Bidule_carre_512pxClimat : un procès-tribune pour les décrocheurs du portrait de Macron

Pour les écologistes, la rentrée a commencé au palais de justice. Lundi 2 septembre, Fanny Delahalle et Pierre Goinvic, deux militants d’Action non-violente-COP21, comparaissaient devant le tribunal correctionnel de Lyon pour « vol en réunion ». Leur délit : avoir décroché, le 21 février dernier, le portrait officiel d’Emmanuel Macron dans la mairie du 2e arrondissement pour protester contre son inaction face au réchauffement climatique.

Dès le matin, près de 250 militants se sont installés place Guichard, transformant l’audience en un « forum citoyen », à grand renfort de pancartes, ateliers, fanfares et slogans. Le procès a également offert une tribune aux écologistes. Deux personnalités étaient en effet appelées à témoigner par la défense. Wolfgang Cramer, directeur de recherche au CNRS et contributeur au Giec, et l’ancienne ministre Cécile Duflot, aujourd’hui directrice d’Oxfam-France. Cette dernière a pointé la « responsabilité » du gouvernement français, dans son échec à protéger les Français du réchauffement climatique. « Je sais la capacité d’action d’un gouvernement, pour l’avoir vu de près, et je peux vous dire qu’il ne s’agit pas d’une incapacité mais d’un manque de volonté politique », a -t-elle déclaré, comme le rapporte Libération qui a assisté à l’audience.

Le décrochage de la mairie du 2e arrondissement de Lyon, réalisé le même jour qu’à Paris, Biarritz et Ustaritz, avait marqué le début d’une campagne nationale. Au total, 128 photos du président de la République ont été dérobées depuis février. Des actions fortement réprimées, puisqu’elles ont occasionné 94 garde-à-vue, 74 perquisitions, 57 convocations dans 17 procès, listent les militants. A noter qu’aucun portrait n’a été retrouvé lors des perquisitions.

L’opération « Décrochons Macron » avait pour objectif de rassembler 125 portraits, soit le nombre de jours que met la France pour dépasser son empreinte écologique, afin de « laisser un mur aussi vide que l’est la politique climatique et sociale du gouvernement ». Des portraits ressortis fin août lors du G7 de Biarritz, « pour dénoncer l’écart entre les beaux discours d’Emmanuel Macron et ses actes », comme le précise l’association ANV-COP21 sur son site.

Le parquet de Lyon a requis 500 euros d’amende à l’encontre des deux militants, le délibéré sera rendu le 16 septembre. D’ici là, d’autres procès similaires devraient donner lieu aux mêmes manifestations. Le 11 septembre, huit activistes et le Youtuber lyonnais Vincent Verzat de la chaîne « Partager c’est sympa » seront à leur tour jugés à Paris.


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Laurent Wauquiez, calfeutré au mont Mézenc

Coucou, le revoilà ! En cure d’abstinence médiatique depuis sa démission de la présidence des Républicains (suite au très mauvais résultat obtenu par son parti aux élections européennes), Laurent Wauquiez a sacrifié à sa traditionnelle ascension du mont Mézenc, dans son fief de Haute-Loire. Le rendez-vous marque chaque année, depuis 2012, la rentrée politique du président de la région Auvergne-Rhône-Alpes. Rentrée en apparence modeste cette fois-ci avec quelques 250 militants présents contre plus de 1500 un an auparavant. Pas de grand banquet sous chapiteau comme d’habitude, relève L’Eveil de la Haute-Loire, mais un discours en petit comité, à la salle polyvalente du village des Estables, aux « ouvertures calfeutrés pour prévenir toute fuite envers la presse gardée à distance », raconte le journal.

Pas besoin de prendre la parole devant les caméras pour faire parler… En pro de la com’, Laurent Wauquiez est apparu barbu. Un changement de look aussitôt décortiqué comme un message politique. Celui d’un responsable politique qui met en scène son retrait (temporaire ?) de la scène politique nationale. Rien de très original ceci dit. Paris Match s’est amusé à lister les élus qui se sont laissé pousser le poil au menton après une déconvenue : François Fillon, quelques mois après l’élection présidentielle, Manuel Valls, après la primaire socialiste, ou encore – preuve que la tactique est ancienne – Philippe Séguin, en 2001, qui avait échoué à conquérir l’hôtel de ville de Paris. Sans barbe, une traversée du désert ne serait pas tout à fait réussie...


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Taxe sur les ordures : le feuilleton continue

Nouvelle victoire pour Canol. La cour administrative d’appel de Lyon vient de donner raison à l’association de défense des contribuables dans son bras de fer avec la Métropole au sujet de la taxe d’enlèvement des ordures ménagères (Teom). Le feuilleton dure depuis des années : Canol conteste les taux appliqués par la collectivité. Dans un communiqué diffusé en début de semaine, son président Charles Rossi considère que de 2008 à 2018, « c’est 437 millions d’euros que le Grand Lyon a prélevé en trop aux contribuables ».

En octobre 2017, l’association avait obtenu devant la justice administrative l’annulation des taux votés en 2015 et 2016. Conséquence, la Métropole se retrouvait dans l’obligation de rembourser les particuliers et les entreprises qui entamaient des procédures. Elle a donc essayé de faire casser en appel la décision. En vain. L’affaire pourrait se poursuivre devant le conseil d’Etat. « Nous devons étudier ces décisions et leurs motivations avant de nous déterminer sur le sujet », temporisait hier, dans Le Progrès, le Grand Lyon. Quoi qu’il en soit, la justice n’a pas fini de se pencher sur les subsides que versent les habitants de la métropole pour le ramassage de leurs ordures : Canol conteste également devant les tribunaux des taux de la Teom de 2017, 2018 et 2019.

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Pendant la grève du ramassage des ordures en avril dernier. Photo : NB/Mediacités.


Bidule_carre_512pxQuand Valls voulait Collomb à Bercy…

C’est une anecdote glanée auprès de Manuel Valls par les journalistes du Monde Gérard Davet et Fabrice Lhomme dans le cadre d’une série d’articles consacrée aux « trahisons » qui ont émaillé le quinquennat de François Hollande. Avec le recul, elle se révèle particulièrement savoureuse… En août 2014, Arnaud Montebourg quitte avec perte et fracas le ministère de l’Economie après s’être moqué du président Hollande en lui réservant une bouteille de « sa cuvée du redressement ». Pour le remplacer, le Premier ministre de l’époque propose dans un premier temps Louis Gallois (ancien directeur d’Airbus, entre autres) ou Pascal Lamy (ex-directeur de l’Organisation mondiale du commerce). Problème : le premier, en Chine, est injoignable ; le second écarté car « trop estampillé commerce international ».

Manuel Valls pousse ensuite le nom du maire de Lyon. Jamais nommé au gouvernement car réputé incontrôlable par ses amis socialistes, Gérard Collomb rêve alors de connaître enfin un destin national. « Hollande refuse. Trop à droite, argue-t-il », écrivent les journalistes du Monde. Le suivant sur la liste de Manuel Valls s’appelle Emmanuel Macron. Le président de la République accepte « avec réticence » de nommer l’ancien secrétaire général adjoint de l’Elysée à Bercy. C’est la première marche d’une ascension politique express. Et il s’en est fallu de peu pour que Gérard Collomb, futur macroniste de la première heure, y fasse, sans le savoir, obstacle.    


Bidule_carre_512pxPost-scriptum : Kotarac, de Damas à Bruxelles

Il a bien serré la main de Bachar el-Assad. Dans l’Œil de la semaine dernière, nous vous parlions du voyage d’Andrea Kotarac en Syrie, avec une délégation du Rassemblement national (RN, ex-Front national). L’ancien élu régional de la France insoumise qui avait appelé à voter pour le parti de Marine Le Pen aux élections européennes accompagnait, à Damas, trois députés européens du RN. La petite troupe a été reçue pendant deux heures par le président syrien, responsable d’exactions contre son peuple depuis le début de la guerre civile en 2011.

Andrea Kotarac aura l’occasion de recroiser ses compagnons de voyage… Ce lundi, il a pris ses quartiers à Bruxelles. L’ex-soutien de Jean-Luc Mélenchon vient d’être recruté comme assistant parlementaire de l’eurodéputé RN Hervé Juvin, « souvent décrit comme l’éminence grise de Marine Le Pen », selon L’Opinion. Un recasage en bonne et due forme pour le transfuge qui, pendant l’été, après sa démission du conseil régional d’Auvergne-Rhône-Alpes, confiait à France info, qu’il entendait se consacrer à ses études d’avocat. Défense de rire.