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Cannabis : Villeurbanne et le 8e arrondissement, même combat

Comment couper l’herbe sous le pied des dealers ? La municipalité de Villeurbanne a présenté, la semaine dernière, les conclusions de ses deux mois de débat consacré au cannabis. Après les « ateliers », les tables rondes d’experts, les Facebook Live et autres « enquêtes flash », le résultat est sans appel : les 2301 Villeurbannais qui se sont exprimés (par questionnaire papier ou via une plate-forme en ligne) réclament très majoritairement la fin de la prohibition. 51% d’entre eux plaident pour « une légalisation contrôlée de la consommation pour les majeurs » ; 22% pour la dépénalisation. Des choix « justifiés par le constat d’échec de la répression », selon Jean-Paul Bret. En organisant cette consultation, le maire socialiste de la deuxième ville du Rhône tente de remettre la question du cannabis au cœur du débat national. Le livre blanc de l’opération sera adressé aux parlementaires, au gouvernement et au président de la République.

https://twitter.com/villeurbanne/status/1105848150319919104

Comme un écho aux « votes » des Villeurbannais, le maire du 8e arrondissement de Lyon Christian Coulon s’est lui aussi fait le chantre de la légalisation du cannabis. C’était vendredi dernier, à l’occasion d’une réunion publique organisée dans le quartier du Grand Trou, en proie à des trafiquants de stupéfiants. « Moi, je suis pour la libéralisation du cannabis ! Les buralistes vivraient mieux et l’argent irait dans la poche de l’Etat, a défendu l’élu, interpellé sur le sujet par ses administrés. Cette drogue n’est pas plus dangereuse que l’alcool ou le tabac ! » Un coup de gueule qui ne s’est pas encombré de débat… 


 Bidule_carre_512pxPour la justice, l’Université de Lyon peut se passer de conseils 

L’Université de Lyon (UDL) a-t-elle le droit de s’offrir des consultants à 250 euros de l’heure ? Pour le tribunal administratif, la réponse est « non » comme nous l’apprenait la semaine dernière Le Progrès. Saisie par un représentant des personnels, la justice avait à se prononcer sur les émoluments versés par l’UDL à cinq membres de son « Scientific advisory board » (SAB). Mediacités vous avait raconté tout cela en septembre dernier : pour l’accompagner dans son projet Idex, la méga-université lyonnaise (qui regroupe Lyon-I, Lyon-III, l’université Jean-Monnet de Saint-Etienne, l’Ecole normale supérieure et de l’Institut national des sciences appliquées) se paie des consultants à prix d’or. Une seule réunion du SAB, le 15 novembre 2017, a coûté 23 000 euros !

https://twitter.com/MediacitesLyon/status/1039788978541666304

Le tribunal administratif ne s’est toutefois pas prononcé sur les montants des indemnités, mais sur leur fondement réglementaire. Les juges ont ainsi annulé la délibération du conseil d’administration de l’UDL qui les fixait. Reste à savoir si les prestigieux conseils – une ancienne rectrice d’université allemande, une historienne suisse ou encore un informaticien spécialiste des algorithmes – rendront l’argent. L’UDL n’a pas souhaité commenter le jugement, écrit Le Progrès.        


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Face à Blanc (et Wauquiez), Blache dégaine Bertrand

Joli coup pour Pascal Blache : le maire (divers-droite) du 6e arrondissement, candidat à l’hôtel de ville de Lyon pour les élections municipales de 2020, recevra Xavier Bertrand le 8 avril prochain. De quoi relancer un début de campagne qui patine, éclipsé par la guerre froide que se livrent Gérard Collomb et David Kimelfeld ? 

https://twitter.com/p_blache/status/1106437206766481409

La visite du patron des Hauts-de-France dans la capitale des Gaules est aussi un signal envoyé au patron des Républicains Laurent Wauquiez. Pour mémoire, Xavier Bertrand avait claqué la porte de son parti au lendemain de l’élection à sa tête du président de la région Auvergne-Rhône-Alpes. Il affirmait « ne plus se reconnaître » dans sa famille politique et dénonçait ses « dérives ». Sa venue sur les terres de son rival sera « certainement vécue comme une provocation », écrit Lyon People. En appuyant Pascal Blache, Xavier Bertrand défie le candidat LR à la mairie de Lyon Etienne Blanc… fidèle lieutenant de Laurent Wauquiez. A droite aussi, la guerre froide est déclarée.


 Bidule_carre_512pxLes trous de mémoire d’Etienne Blanc

Pendant ce temps, Etienne Blanc – toujours lui – semble avoir quelques trous de mémoire. C’est le twitto facétieux Luc Arbib qui a levé le lièvre en début de semaine. Dans sa biographie mise en ligne sur son site de campagne, le candidat LR à la mairie de Lyon oublie qu’il a été conseiller régional de 1992 à 2002. A lire la notice rédigée par ses communicants, l’ex-maire de Divonne ne semble avoir fait ses premiers pas à la Région qu’à partir de 2015.

https://twitter.com/LucARBIB/status/1107383039406100480

Réel oubli ou omission volontaire ? Pendant ces années-là, Etienne Blanc comptait parmi les lieutenants de Charles Millon, avant de devenir son bras droit une fois l’ancien patron de Rhône-Alpes réélu, en 1998, avec les voix du Front national. Un passé pas franchement payant auprès des électeurs lyonnais… Face à la com’ de campagne électorale, on ne saurait que trop vous conseiller de (re)lire le portrait d’Etienne Blanc que nous avons publié le mois dernier.       

https://www.mediacites.fr/lyon/portrait-lyon/2019/02/20/etienne-blanc-le-soldat-inconnu-de-la-droite-a-la-conquete-de-lyon/


 Le pape repêche Barbarin, qui se met « en retrait »Bidule_carre_512px

C'est non. Le pape François a refusé, mardi 19 mars, la démission du cardinal Philippe Barbarin, condamné par la justice française pour non-dénonciation d'abus sexuels sur mineurs. Le souverain pontife a évoqué « la présomption d'innocence » pour justifier sa décision, alors que l'affaire a été portée en appel. Pour autant, dans la foulée, le patron du diocèse de Lyon a annoncé dans un entretien donné à la chaîne catholique KTO qu'il se mettait « en retrait pour quelques temps » et qu'il confiait les clefs de la maison au vicaire général modérateur, le père Yves Baumgarten. Une situation « inédite », selon le président de la Conférence des évêques, cité par Le Monde. « L’erreur de trop », juge le cofondateur de l’association La Parole libérée, François Devaux, à propos de la décision du pape.

Elle intervient au lendemain d'une rencontre, au Vatican, entre l'archevêque de Lyon et François. Rien n’avait filtré de l'entrevue, mais La Croix, journal de référence en la matière, doutait sérieusement que le pape accepte la démission. Premièrement, « François n’aime rien moins qu’on lui force la main ». Deuxièmement, cela aurait été reconnaître la culpabilité du cardinal français avant le fin mot de l'appel – raison officielle invoquée donc. Enfin, après la démission du cardinal australien George Pell, reconnu coupable d’abus sexuels sur mineurs, le départ d’un autre archevêque aurait été un nouveau coup dur pour le Vatican. Reste maintenant à savoir si la solution médiane annoncée hier sera comprise par les fidèles de l'Eglise comme par l'opinion publique.