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Hôpital : les internes lyonnais travaillent (beaucoup) trop

Encore en formation, déjà en burn-out. Les internes des hôpitaux de la région sont essorés. Le Syndicat autonome des internes des hôpitaux de Lyon (SAIHL) vient de publier une étude sur leurs conditions de travail : 330 d’entre eux ont répondu à un formulaire entre mars et avril 2019. Principal enseignement : les trois-quarts (76%) déclarent travailler plus de 48 heures par semaine, pourtant le maximum réglementaire. Et pas question non plus de s'accorder du répit après une garde de nuit : 80% des internes interrogés affirment ne pas bénéficier du temps de repos légal après une astreinte. Conséquence de cette surexploitation : 60% affirment ne pas disposer de leur temps de formation théorique de deux demi-journées par semaine. 

L’étude pointe en particulier les conditions de travail des internes des Hospices civils de Lyon, le plus gros centre hospitalier de la région. Le rythme y est encore plus soutenu, puisque 41% des internes travaillent plus de 60 heures par semaine. Pour 8% d’entre eux, le temps de travail dépasse même les 72 heures par semaine ! 

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Selon le SAIHL, la situation est d’autant plus intolérable que la direction des HCL vient d’annoncer un excédent de plus de 5 millions d’euros en 2018. Un bénéfice atteint notamment grâce à « la maîtrise des charges salariales », censé être réinvesti pour « améliorer les conditions de travail et de prise en charge », se réjouissait Catherine Geindre, la directrice des HCL. Une politique de rigueur budgétaire déjà documentée par Mediacités. « Cette réalité strictement budgétaire et comptable masque totalement les conditions dans lesquelles ces excédents se font », estime le syndicat, pour qui les internes sont utilisés pour faire des économies « du fait de leur faible coût et d’une négligence généralisée de leurs droits prévus par les normes européennes et françaises ».

La situation lyonnaise est similaire à celle des hôpitaux de Paris, où les trois-quarts des internes travaillent également plus de 48 heures par semaine, comme le révélait une étude interne de l’AFP il y a une semaine. « L’hôpital coule et il entraîne ses internes avec lui », titrait récemment Slate, qui consacrait un long article au sujet. Comme le rappelle le SAIHL, les internes sont deux fois plus sujets à des troubles psycho-sociaux (dépression, anxiété) et quatre fois plus touchés par des pensées suicidaires que la moyenne des Français. Le 2 mai dernier, une interne parisienne a ainsi mis fin à ses jours après un stage au service gastro-entérologie de l’hôpital Lyon-Sud, réputé comme particulièrement éprouvant.


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Européennes : la Métropole coupée en deux

Au lendemain du scrutin européen, l’heure est aux comptes politiques dans la Métropole de Lyon. Incontestablement, La République en Marche est le grand gagnant de l’élection. Le parti présidentiel arrive en tête dans la majorité des communes de l’agglomération. Une ligne de fracture se dessine cependant au sein du Grand Lyon entre le centre-ville et les communes de l’Ouest lyonnais, majoritairement pro-Macron, et les communes de l’Est qui ont placé le Rassemblement national en première place. Le parti de Marine Le Pen engrange des succès à Vaulx-en-Velin, Décines-Charpieu, Vénissieux ou Saint-Priest. Il cumule même plus de 28% des voix à Givors, quinze points devant LREM.

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Place forte de la Macronie, la ville de Lyon a logiquement conduit les marcheurs en tête des suffrages, à 28,7%, soit plus de six points au-dessus de la moyenne nationale. Europe Ecologie – Les Verts réalise également de très bons scores, en captant 20,9% des voix. Le parti écologiste se place ainsi comme le second parti lyonnais, et frôle même les 30% dans le 1er arrondissement de Nathalie Perrin-Gilbert (alliée pour les prochaines municipales à la France insoumise). La liste de Yannick Jadot dépasse également les 20% à Villeurbanne.

Ces résultats font office de point d’étape à l’approche des prochains scrutins municipaux et surtout métropolitains. Si le RN semble peu à même de prendre la tête du Grand Lyon, La République en Marche est avertie : alors que la bataille entre David Kimelfeld et Gérard Collomb fait toujours rage, le parti devra aussi composer avec une gauche écologiste renforcée. Le président de la Métropole l’a bien compris, en se félicitant dès dimanche soir du bon score d’EELV, « un tournant, qui montre que l’écologie doit être au cœur de nos politiques publiques », a déclaré David Kimelfeld. Un appel du pied peu discret, alors que les enjeux environnementaux, comme le débat sur « l’Anneau des sciences » (le périphérique ouest de Lyon) s’annoncent déjà comme des sujets majeurs de la future campagne.


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Du Progrès à Etienne Blanc

dessin presse pêcheUn de plus ! C’est l’hebdomadaire spécialisé InterMédia qui le relevait la semaine dernière : jusqu’alors directeur délégué du Progrès chargé des partenariats, Jean-Claude Lasalle a été recruté par le candidat LR à la ville de Lyon Etienne Blanc. Sa mission : trouver des soutiens financiers pour celui qui est actuellement vice-président de la région Auvergne-Rhône-Alpes.

Ce n’est pas le premier homme de presse lyonnais à effectuer le grand saut dans le bain politique. En juin 2017, Mediacités avait documenté cette tradition locale problématique, qui mine la confiance du public dans les médias. Nous avions alors recensé pas moins d’une trentaine de journalistes de la place lyonnaise débauchés par des élus ou collectivités depuis les années 2000.

 Avant Jean-Claude Lasalle, Geoffrey Mercier, autre transfuge du Progrès avait rejoint le cabinet du président de la région Laurent Wauquiez. « J’ai un réseau économique important, qui va de la start-up au grand groupe. C’est ce que je vais apporter dans la campagne d’Etienne Blanc », confie à Rue89Lyon le nouveau collaborateur du candidat. Et brouiller un peu plus l’image des rapports qu’entretiennent presse et politique...


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Rhônexpress versus bus du Sytral

planche bidule transport sérieuxLe tribunal administratif de Lyon s'est penché, ce lundi, sur l'épineux dossier du Rhônexpress. Le concessionnaire de la liaison entre Lyon et son aéroport (un consortium formé de Vinci, Transdev et de la Caisse des dépôts et consignations) réclame 2,1 millions d’euros d’indemnisation au Sytral. Il pourrait ne pas en toucher un centime... Le litige commence en 2015 quand le syndicat des transports en commun de l'agglomération lyonnaise met en place deux nouvelles lignes de bus, la 29 et la 30, qui permettent de desservir l’aéroport Saint-Exupéry pour le prix d’un ticket TCL, soit 1,80 euros. Cette disposition, qui ne restera en vigueur que quelques mois, a-t-elle contrevenu au contrat du tramway bordeaux qui interdit toute concurrence de la part de son autorité de tutelle ? Rhônexpress en est persuadé et saisit le tribunal administratif. La somme de 2,1 millions d'euros de dédommagement correspondrait, selon le concessionnaire, à un préjudice de 156 459 voyages perdus et aux frais d'expertise.

Concurrence ? Absolument pas, selon Joël Arnould, le rapporteur du tribunal administratif, cité par Tribune de Lyon. « Au vu de la durée plus longue et la moindre fiabilité de ces lignes, nous ne pensons pas qu’elles étaient directement concurrentes de Rhônexpress », estime-t-il. L'affaire a été mise en délibéré. Les recommandations du rapporteur sont en tout cas un nouveau coup dur pour Rhônexpress, régulièrement sous le feu des critiques pour la hausse du prix de ses billets – 16,30 euros en 2019, soit 20% de plus que le prix initial en 2010. Cette nouvelle pèsera aussi sur les négociations ouvertes depuis plus d’un mois entre le Sytral et Rhônexpress pour modifier le contrat d’exploitation. Les discussions portent notamment sur une baisse des tarifs, une meilleur dessert de l’Est de Lyon et sur des solutions alternatives concurrentes à la liaison – très onéreuse – du centre-ville de Lyon à l’aéroport.


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Post-scriptum : Forum réfugiés réagit à notre enquête

Un communiqué de presse plutôt qu’une interview. Le 15 mai dernier, nous avions publié une enquête sur l’évaluation des jeunes migrants du Grand Lyon assurée par Forum réfugiés. Jeudi dernier, l’association – dont le directeur, Jean-François Ploquin, avait refusé de répondre à nos questions – a diffusé auprès des journalistes le bilan de cette mission (réalisée dans le cadre d’un marché public de la Métropole), un an et quelques après son démarrage. Une communication directement liée à notre publication, selon une source interne.

Forum réfugiés confirme que, faute de places en aval de son centre d’hébergement, de nombreuses évaluations – la majorité même – sont menées lors d’entretiens ponctuels et non sur cinq jours comme le prévoit le dispositif. Du 10 avril 2018 au 30 avril 2019, 1587 jeunes ont été évalués par Forum réfugiés mais seuls 565 jeunes ont été hébergés au centre. « L’évaluation s’inscrit dans un contexte qui ne permet pas le regard plus complet qu’apporteraient les membres de la communauté éducative durant un hébergement de cinq jours. Pleinement conscient de cette situation, Forum réfugiés assume pourtant cette situation », écrit l’association, notamment pour ne pas retarder la potentielle prise en charge des jeunes qui se présentent à elle.

Le communiqué confirme aussi la tendance à la baisse du nombre d’évaluations concluant à la minorité du migrant (et ouvrant potentiellement l'accès à l’Aide sociale à l’enfance) : 54% en moyenne en 2018, 47% au premier trimestre 2019. Comme nous l’écrivions enfin, la capacité du centre d’hébergement, situé dans les pentes de la Croix-Rousse sera « très prochainement » augmentée, de 25 à 31 places.   

https://www.mediacites.fr/lyon/enquete-lyon/2019/05/15/trier-les-jeunes-migrants-du-grand-lyon-la-mission-decriee-de-forum-refugies/