Hypermarché Auchan à Neuilly-sur-Marne. Photo d'illustration : Yves Adaken

Carrefour a rejeté une offre de rachat de la famille Mulliez

Le feuilleton du rapprochement entre Carrefour et Auchan semble bien avoir pris fin jeudi dernier. Entamées au printemps, des négociations discrètes ont, dans un premier temps, permis d'envisager différentes solutions pour fusionner les deux enseignes. Leur révélation le 30 septembre par le journal Le Monde avait poussé le fondateur d’Auchan, Gérard Mulliez, à sortir de sa réserve pour dire, dès le lendemain, toute son hostilité à des discussions avec un concurrent.

https://www.mediacites.fr/vous-dit-pourquoi/lille/2021/10/05/gerard-mulliez-a-t-il-definitivement-ferme-la-porte-a-un-mariage-auchan-carrefour/

Mais alors même que le patriarche échangeait des communiqués musclés avec la nouvelle génération aux commandes de l’Association familiale Mulliez (AFM), la holding de tête de toutes les entreprises de la famille, c’est un nouveau scénario - spectaculaire - qui était en train d’être peaufiné : celui du rachat de Carrefour par l’AFM via une offre de 16,5 milliards d’euros. Transmise au comité stratégique de Carrefour, celle-ci a toutefois été rejetée le 7 octobre, a révélé Le Figaro.

Une offre à 16,5 milliards d'euros

Le prix proposé de 21,50 euros par action Carrefour, dont plus de 70 % en cash et un peu moins de 30 % en actions Auchan, était pourtant légèrement supérieur à l’offre de 20 euros par action proposée par le canadien Couche-Tard, en janvier dernier. Et bien plus élevé que le cours de 16 euros du titre Carrefour en clôture vendredi. Mais l’opération aurait été jugée « trop compliquée », selon le PDG du distributeur, Alexandre Bompard. D’après Les Echos, l’accord « aurait buté sur la difficulté à estimer la valeur des actifs d'un groupe familial non coté » comme l’AFM. « Les Mulliez jugeaient que leur enseigne valait au moins aussi cher que Carrefour. Inacceptable pour M. Bompard », complète Le Monde.

Peu désireux de se retrouver avec des actions Auchan, les actionnaires de référence de Carrefour, la famille Moulin, propriétaire des Galeries Lafayette, et le brésilien Abilio Diniz, ont donc dit non. « Une offre 100 % en numéraire, à 22 euros par exemple, aurait sans doute eu plus de chance [de les] intéresser », estiment encore Les Echos. De leur côté, les membres de la famille Mulliez n’ont pas jugé bon de s’engager dans une OPA hostile, incompatible avec leur projet industriel. D'après le quotidien économique, « les Mulliez imaginaient la création d'un "Walmart français", c'est-à-dire un géant européen avec des magasins mais tourné vers le digital ». Aux Etats-Unis, Walmart devance en effet Amazon dans l'alimentaire.

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