en Inde, pays lourdement frappé par le Covid. » Une explication pas vraiment rassurante. Ce système inédit de pilotage automatique est en effet la source principale des reports accumulés depuis des années. Alstom n’arrive toujours pas à le faire fonctionner.

« Si les derniers tests ont montré que deux rames de 52 mètres “communiquaient“ bien entre elles sur le réseau, la communication entre les futures rames sur l’ensemble de la ligne 1 n’est pas encore au point, détaille la Voix du Nord. Or, cette échéance était fixée fin juillet 2021, et elle ne sera pas tenue par Alstom. » Impossible, donc, d’affirmer que l’objectif de décembre 2023 sera bien tenu.

Ce retard supplémentaire devrait se traduire par une pénalité d’environ 2 millions d’euros versées par Alstom à la Métropole européenne de Lille, propriétaire du réseau. Lors de la renégociation du contrat, en 2019, la MEL avait déjà bénéficié d’indemnités de retard, « pour un montant de 53 millions d’euros », rappelle Alain Bernard, vice-président en charge des finances : 23 millions d’euros en « cash », 20 millions d’euros en prestations de maintenance et 10 millions d’euros de royalties pour la vente du système à d’autres villes. Une compensation financière bienvenue. Mais qui ne consolera pas les usagers de la ligne 1 qui s’entassent dans des rames devenues trop petites...