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Éboueurs : la grève des « gilets oranges » se poursuit

Ils refusent de jeter leurs revendications à la poubelle. Depuis le 19 mars, les éboueurs de la Métropole sont en grève dans une grande partie de l’agglomération. Bon nombre de poubelles commencent à déborder. Les agents réclament une « revalorisation de leur pouvoir d’achat », via une augmentation de 200 euros mensuels. 

Un premier round de négociations a eu lieu vendredi dernier, sans succès. Lundi, le président de la Métropole David Kimelfeld a annoncé qu’une réunion portant sur l’ensemble du régime indemnitaire de la collectivité allait être avancée à mercredi 27 mars. De quoi prendre le risque d’une généralisation du mouvement au reste des agents du Grand Lyon. Tout en prévenant que la Métropole prendra « toutes les mesures nécessaires pour n’exposer aucun citoyen du territoire au moindre risque sanitaire ». Une façon de promettre un service minimum en cas de prolongation de la grève ?  

Après une semaine de débrayage, le ton s’est durcit entre les agents de la Métropole et la collectivité. Lundi, une cinquantaine de grévistes ont bloqué le site de l’incinérateur de Gerland, géré par le Grand Lyon. Objectif : empêcher les entreprises privées de décharger leurs détritus. Depuis 2017, la majorité des déchets (57%) de la Métropole est en effet ramassée par le privé, comme Mediacités le décryptait il y a un an. Dans les communes de Lyon, Villeurbanne, Tassin, Bron et Vaulx-en-Velin, la collecte est assurée par trois groupes : le sulfureux Pizzorno, Suez et Nicollin, qui ne sont donc pas concernés par le mouvement actuel. Une privatisation dénoncée dès 2012 par les agents de la Métropole, au cours d’une grève historique : elle avait duré 18 jours.

https://www.mediacites.fr/lyon/enquete-lyon/2018/01/17/poubelles-lyonnaises-les-effets-pervers-de-la-privatisation/


Bidule_carre_512pxCollomb (Gérard), seigneur de « l’Anneau »

« Essentiel » et « acté » : la semaine dernière, à l’occasion du conseil métropolitain du Grand Lyon, Gérard Collomb s’est posé en gardien du projet de périphérique ouest, baptisé – miracle de la communication – « Anneau des sciences ». Une mise au point en guise de réponse au président de la Métropole. David Kimelfeld a laissé entendre qu’il faudra repenser la future infrastructure : le projet « n’aura de sens que si l’on pousse les modes de déplacements alternatifs (…) et qu’on tienne compte de l’urgence climatique ». Difficile pour l’ancien dauphin de Gérard Collomb, candidat déclaré aux élections métropolitaines de l’an prochain, de ne pas émettre des réserves sur ce périph’ qui braque les écologistes. Pour creuser la différence avec son ex-mentor, David Kimelfeld entend jouer la carte du défenseur de l’environnement.

Reste que la passe d’armes entre les alliés d’hier – « le clash », titrait carrément Le Progrès – a  fait les délices de l’opposition. « Spectacle déplorable », « conseil métropolitain phagocyté par leur guerre politique intestine » : pour les élus Les Républicains du Grand Lyon, « les oppositions de principe systématiques entre David Kimelfeld et Gérard Collomb créent désormais un vrai risque pour le fonctionnement de notre collectivité et l’avenir des habitants ». Rien de moins !

On peut aussi rappeler que cet « Anneau des sciences », dont le coût est estimé à environ 3 milliards d’euros, est à l’étude depuis 2012, qu’il a fait l’objet d’un débat public entre novembre 2012 et avril 2013, que l’enquête publique n’est pas attendue avant 2020 et que le bitume est annoncé à l’horizon 2030. Bref, un serpent de mer. Il n’en reste pas moins un marqueur politique bien actuel. Comme en écho au « clash », David Kimelfeld, chaque jour un peu plus en campagne, ironisait lors d’une rencontre publique ce dimanche 24 mars : « Mes amis écologistes trouvent que je ne vais pas assez vite, mes autres amis que je suis trop écologiste. En fait, je me fais engueuler toute la journée (…). » Habile.

https://twitter.com/DavidKimelfeld/status/1109824037008609280


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Collomb (Caroline), la faute à Benalla

La référente LREM du Rhône Caroline Collomb fuit tellement la presse que la moindre de ses prises de parole passe pour un événement. Hier, nos confrères de La Tribune Auvergne-Rhône-Alpes ont ainsi publié un droit de réponse de l’épouse du maire de Lyon suite à la publication d’un de leurs articles intitulé « Caroline Collomb, talon d’Achille de Gérard ». Au-delà des reproches formulées au journal par l’intéressée, un passage a retenu notre attention. « Je précise que Gérard Collomb a fait le choix de démissionner du gouvernement pour des raisons politiques qui lui appartiennent, notamment suite à l'affaire Benalla », écrit Caroline Collomb. On savait que ladite affaire avait perturbé les relations entre Emmanuel Macron et son ancien ministre de l’Intérieur, auditionné à l’époque par le Sénat. On sait maintenant qu’elle a vraiment pesé dans sa décision de claquer la porte en septembre dernier.


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Twitter et ses deux maires de Lyon

Dans la catégorie « rien n’échappe à Twitter », voici les deux maires de Lyon. C’est le bloggeur Tonio Libero qui a repéré ce savoureux détail : sur le réseau social, Georges Képénékian se présente toujours comme « maire de Lyon ». Quelqu’un l’a-t-il prévenu que Gérard Collomb avait quitté le gouvernement ? « Il est malin Képé : en faisant semblant de ne plus s’occuper de son compte Twitter depuis le retour de GC, sa bio fait passer un message subliminal en vue de 2020 », ironise le twitto.   

https://twitter.com/toniolibero/status/1108809433608581123

Pour être tout à fait exact, « l’intéri-maire » redevenu Premier adjoint a tweeté une fois, le 15 novembre 2018, depuis qu’il a sagement cédé le trône. Mais on pinaille. Reste l’impression d’un autre message subliminal : pour illustrer la bannière de son profil, l’élu du 3e arrondissement a opté pour une vue aérienne de Lyon avec le 9e en premier plan… fief de Gérard Collomb. On va finir par croire qu’il se rêve vraiment en baron à la place du baron !      


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Wauquiez boudé par (une partie) des élus Modem

Ils ne sont pas très nombreux, mais ils ont trouvé le moyen de se diviser. Les sept élus Modem de la région Auvergne-Rhône-Alpes (sur 204 conseillers) n’ont pas réussi à se mettre d’accord sur la question suivante : sont-ils Wauquiez-compatibles ? Cinq d’entre eux, dont le « coordinateur » du groupe François-Xavier Pénicaud, viennent de quitter la majorité conduite par le patron des Républicains. « Notre territoire ne devait en aucun cas être l’otage des positionnements, postures et responsabilités nationales des uns et des autres (...) Cette promesse n’est plus tenue », a justifié l’élu centriste dans un courrier publié sur Facebook.

Certes, mais la situation avait-elle dernièrement changé ? Les conseillers démissionnaires mettent en avant l’échec de la signature d’un contrat d’objectifs de 750 millions d’euros entre la région et le gouvernement. Pour les deux autres représentants du parti de François Bayrou partenaire de La République en marche, pas question de quitter l’équipe de Laurent Wauquiez : « Je n’ai jamais fait autant de politique que maintenant. Je reste Modem plus que jamais mais je préfère agir dans la majorité [régionale] », justifiait lundi dernier Anne Pellet, l’une d'entre eux. Les subtilités du centrisme…   


 Bidule_carre_512pxPost-scriptum : encore loupé pour le Médipôle

IRML’Agence régionale de santé (ARS) n’en démord pas : il n’y a aucune raison d’accorder une deuxième IRM au Médipôle, la méga-clinique qui a ouvert ses portes en début d’année à Villeurbanne. Motif : l’Est lyonnais est suffisamment doté en imagerie par résonance magnétique. Vendredi dernier, Le Progrès se faisait l’écho de cette décision de l’ARS. Sous injonction du Tribunal administratif, l’agence devait réexaminer un premier refus.

Nous vous en parlions il y a quelques semaines à l’occasion de notre enquête consacrée au Médipôle : cette question d’une seconde IRM n’est pas seulement administrative, elle est aussi stratégique. L’établissement de santé, fusion de sept anciennes cliniques et présenté comme « le plus grand hôpital privé de France », est de fait un nouvel acteur de poids dans le petit monde hospitalier local. Et un sérieux concurrent pour les Hospices civils de Lyon (HCL), dont on vu fleurir ces derniers jours, dans les rues et le métro, les affiches d’une vaste campagne de communication. Coïncidence avec l’ouverture du Médipôle ? Le feuilleton de l’IRM n’est en tout cas pas terminé. Prochain épisode en juin : le tribunal administratif tranchera sur le fond le refus d’octroyer une IRM supplémentaire.

https://www.mediacites.fr/lyon/enquete-lyon/2019/03/13/a-villeurbanne-la-plus-grande-clinique-de-france-bouscule-le-paysage-hospitalier/