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Soupçon de favoritisme à Rio : GL Events ne répond plus    

De nouveau au cœur du scandale ! L'an dernier, Olivier Ginon avait été épinglé pour des ristournes accordées à Emmanuel Macron durant la campagne présidentielle 2017. Cette fois-ci, selon nos confrères de Mediapart, son entreprise GL Events est soupçonnée par la justice brésilienne de favoritisme dans l’obtention de la concession du Rio Centro, « l'un des plus prestigieux centres de congrès d'Amérique du Sud ».

Jusqu’alors, le Brésil faisait figure d’Eldorado pour le patron lyonnais. Un véritable « jackpot » selon ses propres termes. Depuis dix ans, le géant de l’événementiel y multiplie les marchés d’importance : Jeux olympiques en 2016, Coupe du monde de football en 2014, concession du centre d’expositions de Sao Paulo et Journées mondiales de la jeunesse (JMJ) en 2013…   L’année des JO, le pays d’Amérique latine représentait plus de 12% du chiffre d’affaires mondial de GL Events (953 millions d'euros).

Mais, c’est pour un contrat antérieur à cette période faste que l’entreprise est mise en cause. Selon des documents consultés par Mediapart, dont des échanges de mails, le groupe d’Olivier Ginon et la mairie de Rio de Janeiro se seraient illégalement entendus sur le montant de la concession du Rio Centro. L’appel d’offres aurait même été rédigé pour écarter les potentiels concurrents de GL Events. L’article raconte aussi comment l’entreprise a décroché le marché public en s’appuyant sur plusieurs intermédiaires dont un certain Ruy Cézar, « lourdement mis en cause depuis dans le scandale des achats de voix des JO ». Le groupe lyonnais lui déroule d’ailleurs le tapis rouge lors d’un voyage tous frais payés en juillet 2015 – défilé militaire sur les Champs Elysées, étape du tour de France et vol en business class compris.

Après sept ans de procédure et de multiples recours intentés par GL Events, l’instruction de la justice brésilienne arrive à son terme. « Le Tribunal supérieur de justice (STJ) a débouté GL Events en cassation, ouvrant la voie à un procès pour des soupçons d'entente illicite et de favoritisme », écrit Mediapart. Comment dit-on « affaire à suivre » en portugais ?


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2020 : le scrutin métropolitain privé d’électeurs européens

urne electionsConséquence inattendue de la création, en 2015, de la Métropole de Lyon (fusion de l’ancienne communauté urbaine et du département) : les ressortissants de l’Union européenne qui vivent dans le Grand Lyon ne pourront plus voter pour leurs représentants au sein de cette instance, nous apprend Le Progrès de vendredi dernier. Ces électeurs disposent du droit de vote aux élections municipales et donc, par l’intermédiaire des élus de leur commune, participaient à la composition de l’assemblée du Grand Lyon. Aux précédentes élections de 2014, les candidats à cette instance étaient même « fléchés » sur les listes municipales.

Pour 2020, tout change. La Métropole de Lyon est devenue une collectivité à part entière (une exception en France) et, à ce titre, les Grands Lyonnais voteront pour leurs conseillers métropolitains au suffrage universel direct. Problème : la Métropole n’est pas considérée comme « une collectivité locale de base » comme le sont les communes. Et le gouvernement n’envisage pas de changer la règle, comme il l’a notifié au député LREM du Rhône Yves Blein qui avait soulevé la question. Résultat : 4070 inscrits des listes électorales du Grand Lyon (soit 0,5% des électeurs, selon Le Progrès) ne participeront pas au choix du successeur de David Kimelfeld. Paradoxal alors que l’institution métropolitaine exerce des compétences on ne peut plus locales (plan local d’urbanisme, voté ce lundi d'ailleurs, ramassage des ordures ménagères, voirie…) que les communes lui ont transférées.    

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Au siège de la Métropole de Lyon. Photo : NB/Mediacités.


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Le duel Collomb-Kimelfeld fait étape au Grand Trou

Engagement tenu. Vendredi dernier, le président de la Métropole David Kimelfeld a installé « le comité de pilotage » dédié au Grand Trou. En mars dernier, nous avions consacré une enquête au long cours à ce quartier du 8e arrondissement de Lyon, situé route de Vienne. Rongé par le trafic de drogues, le Grand Trou était alors sous le choc de l’incendie criminel d’un commerce. Lors d’une réunion publique houleuse, David Kimelfeld avait promis la mise en place d’une instance rassemblant les élus et les acteurs du Grand Trou (comité de quartier, associations de parents d’élèves, de commerçants, conseil citoyen de Moulin à Vent, le gestionnaire de la maison des associations Rézo 1901, etc.). Objectif : coordonner des actions tous azimuts – urbanisme, sécurité, animation…

Le patron du Grand Lyon était accompagné de plusieurs responsables de ses services et du vice-président chargé de l’urbanisme Michel Le Faou. Participaient également à la réunion le député LREM Thomas Rudigoz, le premier adjoint au maire du 8e arrondissement Christophe Cohade et, pour la ville de Lyon, Jean-Yves Sécheresse. Reste à transformer les bonnes intentions en actes. Des groupes de travail par thématique doivent se réunir prochainement avant un prochain comité d’ici à deux mois. « On est content de voir que ça bouge et que la Métropole joue un rôle moteur », commente Thomas Faurobert, président du conseil de quartier.

Il manquait à cette brochette d’élus le maire de Lyon ? Oui et non, Gérard Collomb a effectué sa petite visite surprise du Grand Trou dans la matinée même du vendredi. Un tour chez les commerçants, quelques mains serrées à la sortie de l’école et la promesse d’installer cinq ou six nouvelles caméras de vidéosurveillance dans le quartier. Une manière de griller la politesse à son ancien dauphin et désormais rival David Kimelfeld…

 


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Quand Collomb boude… 

PictoVous reprendrez bien un peu de Gérard Collomb ? Jeudi 9 mai, le maire de Lyon a provoqué l'un de ces psychodrames dont il a le secret. A la dernière minute, il a annulé sa participation à un meeting de La République en marche (LREM) organisé à la Confluence dans le cadre de la campagne des élections européennes, et en présence de la ministre du Travail Muriel Pénicaud. Quelle mouche l’a piqué ? Le baron exigeait que ni David Kimelfeld ni le député Thomas Rudigoz (ex-collombiste devenu kimiste) ne prennent la parole et qu’il soit le seul élu lyonnais à le faire, selon un membre de LREM, cité par l’AFP. Dans Le Progrès, l'édile s’est épanché à propos du parlementaire et d’un ancien collaborateur (Stéphane Chassignol) rallié au clan Kimelfeld : « Ce n’est pas le genre de personnes avec qui je veux faire des meetings ». En politique madré, l’ex-ministre de l’Intérieur a pris soin de diffuser pendant la réunion un communiqué, selon lequel il « étai[t] prêt à répondre favorablement dès lors que les modalités d'organisation étaient définies en commun ». Timing parfait pour définitivement gâcher la fête de ses « amis ».

Post-scriptum : Nouvelle passe d’armes, ce lundi, en conseil métropolitain entre le baron et son ex-dauphin. Gérard Collomb s’est ému du limogeage de Nicole Sibeud, directrice générale adjointe du Grand Lyon, dans la maison depuis de longues années. « Si l’on ne respecte plus l’ensemble de l’administration, c'est le début de la fin pour notre métropole », a cinglé le maire de Lyon. Réponse du berger à la bergère lors d’un point presse. « Je n’ai pas de leçon de management à recevoir, je sais diriger des équipes, a répliqué un David Kimelfeld passablement agacé, en sortant sa casquette d'ancien chef d'entreprise. Cette Métropole ne repose pas sur une seule personne, sinon on le saurait depuis longtemps. » De bonne guerre, l’opposition se délecte de ces bisbilles. « Après avoir éliminé les pro-Collomb du cabinet [Arabelle Chambre-Foa, Jérôme Payen], Kim fait le ménage dans les services », ironisait un membre du groupe LR.               


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Violences policières : le portable d’un journaliste de Rue89Lyon matraqué

Journalistes, sortez couverts ! A l’occasion de « l’acte XXVI » de la manifestation nationale des gilets jaunes, samedi 11 mai à Lyon, Nicolas Mayart, reporter pour Rue89Lyon, a été pris pour cible par la police. Alors que sur son casque était ostensiblement écrit « Presse », un CRS a assené un coup de matraque sur le portable du journaliste stagiaire, près des quais du Rhône, au niveau du pont Gallieni. Il était en train de filmer une interpellation avec son téléphone [voir la vidéo ci-dessous].

Pour ce rassemblement national, plusieurs figures de la mobilisation des gilets jaunes, comme Jérôme Rodriguez, étaient à Lyon. La manifestation a rassemblé environ 2500 personnes. De nombreuses violences ont émaillé le défilé faisant, au total, 22 blessés parmi les manifestants, une dizaine dans les rangs de la police. Le coup de matraque contre Nicolas Mayart s’ajoute à une (trop) longue série d’attaques visant des journalistes. A Toulouse, nous vous avions notamment raconté comment le photographe indépendant Frédéric Scheiber avait été pris pour cible par les forces de l’ordre. La rédaction de Mediacités apporte son plus vif soutien à notre confrère de Rue89Lyon.   


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A Saint-Exupéry, la bataille de l’entrepôt géant

La plus grande plateforme logistique de France. Voila ce que l’entreprise australienne Goodman ambitionne de construire près de l’aéroport Saint-Exupéry. 160 000 mètres carrés doivent sortir de terre à l’horizon 2020. Mais ce n’est pas gagné… Le Figaro raconte la bataille qui se joue autour de cet entrepôt géant. Plusieurs associations, dont l’Association contre l’extension et les nuisances de l’aéroport de Lyon-Saint-Exupéry (Acenas), ont déposé un recours au tribunal administratif. Elles s’inquiètent de voir le méga projet détruire une zone où sont référencées 33 espèces animales protégées, et qui drainera 1000 camions et la pollution atmosphérique qui va avec.

Plane aussi le mystère au sujet du client pour lequel œuvre Goodman. Le constructeur refuse de donner son nom. Amazon (hypothèse qui tient la corde) ? Zalando ? Le groupe a l’habitude de collaborer avec ces géants du e-commerce. Il assure qu’une fois le bâtiment terminé, 1300 emplois seront créés. Un chiffre contesté par les associations qui soulignent « l’extrême robotisation » de ce genre de site.