Bidule_carre_512pxElections 2020 : retour sur un sondage

Elections 2020Il en va des sondages comme de la divination : l’essentiel est d’y croire. Et d’en parler surtout. Pour sa réapparition en format papier Lyon Mag aurait pu opter pour le marc de café. Il a finalement choisi de faire appel à Opinion Way, censé nous indiquer les tendances électorales pour les élections de mars 2020 à Lyon et dans la Métropole.

« Qui va gagner ? Le sondage exclusif qui départage Collomb et Kimelfeld », promet le magazine en Une. Fin de l’insoutenable suspens quelques pages plus loin : dans le Grand Lyon, « Gérard Collomb reste le patron, David Kimelfeld n’existe pas ! », résume le journal, peu avare en points d’exclamation. Placés en seconde position derrière le baron dans la course à la Métropole, les écologistes (EELV) de Grégory Doucet se hisseraient même en tête des intentions de vote à la ville de Lyon.  

Qu’importe si les deux sondages ont été réalisés sur une base assez faible (813 personnes pour la Métropole quand les 59 communes qui la composent comptent plus d'1,3 million d'habitants, 405 pour la ville de Lyon sur 515 000 habitants), les chiffres ont fait l’objet de nombreuses reprises et d’intenses commentaires, du Progrès au Figaro, de BFM à 20 Minutes. La pertinence d’un tel exercice a pourtant de quoi interroger.

D’abord parce que rien ne dit que les candidats sondés en octobre 2019 seront ceux de mars 2020. Lyon Mag rappelle par exemple que des alliances éventuelles entre le PS, le PCF voire la France insoumise, ne sont pas à exclure. Ensuite parce que la marge d’incertitude de ces sondages se situe entre 1,5 et 3,5 points pour l’un, et entre 2,1 et 4,9 points pour l’autre, comme l’indique Opinion Way. Dans ces conditions, Antoine Melliès, responsable départemental du Rassemblement National, a beau jeu de fanfaronner que le RN est au-dessus de David Kimelfeld « sans avoir commencé la campagne », alors qu’un seul point les sépare.

De même, à la Ville de Lyon, la députée LREM Anne Brugnera est ainsi créditée de 22% des intentions de vote et fait jeu égal avec les écologistes. Un score très encourageant pour l’ancienne adjointe de Gérard Collomb... sauf qu'elle a renoncé à sa candidature quinze jour avant la publication de ce sondage ! Impossible de déterminer donc vers quels autres candidats les sondés pro-Brugnera se reportent depuis.

A Mediacités, nous adhérons au choix annoncé il y a quelques jours par le groupe de presse Centre France (La Montagne…) de ne pas publier de sondages locaux. L’explication de nos confrères auvergnats tient en une phrase : « Nous considérons que ces enquêtes d’opinion à l’échelle de nos communes sont susceptibles d’influencer les résultats, et qu’ils ne sont pas suffisamment fiables ».  


Bidule_carre_512pxLe Rassemblement national en ordre de bataille

Elections 2020Pour espérer être remarqué sur la scène lyonnaise, réputée peu favorable au parti d’extrême-droite, le Rassemblement national (RN) a dégainé un casting qui tient du mariage de la carpe et du lapin. A la ville de Lyon, Agnès Marion, élue dans le 7e arrondissement et conseillère régionale dont Mediacités brossait le portrait il y a deux ans. A la Métropole, Andréa Kotarac, récent transfuge de la France insoumise, passé avec fracas au RN au printemps dernier, en pleine élection européenne. Elle, représentante de la droite catholique dans la lignée de Marion Maréchal (ex-Le Pen) et présidente du très conservateur Cercle Fraternité, engagé notamment dans la « défense de la famille » (entendre : contre la PMA ou le mariage pour tous). Lui, issu de la gauche de la gauche, tendance « patriote », défenseur d’un souverainisme perçu comme un rempart face à la mondialisation, quitte à se rapprocher de la Russie de Vladimir Poutine en se rendant au sommet de Yalta, comme nous le racontions juste avant son départ de LFI. Au passage, il pointe depuis comme assistant de l'eurodéputé RN Hervé Juvin [lire l'Oeil de Mediacités du 3 septembre dernier]. Ou quand le Rassemblement national présente les salariés de ses élus... 

Deux profils fortement engagés sur des sujets nationaux et internationaux donc. Pour mettre en musique ce binôme et le faire sonner à l’échelle locale, Antoine Melliès sera au pupitre [lire son portrait ici]. Le responsable départemental du RN vient également de confirmer – sans surprise – sa candidature aux municipales à Givors. « Je suis candidat pour gagner », assure-t-il au Progrès. Reste à savoir si, avec cette stratégie, le RN réussira à capter à la fois la bourgeoisie catholique lyonnaise et les classes moins aisées de la périphérie.  


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Grand Lyon : Bouzerda se paie Kimelfeld

Elections 2020Et dire que les élections locales se tiendront dans plus de quatre mois… Ce lundi 4 novembre, le conseil de la Métropole de Lyon a été l’occasion d’étaler les dissensions entre les clans Collomb et Kimelfeld. Au cœur de ce nouveau accès de fièvre : le cas Fouziya Bouzerda. Comme nous vous l’avons raconté dans L’Œil du 22 octobre dernier, la vice-présidence de celle qui s’occupait jusqu’alors d’économie a été vidée de sa substance. Conséquence de propos tenus dans Le Progrès sur la supposée politique « décroissante » du président du Grand Lyon.

Devant l’assemblée plénière, Fouziya Bouzerda – qui a conservé son rang de 2e vice-présidente, et donc, à ce titre, siège toujours à la tribune tout près de David Kimelfeld – a sorti la sulfateuse. Sur la forme d’abord : « J’ai découvert par une alerte presse votre décision de me retirer ma délégation », avant un simple texto. C’est « totalement inédit et irrespectueux », attaque-t-elle, brocardant le SMS, « nouvelle méthode de gouvernance qu’il s’agisse de sanctionner une élue ou d’évincer un président de la République [le 16 octobre, David Kimelfeld n’avait pas pris un appel d’Emmanuel Macron, lui répondant ultérieurement par texto] ». Sur le fond ensuite : la sanction mettrait, selon cette pro-Gérard Collomb, « clairement à mal l’image ouverte, bienveillante, participative et féminisée » de la présidence Kimelfeld, accusant au passage le patron du Grand Lyon d’une « incompétence certaine dans la manière de conduire notre collectivité ».  

Bouzerda
Fouziya Bouzerda sur BFM Lyon le 4 novembre 2019. Capture BFM Lyon.

Du psychodrame Bouzerda, l’opposition se délecte. « En indiquant qu’elle n’était pas d’accord avec votre ligne économique, [Fouziya Bouzerda] apprenait à tous les habitants que vous aviez une ligne économique », a raillé au micro Philippe Cochet, président du groupe LR, en s’adressant à David Kimelfeld. Et le maire de Caluire-et-Cuire d’en rajouter une couche, comme le rapporte Le Progrès, « quand Roland Bernard dit que vous avez le charisme d’une huître, il reste délégué, et quand Richard Brumm raconte que vous êtes un Judas, il reste vice-président ». « Une divergence de vue est plus grave qu’une appréciation sur ma personne », a commenté « Kim ».

Ce déballage de linge sale intervient quelques jours après le nouveau coup de boutoir des Collombistes contre le patron du Grand Lyon. Trois groupes politiques de la Métropole (Agir, présidé par l’ex-LR Emmanuel Hamelin, Avenir Métropole, présidé par Fouziya Bouzerda et Métropole et territoires, présidé par Jean-Jacques Sellès, le maire de Chassieu) ont annoncé un rapprochement au sein d’un « intergroupe ». Une tectonique des plaques centristes dans laquelle, parmi les 26 élus concernés, on retrouve les premiers édiles de Charbonnières-les-Bains Gérald Eymard ou de Jonage Lucien Barge, bien connus des lecteurs de Mediacités.   

Pendant ce temps-là, Gérard Collomb voyage au Québec. Le maire de Lyon célèbre depuis dimanche le 40e anniversaire du jumelage de sa ville avec Montréal et participe aux entretiens Jacques-Cartier. Dans ses bagages, son adjointe Karine Dognin-Sauze... à qui David Kimelfeld a transmis l'essentiel des anciennes délégations de Fouziya Bouzerda. 


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Le Pôle funéraire de la Métropole, un pied dans la tombe

Le service public des pompes funèbres de l’agglomération creuse encore. En février dernier, Mediacités s’était fait l’écho des dysfonctionnements aberrants des Pompes funèbres de l’agglomération lyonnaise (PFIAL), pointés par un rapport de la Chambre régionale des comptes. Le texte épinglait le saucissonnage – voire des conflits d’intérêts – dans l’attribution de marchés publics, des anomalies dans le fonctionnement du crématorium de Lyon ou encore la profusion de postes de vice-présidents du syndicat, synonymes de rémunérations pour les élus. Toutefois, tout n’était pas perdu : depuis 2016, ce syndicat, qui regroupait uniquement les communes de Lyon et Villeurbanne, délègue en effet une grande partie de ses missions et de ses agents au Pôle funéraire public de la Métropole de Lyon.

Las ! Cette nouvelle Société publique locale vient de faire l’objet d’un audit par le cabinet Deloitte, dévoilé par Le Progrès, et auquel Mediacités a également eu accès. Les experts décrivent une structure « plombée par un déficit prévisionnel de 590 000 euros pour 2019, après une perte de 679 000 euros en 2018 », comme l’écrit le quotidien. Un trou conséquent, qui s’explique par un chiffre d’affaires plus faible que prévu, dans un contexte de très forte concurrence avec les grands groupes privés du secteur. Une mauvaise passe qui s’accompagne aussi de factures impayées estimées à 700 000 euros et d’une gestion chaotique, les – mauvais – outils de la société entraînant « un manque de visibilité », note l’audit.

Résultat : « Les prévisions de trésorerie montrent une remise en cause de la continuité d'exploitation en février 2020 », estiment les experts. Autrement, dit : un risque de faillite. La SPL a donc monté un plan de redressement sur les trois prochaines années. Au menu : du démarchage commercial pour capter des parts de marché, avec « distribution de flyers, visite d’hôpitaux et d’Ehpad », note le rapport, mais aussi la réorganisation des services et le possible plan de licenciement de trois salariés.

Seule évolution notable : selon les informations de Mediacités, aucun élu siégeant au sein de la SPL ne perçoit d’indemnités, y compris son président Guy Corazzol. Ce dernier continue toutefois de toucher une indemnité mensuelle de 311 euros en tant que vice-président du PFIAL, qui a conservé une existence propre malgré la création de la nouvelle société publique. Une indemnité d’outre-tombe en quelque sorte.


Bidule_carre_512pxLutte contre les féminicides : quatre militantes interpellées

Vous avez probablement déjà vu leurs messages au cours des dernières semaines. Via des collages dans la rue et sur des bâtiments publics, des militantes dénoncent « l’inertie des pouvoirs publics » contre le fléau des féminicides – depuis le début de l’année, près de 130 femmes ont été assassinées par leur conjoint ou ex-conjoint. Pas « d’inertie » de la part des pouvoirs publics en revanche dans la nuit de dimanche à lundi derniers… Alors qu’elles apposaient sur les tribunaux de Lyon (comme dans d’autres villes en France) le message « Féminicides : Etat coupable, justice complice », quatre militantes ont été interpellées et conduites au commissariat. Elles doivent être convoquées de nouveau ce mercredi 6 novembre. Nous « n’avons pas d’autre choix que d’entrer dans l’illégalité pour espérer nous faire entendre. Nous nous trouvons dans l’obligation de prendre la parole pour toutes celles qui ne le peuvent plus », défendent-elles dans un communiqué. A Paris, trois autres militantes ont également été interpellées, rapporte Le Figaro.