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Sac de nœuds ferroviaire   

La ville de Lyon a-t-elle mis les wagons avant la locomotive ? Le groupe Europe Ecologie – Les Verts, présidé par Emeline Baume, a dénoncé la semaine dernière « un passage en force » de la part de Gérard Collomb. Motif : le conseil municipal a voté lundi une contribution au débat public sur le projet d’aménagement ferroviaire à Lyon, alors que l’élue écologiste avait demandé un report au maire de Lyon, le temps d’étudier le dossier.  Soulignant qu'il s'agissait pour lui du « projet le plus important pour l’avenir de la Métropole de Lyon », le maire de Lyon lui a répondu en conseil ce lundi. « J’entends mes amis écologistes dire qu’il faut reporter le trafic aérien sur le train. Mais quand il faut faire des TGV, des TER ou des RER à la lyonnaise, on ne parle plus de report, a-t-il ironisé. Mais que reste-t-il, si ce n’est la bicyclette ? La voiture ? Nous ne voulons pas de ce scénario qui asphyxierait l’ensemble de l’agglomération. »

Organisée depuis le 11 avril – et jusqu’au 11 juillet – par la Commission nationale du débat public, la consultation doit collecter les avis des acteurs locaux et des usagers sur l’avenir du train dans la Métropole. Avec douze lignes et près de 1200 trains par jour, le « nœud ferroviaire lyonnais », selon l’expression consacrée, est l’un des plus importants de France. Et des plus embouteillés. Le taux de retard pour les trains de la région est l’un des plus élevés de France, juste derrière la région Paca, et le moindre incident se répercute en cascade dans le reste de la région. Un cauchemar pour les usagers : la moitié des trains sont des TER, essentiellement utilisés pour les trajets domicile-travail.

Bidule trainPour décongestionner le trafic, la SNCF propose un plan d’aménagement pour les prochaines années. Au menu : la création de deux voies supplémentaires entre Saint-Clair et la Guillotière (axe nord-sud) ainsi qu’entre Saint-Fons et Grenay (au sud de la métropole, en direction de Grenoble). La gare de la Part-Dieu est au centre de l’attention. Moins de 70% de ses trains y partent à l’heure aujourd’hui. Pour lui permettre d’accueillir les nouvelles lignes, une gare souterraine pourrait ainsi être aménagée, non sans gonfler considérablement le budget. Au total, la SNCF estime pouvoir augmenter de 40% les capacités de trafic, pour un coût évalué entre 2,7 et 4,3 milliards d’euros.

Si la nécessité d’un tel projet fait consensus auprès des associations d’usagers, comme le note Rue89Lyon, ses modalités et son calendrier sont bien plus sensibles. Faut-il créer un contournement ferroviaire pour le fret, mieux utiliser la gare de l’aéroport Saint-Exupéry ? Entre les collectivités, Métropole et Région en tête, les points de vue divergent. Vu le communiqué des écologistes, pas sûr que les trois mois de débat suffisent à mettre tout le monde d’accord.


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Kotarac : Mélenchon se tape l’affiche

Le retournement de veste ne passe pas. Il y a une semaine, Andréa Kotarac, conseiller régional de La France Insoumise annonçait son départ du mouvement de Jean-Luc Mélenchon et appelait à voter pour le Rassemblement national pour les élections européennes. Il y a quelques semaines, l'élu s'était déjà fait recadré par LFI après son voyage au forum russe de Yalta, aux côtés de Marion Maréchal [lire notre article]. A quinze jours du scrutin, cette annonce, savamment mise en scène sur BFM, a logiquement suscité des réactions. « Trahison », « opportunisme écœurant » « boule puante » pour ses anciens camarades. « Ralliement courageux » et signe de « lucidité » pour les militants d’extrême-droite. Il n’en fallait pas plus pour que certains, comme l’élu du 7e arrondissement de Lyon Romain Blachier, y voient le symptôme d’une supposée « convergence des extrêmes » ou d’une alliance « rouge-brun », comme le notait Arrêt sur Image.

Depuis, le parti de Marine Le Pen exhibe son trophée à toutes les sauces, y compris sur un tract de campagne. On peut y voir Andréa Kotarac, présenté comme un « membre de l’équipe de Jean-Luc Mélenchon ». 

https://twitter.com/lobs/status/1129410025494110209

De quoi provoquer la fureur de La France Insoumise, qui a assigné en référé le RN vendredi pour faire supprimer cette mention. Motif : il s’agirait d’une « fausse nouvelle », selon LFI. Et le parti de préciser à L’Obs, qu’Andréa Kotarac « n’était pas dans l’équipe, pas dans la direction opérationnelle, ni même assistant, même en extrapolant… » Une accusation « ridicule » selon Marine Le Pen, pour qui « on se croirait revenu à l’époque soviétique où le Politburo supprimait les dirigeants gênants des photos officielles ! » Une chose est certaine, Andréa Kotarac a modifié sa biographie Twitter. Il se présente désormais comme « Insoumis patriote et républicain ». Vous avez dit taquin ?


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Gérard Collomb, entre Japon et 2020

Il était moins une. Ce lundi 20 mai en milieu d’après-midi, Gérard Collomb a fait voter en conseil municipal une délibération l’autorisant à décoller pour le Japon… le soir même ! Le maire de Lyon est parti pour cinq jours en Extrême-Orient, entouré de son Premier adjoint Georges Képénékian, de son adjoint aux grands événements Yann Cucherat, de l’élue déléguée au commerce Fouziya Bouzerda et de celle aux relations internationales Karine Dognin-Sauze. Au programme : « Consolider les investissements et projets japonais à Lyon » et célébrer le 60e anniversaire du jumelage de la ville avec Yokohama. Ardoise de la mission : 70 000 euros.  

Surprise, quelques heures avant de monter dans l’avion : les équipes du maire de Lyon ont mis en ligne son site de campagne « Prendre un temps d’avance ». Loin des yeux des Lyonnais, mais pas du cœur donc. Sur la page d’accueil, Gérard Collomb confirme dans un petit mot que c’est bien la Métropole qui est avant tout dans son viseur. Il appelle aussi les internautes à le rejoindre. Et même à candidater ! Vous souhaitez participer aux élections municipales et/ou métropolitaines sur les listes du baron ? Envoyez-lui votre CV ! Prendreuntempsdavance.fr ne précise pas comment sera effectuée la sélection… Enfin, détail qui n’en est pas vraiment un : dans la biographie du candidat, pas un mot sur son passage au ministère de l’Intérieur. Pas un seul. Cachez ce passé de numéro 2 d’un gouvernement devenu impopulaire que je ne saurais voir ?

 


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Derrière les murs du centre de rétention de Saint-Exupéry

Les portes se sont entrouvertes. Le temps d'une visite de l’eurodéputée Sylvie Guillaume (PS), le journal Libération a pu pénétrer à l’intérieur du centre de rétention administrative de Lyon Saint-Exupéry. Comme nous le documentions dans un précédent article de Mediacités, cet ancien hôtel Formule 1 où sont enfermés les migrants en attente d'expulsion est au bord de l’implosion. En cause : la saturation du centre, l'hygiène déplorable des lieux, les tensions entre détenus ou avec la police aux frontières. Libération décrit ainsi les chambres occupées par quatre personnes au lieu des deux prévues, les murs touchés par la moisissure et les « bagarres interethniques ». 

« La promiscuité atteint des niveaux très élevés, on a des gens de plus en plus désespérés, qui n’ont plus grand-chose à perdre », alerte Elodie Jallais, coordinatrice de Forum réfugiés au CRA de Lyon, interrogée par Libération. « J’avais déjà vu un bâtiment dégradé, mais pas une tension aussi forte. Les conditions se sont aggravées », abonde Sylvie Guillaume après sa visite. Il faut dire que la loi Collomb sur l’asile et l’immigration, qui allonge la durée maximale de rétention de 45 à 90 jours, n'a fait que renforcer l’engorgement du centre. Entre 2017 et 2018, le nombre de retenus a augmenté de plus de 7% tandis que les « éloignements » (les expulsions) diminuaient de 9%. 

https://www.mediacites.fr/lyon/enquete-lyon/2019/05/01/en-attente-dexpulsion-a-lyon-saint-exupery%E2%80%AF%E2%80%AF%E2%80%AFon-nous-traite-comme-des-criminels%E2%80%AF%E2%80%AF/