Bidule_carre_512pxLa carrière météorite de Caroline Collomb

Elections 2020Exit Caroline Collomb. Ce lundi 1er juillet, le bureau exécutif de La République en marche (LREM) a évincé la femme du maire de Lyon de la tête du mouvement dans le Rhône, comme l'a révélé Le Figaro. Depuis octobre 2017, celle qui est magistrate au tribunal administratif de Paris occupait le poste de « référente » départementale. Une nomination (comme le prévoient les statuts de LREM) qui a fait grincer des dents dès le départ – soupçon de népotisme de la part de son mari, alors ministre de l’Intérieur, oblige. Au fil des mois, les critiques à son encontre allaient crescendo en interne : « autoritarisme », « fonctionnement très vertical », « prise en main du parti antidémocratique » [relire notre enquête « Mal-aimée, décriée, Caroline Collomb s’incruste dans le paysage lyonnais »]… Jusqu’au clash, en février dernier, provoqué par la démission de Jimmy Brumant, ancien responsable départemental des Jeunes avec Macron. Dans un courrier incendiaire, il dénonçait « les dérives autoritaires et l’opacité de l’action de la référente ». Plusieurs parlementaires, comme les députés de la majorité Thomas Rudigoz ou Anne Brugnera, lui avaient emboîté le pas, sommant Caroline Collomb de changer ses méthodes.

Pour calmer les esprits, le temps de la campagne des élections européennes, elle s’était mise « en retrait » de la conduite du parti. Officiellement, son emploi de magistrate exigeait qu’elle respecte un devoir de réserve en période électorale. Ce « retrait » provisoire est donc devenu définitif. Invité du Grand rendez-vous d’Europe 1, Les Echos et CNews, dimanche dernier, Gérard Collomb avait ouvert la porte à cette décision : « Elle est tout à fait disposée à se retirer, le problème existentiel de sa vie, ce n’est pas d’être référente de La République en marche ». Le limogeage de Caroline Collomb intervient dans le contexte hyper-tendu de la rivalité entre le maire de Lyon et son ancien dauphin David Kimelfeld, en vue des élections locales de 2020. L’un comme l’autre en appellent à l’arbitrage d’Emmanuel Macron. Mais pas sûr que « le sacrifice » de sa femme suffise pour Gérard Collomb à retrouver les bonnes grâces du président de la République.

Collomb Grand RDV
Dimanche dernier, Gérard Collomb avait laissé entendre que sa femme pouvait se retirer. Capture d'écran CNews.

Pour son épouse, l’épisode sonne comme un écho. En 2015, déjà, elle avait mis un terme à ses ambitions politiques : sa candidature sur les listes de Jean-Jack Queyranne pour les élections régionales avait provoqué un psychodrame. Evincée de la course à l’époque, elle avait très tôt – avant même son mari – pris fait et cause pour Emmanuel Macron (à l’automne 2015, en tant que responsable au sein de la fédération du Parti socialiste, elle avait fait venir celui qui était encore ministre de l’Economie pour une rencontre avec des militants). « Elle a bien sûr le droit d’avoir une vie politique, mais son nom gêne son envol », analysait le patron du PS du Rhône Yann Crombecque dans Mediacités, il y a quelques mois. Le nom du remplaçant de Caroline Collomb à la tête de LREM dans le Rhône n’est pas encore connu.


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Enquête sur la campagne de Macron : la liste des invités

Bientôt du nouveau dans l’enquête sur la campagne d’Emmanuel Macron ? L’an dernier, en juin 2018, les élus LR de la ville de Lyon et de la Métropole déposaient une plainte contre X pour une possible utilisation illégale des moyens de leurs collectivités (alors toutes deux dirigées par Gérard Collomb) au profit de celui qui se préparait à briguer l’Elysée. Dans leur viseur, entre autres : une réception d’un millier de personnes organisée le 2 juin 2016, dans les salons de l’hôtel-de-ville, avec Emmanuel Macron, alors au gouvernement. Mais était-ce le ministre ou le candidat qui s’exprimait ce jour-là devant un parterre d’élus et de chefs d’entreprise ? Le parquet de Lyon qui a ouvert une enquête préliminaire se penche sur la question. Mais ce n’est pas de ce côté que devraient arriver les premiers éléments de réponse…

Comme le révèle Le Progrès dans son édition de ce lundi 1er juillet, l’ancien conseiller municipal LR de Caluire-et-Cuire Eric Forquin veut forcer la mairie à rendre public la liste des invités au vrai-faux meeting. Devant un premier refus de la ville, cet empêcheur de tourner en rond a saisi la Commission d’accès aux documents administratifs (Cada). Celle-ci a considéré, le mois dernier, que la liste pouvait lui être communiquée à condition de masquer les adresses personnelles des invités. Fort de cet avis, Eric Forquin a réitéré sa demande à la ville de Lyon. Sans succès pour l’instant. Au Progrès, il confie qu’il saisira le tribunal administratif, s’il le faut, pour forcer la main à la mairie. Ou quand une action citoyenne va plus vite que la justice.  


Bidule_carre_512pxWauquiez contraint de retirer une subvention à SOS Chrétiens d'Orient

Le chèque était presque signé. La majorité de Laurent Wauquiez au conseil régional a finalement retiré au dernier moment une subvention de 22 000 euros qui devait être attribuée vendredi en commission permenante à l’ONG SOS Chrétiens d’Orient, indique Lyon Capitale qui a repéré l’information. Un rétropédalage dû à la montée au créneau des élus de l’opposition socialiste et écologiste, qui ont pointé les liens de l’association avec l’extrême-droite, forçant l’exécutif à reporter ce vote.

Créée pour venir en aide aux chrétiens victimes de l’Etat islamique et de la guerre civile syrienne, l’ONG est en effet présidée par l’ancien assistant parlementaire du député de la Ligue du Sud Jacques Bompard. Plusieurs enquêtes réalisées par Buzzfeed ou Le Monde ont aussi mis en évidence sa proximité avec la droite radicale et identitaire. De quoi jeter un doute sur son agenda politique, perçu par ses détracteurs comme une forme de « hiérarchisation des victimes », favorisant les chrétiens au détriment des musulmans, comme le relevait Libération. Un positionnement dénoncé au sein même de l’Eglise par Mgr Pascal Gollnisch, frère de Bruno Gollnisch et directeur de l’Oeuvre d’Orient.  

Pour Laurent Wauquiez, l’épisode est un revers sur une thématique qui lui est chère. Le président de la région Auvergne-Rhône-Alpes s’est érigé de longue date en héros de l’aide aux chrétiens d’orient, via une enveloppe dédiée de 350 000 euros en 2018, versée entre autres aux fondations Mérieux ou Saint-Irénée.  Un engagement électoral autant qu’humanitaire pour l'ancien patron des Républicains, qui n’a de cesse de louer les « racines chrétiennes » de la France. Laurent Wauquiez ne lésine d’ailleurs pas sur la communication. En avril dernier, sa collectivité avait ainsi fait appel au journaliste Bernard de la Villardière pour animer une journée consacrée au sujet, comme l’avait révélé Mediacités. De quoi mettre en avant la générosité de l’ancien patron des Républicains. Charité bien ordonnée commence par soi-même.  


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Handicaps et métro : le Sytral, bon élève

Votre métro est-il fauteuil friendly ? Le journal en ligne Street Press a passé au « crash-test » l’accessibilité aux personnes à mobilité réduite des six réseaux de métro français. Résultat, avec 41 stations sur 42 équipées d’ascenseurs, Lyon se classe deuxième, derrière Rennes (une ligne de métro de 15 stations, toutes accessibles en fauteuil roulant). Très mauvais élèves : Marseille (4 stations sur 28) et Paris (9 sur 303). Sur les lignes du Sytral, le syndicat des transports en commun de l’agglomération lyonnaise, « de nombreux efforts ont été faits pour adapter les transports aux différents handicaps : ascenseurs sonorisés, boutons en relief et en braille… », souligne l’auteure de l’enquête.

Seul point noir : la station Croix-Paquet, sur la ligne C, au milieu des pentes de la Croix-Rousse. La configuration du lieu ne permettrait aucun aménagement, d’après le Sytral. Street Press note enfin que tous les bus du réseau ont un plancher bas avec palettes rétractables, et des portes plus larges : « Toutefois, seuls 70 % des arrêts de bus sont équipés pour les usagers en fauteuil roulant ».

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Métro lyonnais, station Bellecour. Photo : NB/Mediacités.


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Les juteux conseils de BFM Lyon

La délibération a été relevée par le twittos toniolibero. Ce lundi 1er juillet, le conseil municipal de Lyon a voté un avenant à la convention concernant les retransmissions de ses séances. Jusqu’à présent, c’est TLM qui se charge de filmer et de diffuser les échanges. Mais dès août prochain, la télévision lyonnaise change de couleurs pour devenir « BFM Lyon », après son rachat par le groupe de la chaîne d’info en continu.

D’où cette délibération. On y apprend que la ville revoit légèrement à la baisse les prix, du fait « des optimisations de coûts liés à des techniques de captation et de matériel plus modernes ». La collectivité déboursera néanmoins 10 750 euros hors taxes pour un conseil de trois heures,  12 750 euros pour un conseil de quatre heures. Toute heure supplémentaire étant facturée 1000 euros. A raison de huit à neuf conseils municipaux par an ces dernières années, la note s’élèvera à au moins une centaine de milliers d’euros annuels. C’est toujours moitié moins que ce que la Métropole projette « d’investir » dans BFM Lyon. Comme nous le racontions dans L’œil de Mediacités du 7 mai dernier, la collectivité présidée par David Kimelfeld négocie avec le groupe télévisuel pour qu’il baptise sa déclinaison « BFM Lyon Métropole » en échange de près de 200 000 euros d’achats publicitaires par an, sur trois ans. BFM s'attire la générosité de Kim comme de Collomb. Un tour de force vu le climat politique local !