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Laurent Wauquiez : traversée du désert entre Alpes et Massif central

« Il sera là tout le temps, beaucoup plus présent et beaucoup plus actif », prédit son premier vice-président Etienne Blanc sur France 3. Depuis l’annonce de sa démission de la tête des Républicains, dimanche soir sur TF1, Laurent Wauquiez n’est plus « que » président de la région Auvergne-Rhône-Alpes. « Je me suis toujours construit par le terrain. (…) Qu’est-ce que je vais faire ? Je vais juste me consacrer à me battre pour ces habitants qui m’ont fait confiance. Tout simplement. Et sans doute que ça me fera du bien », a déclaré l’ex-patron de la droite, acculé par les siens à remettre son tablier, suite à la débâcle de son parti aux élections européennes (8,5%). « "Prendre du recul" et se consacrer à ses mandats locaux, une formule consacrée chez les politiques qui n’ont renoncé à aucune ambition », commente le quotidien Le Monde qui fait le calcul : l’ancien maire du Puy-en-Velay se sera maintenu à la présidence du parti pendant « un an, cinq mois et vingt-trois jours ».

Laurent Wauquiez TF1
Laurent Wauquiez, dimanche soir, sur TF1. Image : Capture d'écran TF1.

La traversée du désert de Laurent Wauquiez se fera donc entre les Alpes et le Massif central. Outre la présence accrue du boss, Etienne Blanc s’attend à une autre évolution : « La Région était très marquée par l’image des Républicains. Donc c’est un changement profond. On aura plus de liberté, plus d’indépendance dans le raisonnement, dans les projets, plus de distance vis-à-vis des problèmes parisiens ». L’opposant régional Jean-François Debat (socialiste) accorde, sur Twitter, « un certain panache » à la démission de Laurent Wauquiez. « Une décision un peu tardive », tacle en revanche, dans Le Progrès, l’élu RN Christophe Boudot.

Dans quelle mesure pèsera-t-elle à l’échelle de la Métropole de Lyon ? LR traîne à trancher entre le sénateur François-Noël Buffet et le maire de Rillieux-la-Pape Alexandre Vincendet, tous deux candidats à l’investiture pour briguer la présidence du Grand Lyon l’an prochain. Le deuxième ne tarissait pas d’éloge à l’endroit de l’ex-patron de son parti – «  Il représente un saut générationnel et assume d’être de droite », approuvait Alexandre Vincendet en octobre 2017 dans nos colonnes. Il tient désormais à marquer sa différence. « La droite se fourvoie sur un créneau ultraconservateur », critique-t-il, dans une interview à Lyon Capitale, en appelant « la famille gaulliste à redevenir un parti de gouvernement ». Selon que vous serez puissant ou misérable…


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Budget : quand Darmanin sauva la mise à Collomb

Les faits datent de 2018, mais ils ont été récemment rendus publics dans une note de la Cour des comptes, comme le raconte La Lettre A. Alors ministre de l’Intérieur Gérard Collomb présente un budget pour le personnel de la police nationale déficitaire de 61 millions d’euros. Problème : le contrôleur général économique et financier de la place Beauvau refuse d’avaliser les dépenses prévues. « Sa décision a d'autant plus embarrassé Gérard Collomb qu'elle bloquait l'ouverture des concours de gardiens de la paix et des nouveaux recrutements annoncés par Emmanuel Macron », écrit La Lettre A. Le ministre du Budget Gérald Darmanin lève finalement le blocage en endossant la responsabilité de « ce budget bancal ». Et dire qu’après l’élection présidentielle, certains commentateurs imaginait le maire de Lyon nommé à Bercy…            


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Les « ripoux de Vénissieux » devant la justice

C’est l’histoire d’un scandale qui est bien parti pour faire pschitt. Présenté à ses début en 2012 comme une nouvelle « affaire Neyret », le dossier dit des « ripoux de Vénissieux » est jugé depuis lundi et jusqu'au 14 juin au tribunal correctionnel de Lyon. Sept policiers sont poursuivis pour avoir entretenu des liens avec une famille de Vénissieux, sur fond de trafic de stupéfiants. Il leur est notamment reproché d’avoir transmis des informations confidentielles aux frères de deux Vénissians recherchés pour trafic de stupéfiants, en échange de réductions dans le magasin d’électroménager tenu par l’un des deux frères, de pizzas ou de l’utilisation d’une Porsche. Des contreparties sensées accréditer la thèse d’un « pacte de corruption », selon les magistrats instructeurs.

Mais, sept ans après ses débuts fracassants, l’affaire s’est peu à peu dégonflée. L’un des indics à l’origine des révélations aurait ainsi été incité par un officier à témoigner contre un des policiers mis en cause, laissant planer le doute d’un règlement de compte entre collègues, comme le décrit Lyon Capitale dans son édition de juin. Signe de la faiblesse du dossier, le parquet demandait même, dans son réquisitoire rendu en juin 2018, l’abandon des charges de corruption pesant contre l’ensemble des policiers sauf un, en les requalifiant en violation du secret professionnel. Des charges finalement maintenues par le juge d’instruction en novembre dernier. Dans ce procès, les prévenus sont défendus par des ténors du barreau lyonnais comme Jean-Félix Luciani (qui a récemment défendu le cardinal Barbarin) ou Paul Richard Zelmati (connu des lecteurs de Mediacités comme avocat de Jean-Christophe Larose ou de Gérard Collomb).


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Kim versus Collomb : concours photos

Nous vous avons raconté, la semaine dernière, comment le duel entre David Kimelfeld et Gérard Collomb – tous deux prétendants au trône du Grand Lyon pour après 2020 – passait aussi par les réseaux sociaux [lire notre enquête « David Kimelfeld, main basse sur la Collombie »]. En matière de communication électoraliste, ces derniers jours ont fourni quelques morceaux d’anthologie… Côté Kim, une visite à la SPA de Lyon, le 29 mai, donne lieu à un cliché diffusé sur Twitter, émoticônes à l’appui, à faire craquer tous les amateurs de toutous : le président de la Métropole effleurant le museau d’un chiot à travers des barreaux. Après tout, le Parti animaliste n’a-t-il pas récolté presqu’autant de voix aux élections européennes que les communistes ou que les centristes de l’UDI ?

Ce dimanche 2 juin, place à la Convergence vélo. L’occasion pour un patron du Grand Lyon en goguette et en campagne d’enfourcher sa bicyclette sous le cagnard et les objectifs des réseaux sociaux, de s’essayer au triporteur ou encore de poser aux côtés d’un chien à paillettes bleues. Définitivement cabot, Kim ?

Côté « Gégé », le week-end fut mis à profit pour faire une virée au « #closingday » des Nuits Sonores. Et une photo, très commentée, près des platines avec DJs.

Résultat des courses ? Le maire de Lyon sans cravate entouré de trois femmes au moins deux fois plus jeunes que lui provoque sept fois plus de retweets qu’un président qui caresse des chiens. Si on ne peut même plus compter sur les animaux…   


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Post-scriptum : pas un mais deux arrondissements verts aux européennes

bidule elections EUROPEEuropéennes suite. Les résultats définitifs du scrutin du 26 mai (proclamés le 29) ont été publiés sur le site du ministère de l’Intérieur et ils comportent une petite surprise lyonnaise : EELV arrive finalement en tête dans le 7e arrondissement. Les écolos devancent de 90 voix la liste de La République en marche (LREM) avec 5215 bulletins, soit 24,79% des suffrages exprimés. Ce n’est donc pas un mais deux arrondissements – avec le 1er – que le parti de Yannick Jadot remporte dans « le berceau de la Macronie ». De quoi placer un peu plus le parti vert en position de force à la veille des élections municipales et métropolitaines de 2020…