Bidule_carre_512pxUn baron critiqué mais toujours craint 

Certains prédisent sa chute, inéluctable. D’autres parient sur sa réélection, indubitable. Quoi qu’il se passe jusqu’aux élections municipales et métropolitaine de l’an prochain, Gérard Collomb cristallise toutes les conjectures, fait couler salive et encre. Ces derniers jours, deux titres de la presse nationale se sont penchés sur le cas du baron en lice pour un quatrième mandat. De la place Beauvau à celle de la Comédie, où se trouve l’hôtel de ville de Lyon, La Tribune revient en « cinq actes » sur le retour chaotique « de l’enfant prodigue », comme l’édile de 71 ans s’est qualifié lui-même. Entre l’épouse Caroline Collomb qualifiée de « talon d’Achille » et « la tâche indélébile » de sa démission du gouvernement, le constat est âcre. Il repose, précise l’auteur, sur les avis d’une quarantaine d’universitaires, de dirigeants d’entreprises ou d’élus. Mais signe révélateur, aucun de ces « décideurs » n’assume publiquement ses propos. Peur d’injurier l’avenir. Jugée « pathétique » ou « consternante », la réélection du patron vieillissant n’en reste pas mois crédible.

Le Monde de ce mardi consacre une pleine page aux « encombrants époux Collomb ». L’article mentionne les crispations que provoque Caroline Collomb à la tête de La République en Marche dans le Rhône [(re)lire à ce propos notre enquête publiée en octobre 2018]. Il égrène surtout les vacheries des uns et des autres. A propos de Caroline Collomb ? « Elle est l’âme damnée de Collomb. Elle lui désigne qui tuer », dénigre l’ancien ministre Thierry Braillard. Une « chargée de clientèle », cingle l’ancienne amie Najat Vallaud-Belkacem. Même le si prudent David Kimelfeld y va de sa phrase assassine à propos de son ancien mentor qu’il a décidé de défier pour la présidence du Grand Lyon : « Il a suffi d’un an pour que chacun constate que l’on pouvait vivre sans lui ».

https://twitter.com/Mediacites/status/1055127023092490242

Gérard Collomb pourra toujours se consoler en consultant les chiffres du dernier sondage Ifop-Fiducial pour Sud Radio et Paris Match. Le maire de Lyon se classe 7e personnalité politique préférée des Français avec 44% d’opinions positives. Un résultat qui a donné lieu à un échange aigre-doux comme seul Twitter en a le secret. A Jérôme Payen, petite main du clan Collomb au sein de LREM, qui relayait le sondage, Yves Botton, animateur frondeur d’un comité de marcheurs du 4e arrondissement, répond : « "Je suis le Deng Xiao Ping lyonnais" ». Une référence au maître de Pékin, agrippé au pouvoir jusqu’à ses 88 ans. Comment dit-on « chaude ambiance » en chinois ?

https://twitter.com/YvesBotton/status/1095963895011921923


 Bidule_carre_512pxLa droite et 2020 : un candidat de plus !

Pendant ce temps-là, la droite multiplie les candidats. Après Pascal Blache et Etienne Blanc qui se disputent (déjà) l’hôtel de ville de Lyon [lire par ailleurs notre portrait d’Etienne Blanc], après Alexandre Vincendet lancé par lui-même à l’assaut de la présidence de la Métropole, François-Noël Buffet entre en scène. Le sénateur et ancien maire d’Oullins brigue à son tour le Grand Lyon. Et, sur TLM, il dézingue son rival de Rillieux-la-Pape : « Nous avions convenu d’un dispositif en interne pour nous mettre d’accord. Tout cela a volé en éclat parce que mon principal challenger [Alexandre Vincendet] s’exprime partout, dans la presse. Je me sens libéré ». Ce ne sera rien que la troisième fois que François-Noël Buffet tente sa chance pour ce poste…  

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François-Noël Buffet sur TLM. Capture d'écran TLM.  


Bidule_carre_512pxLe "Puy du Fou" de Laurent Wauquiez victime d'une jacquerie politique

Au royaume de Laurent Wauquiez, on aime la vieille pierre, celle qui rappelle les « racines » des Français, chéries par le président de la région Auvergne-Rhône-Alpes. Mais cette fois-ci, les élus d’opposition sont montés au créneau pour dénoncer un projet de subvention qui devait être présenté en commission permanente vendredi 15 février. L’objet de leur courroux : une enveloppe d’un million d’euros prévue pour le château de Saint-Vidal, une forteresse médiévale située à quelques kilomètres du Puy-en-Velay, le fief du patron des Républicains.

La subvention devait être accordée à l’Association pour la valorisation du Velay, Auvergne et Gévaudan, qui tente depuis deux ans de créer une version auvergnate du Puy du Fou. Au programme : reconstitutions historiques, mise en avant de l’héritage catholique et monarchique… « Une histoire au parfum de roman national », résume Mediapart qui décrypte le projet.

Problème, le président de l’association est également le propriétaire du château de Saint-Vidal. Après avoir racheté il y a deux ans l’ancien fief de sa famille, l’entrepreneur lyonnais Vianney d’Alançon, proche des milieux conservateurs catholiques, a déjà bénéficié de plus d’un million d’euros de subventions publiques pour restaurer une partie de son bien. La nouvelle enveloppe prévue par la région pourrait donc s’apparenter à un financement public d’un patrimoine privé, se sont offusqués les élus d’opposition de gauche.

Devant la levée de boucliers, Laurent Wauquiez a fini par battre en retraite mais ne renonce pas à ses ambitions chevaleresques. La question de la subvention a simplement été reportée, le temps d’apporter des réponses à l’opposition. Elle devrait refaire surface dans les prochains mois, l’exécutif mettant en avant les enjeux touristiques et de conservation du patrimoine liés au projet.

La tentative rappelle à quel point Laurent Wauquiez, en bon seigneur du Puy-en-Velay, soigne ses terres électorales. En 2016, la Région avait ainsi accordé – tous projets confondus – près de 15 millions d’euros à la capitale de la Haute-Loire, soit 826,30 euros par habitant, comme le détaillait Mediacités. Dix fois plus qu’Albertville, une autre ville de la région de taille équivalente. Dans le même temps, Laurent Wauquiez s'est désengagé massivement du secteur associatif (environnement, culture, droit des femmes, défenses des LGBT…), tout en multipliant les cadeaux aux chasseurs. De quoi mettre un peu de gibier sur les tables du château de Saint-Vidal.

https://www.mediacites.fr/lyon/enquete-lyon/2017/11/22/favoritisme-laurent-wauquiez-super-pere-noel-du-puy-en-velay/


 Bidule_carre_512pxLe cybersquatteur et la maire de Vénissieux

A plus d’un an des élections municipales de 2020, tous les coups sont déjà permis, même les plus mesquins. A Vénissieux, Pierre Obrecht, l’assistant parlementaire du député de la 14e circonscription du Rhône Yves Blein (LREM), a ainsi été condamné mi-janvier pour avoir utilisé illégalement le nom de Michèle Picard, maire (PCF) de la commune, afin de créer deux sites internet, rapporte Le Progrès. Les noms de domaine « Michèle Picard 2020 » et « Encore Michèle Picard » renvoyaient en réalité à des sites dénonçant la gestion de l’élue avec des messages comme : « Rappelez-moi de voter en 2020 pour changer de maire ».

A l’audience, l’assistant parlementaire a fait valoir un « esprit potache » pour expliquer ce « cybersquattage » et a même avancé que la blague devait encourager les Vénissians à se rendre aux urnes, dans une commune où plus de la moitié des électeurs se sont abstenus lors des dernières municipales. L’argument n’a pas convaincu le tribunal, qui l’a condamné à fermer les sites concernés et à verser 200 euros d’indemnités à la maire.

« Michèle Picard n’a pas d’humour », a commenté l’assistant parlementaire. Un sens de la blague maîtrisé en revanche par son patron, le député LREM Yves Blein. Interrogé par Le Progrès, l’ancien maire de Feyzin et candidat pressenti pour les prochaines municipales à Vénissieux estime que l’affaire relève de la « vie privée » de son assistant. On ne saurait tout de même trop lui conseiller de prendre ses précautions : selon une rapide recherche de Mediacités, le nom de domaine yvesblein2020.fr est toujours disponible…