Bidule_carre_512pxMunicipales : et maintenant Képé !

Elections 2020Il ne manquait plus que lui. Ce lundi, Georges Képénékian s’est déclaré candidat à la mairie de Lyon. Le premier adjoint de Gérard Collomb connaît le poste : c’est lui qui a joué « l’intéri-maire » entre 2017 et 2018, quand le baron était ministre de l’Intérieur. Sauf qu’entre les deux hommes, tout a changé depuis. « Képé » se lance sans l’aval du maire de Lyon – « resté sans voix », selon Le Progrès – ou plutôt contre lui. L’ancien chirurgien soutient David Kimelfeld, le président sortant du Grand Lyon, en guerre contre Gérard Collomb pour l’autre scrutin de mars 2020, l’élection métropolitaine.  Il ne sollicitera pas l’investiture de La République en marche (LREM). « Nous arrivons à la fin d’un cycle de 20 ans, déclare-t-il dans Tribune de Lyon. Je crois qu’il faut aujourd’hui proposer quelque chose de nouveau. » Pour mémoire, Georges Képénékian, 70 ans, n’est dans les bagages de Gérard Collomb (d’abord comme adjoint à la Culture, puis premier adjoint et remplaçant) « que » depuis 11 ans… La moitié du cycle donc.

Avec ce nouveau candidat déclaré, « le berceau de la Macronie » qu’est Lyon se transforme chaque jour un peu plus en pétaudière. Hier, mardi 14 octobre, les instances parisiennes de LREM ont accordé, sans surprise [lire L’œil de la semaine dernière] l’investiture du parti à Gérard Collomb pour l’élection métropolitaine. Il aura sur sa route son ancien dauphin David Kimelfeld, parti à la bataille en dissident de son parti et ragaillardi par l’entrée en piste de Georges Képénékian. « Je me réjouis de ce choix, qui marque le début d’une grande complicité », a-t-il déclaré. Les deux trublions d’En Marche pourraient faire tribune commune ce mercredi soir pour le meeting du président de la Métropole.

Kepenekian
Georges Képénékian. Capture France 3 Rhône-Alpes.

Dans cet imbroglio, Anne Brugnera est soudain passée au second plan. La députée LREM du Rhône s’est déclarée candidate à l’investiture de son parti pour l’élection municipale lyonnaise. Dans la guerre « Kim » contre Collomb, elle préfère le cadet à l’aîné mais roule avant tout pour elle. Pendant que les frères ennemis de la Macronie se disputaient le trône du Grand Lyon, elle pensait la voie de l’hôtel de ville dégagée. La candidature de Georges Képénékian vient bouleverser ses plans. Contactée ce mardi par Mediacités, Anne Brugnera annonce qu'elle n'a pas l'intention de renoncer : « Georges Képénékian n'est pas candidat à l'investiture LREM, aussi, cela ne change rien à ma candidature à l'investiture ». Invitée hier sur le plateau de France 3 Rhône-Alpes à la mi-journée (avant l’annonce de « Képé »), la députée se qualifiait de « légitimiste » à l’égard de son parti… mais avec un gros bémol. Sera-t-elle candidate si d’aventure elle n’obtient pas l’imprimatur ? « Je verrai à ce moment-là », répond-elle. Une pétaudière, vous dit-on !  


Bidule_carre_512pxMétropolitaine : Collomb fait équipe avec « le petit Balkany » de Jonage

Elections 2020

Avant l’annonce du soutien officiel d’En Marche, Gérard Collomb a rassemblé, samedi dernier, à la Confluence, entre 150 et 200 personnes dans le cadre de son association « Prendre un temps d’avance ». Le Progrès a assisté à cette réunion qui avait des faux airs de préparatifs avant la bataille de la Métropole. Le maire de Lyon a nommé deux directeurs de campagne : le maire de Saint-Germain-au-Mont-D’Or Renaud Georges et son adjointe Modem Fouziya Bouzerda, présidente du Sytral (le syndicat des transports en commun). Ses adjoints Yann Cucherat et Anne-Sophie Condemine, ainsi que le député LREM Jean-Luc Fugit, seront ses porte-parole.

Enfin, le quotidien dévoile plusieurs noms qui s’engageront aux côtés du baron pour cette élection métropolitaine inédite. Certains ne sont pas inconnus des lecteurs de Mediacités : on retrouve ainsi l’élue lyonnaise Carole Burillon, doyenne de la faculté de médecine Lyon Sud et, à ce titre, impliquée dans l’affaire Freyer révélée dans nos colonnes, ou encore le maire de Jonage (ex-LR) Lucien Barge, surnommé par ses détracteurs « le petit Balkany » [lire notre enquête : « A la mairie de Jonage, c’est copinage à tous les étages »], qui apporte son soutien aux candidats de Gérard Collomb dans la circonscription Rhône-Amont.


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Investitures socialistes : grandes manœuvres et bisbilles vénissianes

Elections 2020

Pendant ce temps-là, les socialistes du Rhône ont désigné leurs principaux candidats pour les prochaines municipales. Plusieurs étaient seuls à briguer l’investiture pour leur commune. Sans surprise, Sandrine Runel a été choisie comme tête de liste pour la ville de Lyon, tandis que Cédric Van Styvendael, héritier désigné de Jean-Paul Bret, mènera la bataille de Villeurbanne. D’autres élus sortants tenteront de se maintenir à la tête de leurs villes, comme Jean-Michel Longueval à Bron ou Hélène Geoffroy à Vaulx-en-Velin. Cette dernière devra cependant se trouver de nouveaux alliés, après que le PCF a annoncé son refus de s’assoir à la même table que l’ancienne ministre du gouvernement Valls, comme le note le site Salade Lyonnaise. Hélène Geoffroy pourrait ainsi se tourner vers des membres de La République en marche pour former une nouvelle coalition… avec l’aval de David Kimelfeld, en quête de relais dans la Métropole.

Mais les investitures socialistes dans le Rhône n’ont pas non plus manqué d’épines (de rose). A Vénissieux, l’élection du candidat a été ajournée au dernier moment par le bureau national du PS. Ce dernier espère parvenir à un accord avec le PCF, qui dirige la ville d’une main de fer depuis près de 80 ans (lire nos enquêtes ici, ici ou ). « J’ai rencontré hier le premier secrétaire fédéral du PS qui m’a expliqué les termes du chantage imposé par le PCF : pas de candidature autonome PS à Vénissieux en échange de quoi, il n’y aurait pas de liste PCF à Vaulx-en-Velin », détaille Lotfi Ben Khelifa, opposant à la maire de Vénissieux et candidat à l’investiture, devenu le dindon de la farce. Estimant que « ce n’est pas à Paris de décider pour Vénissieux », le leader des socialistes locaux a donc organisé – et remporté - un scrutin sans l’accord du PS. « L’étape de la désignation du premier des socialistes est désormais derrière nous », estime-t-il dans un communiqué. Pas sûr que le PS soit du même avis…


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Un écolo spécialiste des alliances pour la campagne métropolitaine

Elections 2020Les investitures sont moins mouvementées du côté d’Europe Ecologie – Les Verts. Samedi, les militants ont largement élu (70% des suffrages) Bruno Bernard comme tête de listes pour la campagne métropolitaine. Ce chef d’entreprise de 48 ans, ancien conseiller du Grand Lyon et conseiller municipal de Villeurbanne, formera un trio avec Grégory Doucet, candidat pour la ville de Lyon, et Béatrice Vessiller, investie à Villeurbanne. Objectif : transformer l’essai des élections européennes, qui avaient vu les écologistes réaliser de très bons scores dans l’agglomération. Présent dans les instances nationales d’EELV, Bruno Bernard est chargé des élections et des relations avec les autres partis. Une expérience qui pourrait s’avérer bénéfique pour animer la campagne sur l’ensemble du Grand Lyon et nouer d’éventuelles alliances dans les circonscriptions.


Bidule_carre_512pxEM Lyon : Le Petit Paumé s’égare…

L’EM Lyon est décidément abonnée aux bad buzz : après « les cours apolitiques » du professeur Laurent Wauquiez, après le classement des étudiantes, sur des critères physiques, par leurs camarades masculins, voilà une polémique aux relents racistes. Samedi dernier, sortait le fameux Petit Paumé, guide de bonnes adresses rédigé par les étudiants de l’école de commerce. Très vite, sur les réseaux sociaux, une, puis deux, puis plusieurs critiques de restaurants ou de bars ont été pointées pour des propos au mieux de (très) mauvais goût, au pire, carrément racistes. La plus commentée concerne Ho36, café cosy du 7e arrondissement : « Alors que je fuis une bande de rebeus place Guillotière, je m’engouffre, un peu par hasard à ho36. Bonne pioche ! Des jeunes blancs qui travaillent sur leurs ordis, tout en sirotant un bon café latte », écrivent les étudiants. Cette adresse vietnamienne dans le 2e arrondissement ? « Des bo buns aussi explosifs que les bombes qui tombaient sur Hanoi en 1972 ». Le chef cuisinier Grégory Cuilleron à qui il manque un avant-bras ? « Comme quoi, on peut être manchot sans avoir à faire la manche dans le métro. » Etc, etc.

Devant la polémique, le directeur général de l’EM Tawhid Chtioui s’est désolidarisé des équipes du Petit Paumé : « J’oscille entre indignation, colère et grande tristesse ». Le boss de l’école a réclamé un conseil de discipline et le retrait des passages incriminés (pour rappel, les exemplaires du cru 2020 sont déjà imprimés...). Tous les élus lyonnais y sont allés de leurs tweets ou communiqués pour condamner les dérapages. La Métropole subventionne à hauteur de 7 500 euros le guide, rappelle 20 Minutes. « Maladresse », plaident les responsables du Petit Paumé qui affirment n’avoir jamais eu l’intention de « discriminer qui que ce soit ». C’est loupé.   


Bidule_carre_512pxQuand l’office de tourisme de Lyon « rend justice » aux flics voyous

L’info a été repérée par un de nos lecteurs. L’office de tourisme de Lyon propose pour « les amateurs de polars » des visites intitulées « Flics et Voyous ». Le principe : parcourir pendant deux heures les rues de la ville en évoquant « autant les anciennes affaires lyonnaises que l’actualité du crime organisé », selon la présentation publiée sur le site « Only Lyon Tourisme ». Sont convoqués, pêle-mêle, le juge Renaud, le commissaire Javilliey ou encore Michel Neyret, « trois destins hélas brisés ! », écrit l’office de tourisme. « Hélas » ? La visite « permet de rendre justice à ces figures de policiers et magistrats aux destins marqués par le drame », promet-on aux touristes. « Rendre justice » ?

Pour mémoire, Charles Javilliey, figure des années 1970 décédé en 2016, a été inculpé pour corruption, condamné en première instance puis relaxé en appel. Le commissaire déchu avait fait de l’infiltration du milieu, notamment dans le proxénétisme, sa spécialité. Au point de confondre indics et amis, en acceptant un séjour dans la villa des tenanciers d’une discothèque de l’Ain. Quant à Michel Neyret, il a été condamné, en appel en 2018, pour corruption et association de malfaiteurs, dans une affaire de trafic de stupéfiants. Mais grâce à l’office de tourisme de Lyon, l’honneur est sauf !