Bidule_carre_512pxLa lettre incendiaire des avocats au préfet

 
Quand les avocats provoquent une colère aussi noire que leur robe... Le 12 décembre dernier à Nantes, en marge d’une manifestation de seize barreaux du Grand Ouest contre la "loi de programmation 2018-2022 et de réforme de la justice", leurs bâtonniers demandent à être reçus par le nouveau préfet de Région, Claude d’Harcourt. « Indisponible » à ce moment-là, ce dernier décline et envoie un subordonné le représenter. Fureur des bâtonniers qui, dans la foulée, font parvenir au représentant de l’État une lettre incendiaire que Mediacités s'est procuré.

Lettre_bâtonniers_au_préfet_14-12-2018

Passée inaperçue jusqu’ici, elle dénonce une attitude « particulièrement méprisante », révélatrice, selon eux, de « l’incapacité totale de l’exécutif, apparemment aux mains de technocrates méconnaissant le fonctionnement de la justice au quotidien, à appréhender les enjeux et le rôle de la Justice dans un État de droit ». Vlan !

Ce ton très "rentre dedans" reste en travers de la gorge de Claude d’Harcourt. Lors de ses vœux à la presse, le 11 janvier, le préfet a rapidement évoqué le sujet. Selon lui, ces propos « insultants » illustrent la montée du niveau de violence dans la société. « Les mots ont un sens, enfonce le haut fonctionnaire. Une fois que les interdits sautent, il est difficile de revenir en arrière ». Un malaise dont il a directement fait part à Me Maître Jean-René Kerloc'h, bâtonnier de Nantes, lors de l’audience solennelle de rentrée du TGI, le 10 janvier. Joint par Mediacités, ce dernier assume totalement : « Qu’il soit courroucé, il peut l’être, car nous le sommes aussi. Nous ne nous battons pas pour un pré-carré mais pour les droits de nos concitoyens ». Ambiance. - T.D.

 


Bidule_carre_512pxDoléances, grand débat et Johanna Rolland

  • Le débat oui, les doléances non !

C’est, en tout cas, la position de la maire de Nantes. Si elle affirme vouloir faciliter le grand débat national initié par le gouvernement, en ouvrant notamment certaines salles aux associations, Johanna Rolland n’installera pas de cahier de doléances dans sa mairie, expliquait récemment Ouest-France. Une position plutôt singulière dans l’agglomération nantaise. D’après notre décompte, seules deux autres communes sur les vingt-quatre que compte la Métropole ont adopté la même position : Thouaré-sur-Loire et La Montagne (la réflexion est encore en cours pour cette dernière).

  • Les doléances oui, mais lesquelles ?

Qu’ils soient « de doléances », « de contributions » ou « d’expression citoyenne », il est donc possible de noircir les pages de ces cahiers dans toutes les autres villes de la métropole de Nantes. Depuis cette semaine pour une bonne part d'entre elles, mais parfois depuis bien plus longtemps, comme à Sautron ou Couëron. C’est là qu’en décembre France Bleu Loire Océan était allé les consulter (suivie par TéléNantes et Ouest-France). On y trouvait pêle-mêle le rappel de la situation difficile des retraités, une demande d’augmentation de l’allocation aux adultes handicapés ou l’exigence que soient filmés et mis en ligne les conseils municipaux.

  • Les doléances et leur persistance…

Une hétérogénéité des revendications qui en rappelle une autre : celle des cahiers de doléances établis en 1789. Plus ou moins soigneusement conservés depuis la Révolution française, ces derniers sont consultables en ligne sur le site des archives départementales. Quand on se penche sur celui de la sénéchaussée de Nantes et Guérande, l’extrême diversité des vœux et des attentes saute, là aussi, aux yeux. Tout comme la persistance de certains thèmes. On y trouve, déjà, une mise en garde contre le cumul des mandats et le manque de représentativité des députés aux États-Généraux : « Nul ne pourra être député à deux tenues successives (…) Les députés de la partie la plus considérable de la Nation, improprement dite le Tiers-État, seront au moins en nombre égal à ceux du Clergé et de la Noblesse » (Article 5). On y lit aussi une volonté de mieux contrôler les moyens de l’État et certains de ses agents : « Avant d’établir de nouveaux subsides, on s’occupera des économies à faire en supprimant les places inutiles auxquelles sont attachées des appointements considérables. » (Art 32).

Cahier de doléances

On y trouve également la remise en cause des privilèges de la Noblesse et du Clergé comme de nombreuses récriminations contre les différents impôts et taxes pesant sur le peuple. Y sont notées, encore, bon nombre de revendications catégorielles, comme cette demande de soutien aux pêcheries (Art 79) ou cette requête des serruriers pour que « soit défendu aux entrepreneurs des maisons d’employer des serrures foret » (Art 162). D’autres, enfin, font rétrospectivement froid dans le dos, comme l’article 81 qui demande à ce que « les navires négriers (soient) protégés pendant le temps de leurs traites à la côte d’Afrique »…

 


Bidule_carre_512pxLe lourd bilan des manifs...

« Ils s’appellent Patrick, Franck, Cédric, Ayhan ou Fiorina ». Adrien, Guillaume ou Philippe, à Nantes… Ces prénoms font partie de la liste des 94 manifestants (dont au moins quatre à Nantes) blessés gravement lors des neufs week-ends de mobilisation des gilets jaunes. Effectué par Libération « à partir de centaines de vidéos, photos ou déclarations », ce décompte – non exhaustif – donne une idée de la violence qui règne lors de ces manifestations. Il interroge surtout sur l’usage par les forces de l’ordre des fameux flash-balls et autres lanceurs de balles de défense (LBD). Dans un long article très documenté, France Info détaille l’histoire, les règles d’utilisation et les dangers de ces armes, impliquées dans 73 % des blessures recensées par Libération. Un danger dont les autorités semblent d'ailleurs avoir pris conscience : mardi 15 janvier, selon France 3, le directeur de la police nationale, Eric Morvan, a envoyé une note à ses troupes pour leur rappeler les conditions - normalement très strictes - dans lesquelles flash-balls et LBD peuvent être employés.  

 


Bidule_carre_512px...et les soins qui s'y pratiquent

Pour faire face aux risques que leur font courir ces armes - et d'autres, comme les grenades de désencerclement -, les manifestants ont d'ores et déjà commencé à s’organiser. Notamment pour parer au plus pressé en cas de blessures. A Nantes, la journaliste Elsa Gambin (collaboratrice de Mediacités pour qui elle a – entre autres – enquêté sur la « Nantes révoltée ») a assisté pour le site Vice à une formation de « street-medics ». Elle y a croisé Coralie, 49 ans, gilet jaune qui « n’en peut plus de la violence qu’elle voit » et qui cherchait à s’impliquer un peu plus. Comme elle, ils sont nombreux à être récemment venu grossir les rangs de ces bénévoles venant en aide aux manifestants blessés, dont l'existence est longtemps restée connue des seuls cercles militants. Alors même qu'ils sont le fruit d’une longue histoire remontant, comme le raconte France Culture, aux Blacks Panthers et à la lutte contre la ségrégation raciale aux Etats-Unis.

 


Bidule_carre_512pxRéalités : un stade peut en cacher un autre

Finalement évincé du projet YelloPark après en avoir été le fer de lance, Réalités ne semble pas avoir trop pâti de ce spectaculaire renversement de situation. Le 11 janvier dernier, l’action du groupe immobilier nantais bondissait de 12 % à la bourse de Paris, suite à l’annonce de résultats commerciaux supérieurs aux prévisions. Si du côté de Mediacités on attend tout de même la publication des résultats financiers du groupe, en février, pour se faire une idée plus précise de la situat

ion de l’entreprise, son PDG Yohann Joubert, lui, n’a pas boudé son plaisir.

Il n'a pas davantage boudé ses ambitions sportivo-immobilières d’ailleurs, puisque Réalités fait partie des trois entreprises en lice pour la refonte d’un autre temple du football : le stade Bauer de Saint-Ouen, antre du Red Star, club populaire de la banlieue parisienne. Au programme, comme l'explique StreetPress, 150 millions d’euros de budget pour la construction d’une nouvelle enceinte de 20 000 places (deux fois moins que dans le cas du projet YelloPark) et, surtout, d’un espace commercial (de 20 000 à 35 000 mètres carrés) qui pourrait trouver sa place sous la pelouse foulée par les joueurs. De quoi donner des idées à Waldemar Kita pour son nouveau stade ?


Bidule_carre_512pxFranck Louvrier préfère la plage au Château

C'est Le Canard Enchaîné qui le raconte et RTL qui le confirme. Dans son édition du 16 janvier, le "volatile" raconte comment Emmanuel Macron, embarrassé par le départ prochain de son communicant en chef, Sylvain Fort, a tenté de s'attacher les services de Franck Louvrier. Le conseiller régional des Pays de la Loire et président départemental des Républicains, qui avait occupé un poste équivalent à l’Élysée sous Nicolas Sarkozy, a décliné l'offre présidentielle. Que diable serait-il allé faire dans cette galère, lui qui lorgne plutôt sur la mairie de La Baule ?