Bidule_carre_512pxGrosvalet, De Rugy et le bétonnage des sols

 
S’il a snobé les vœux de Johanna Rolland aux institutionnels, début janvier (voir L’œil de Mediacités du 10 janvier), Philippe Grosvalet n’a en revanche pas manqué son rendez-vous avec François de Rugy. Lundi, le président du Conseil départemental de Loire-Atlantique était donc reçu par l’ancien député de Nantes sous les ors du ministère de la Transition écologique. Au menu des discussions : l’après Notre-Dame-des-Landes, l’avenir de la centrale de Cordemais ou encore de l’artificialisation des terres.

Ce dernier sujet fait moins les gros titres mais a néanmoins occupé une bonne partie de la discussion. Et pour cause ! Comme L’État, le département de Loire-Atlantique s’est lancé un sacré défi : celui de parvenir à l’objectif « zéro artificialisation des sols ». A quelle échéance ? Mystère. Seule certitude : la tâche sera – très – difficile. Selon les chiffres publiés récemment par le Centre d'études et d'expertise sur les risques, l'environnement, la mobilité et l'aménagement (Cerema, un organisme public), la Loire-Atlantique fait partie du "Top 10" des départements les plus consommateurs d’espaces naturels et agricoles. Entre 2006 et 2016, plus de 7 000 hectares y ont été ensevelis sous le béton et le bitume des routes, lotissement et autres zones commerciales ou industrielles. L'équivalent, tout de même, de quatre ZAD de Notre-Dame-des-Landes ou, à une autre échelle, de plus de 10 000 terrains de football… Autant dire que le pari est loin d'être gagné.

https://www.mediacites.fr/nantes/portrait-nantes/2018/11/29/francois-de-rugy-un-ministre-en-marge/

 


Bidule_carre_512pxBruno Retailleau : déjà le recours...

« Quand j'ai vu qu'il renonçait à la région pour garder le groupe au Sénat, j'ai dit à Laurent (Wauquiez, ndlr) : tu sais ce que ça veut dire… » Dans son édition du 17 janvier, Le Figaro,  taille un confortable costume à Bruno Retailleau : celui de recours de la droite, en cas d’échec de la liste LR aux élections européennes. En creux et au fil de petites phrases le plus souvent anonymes, on comprend que le Vendéen a le profil idéal pour succéder à la tête des Républicains à un Laurent Wauquiez en perte de vitesse. De travail de fond en petites attentions envers les élus, de son côté « Wauquiez-en-sincère » à sa « capacité à faire vivre le dialogue », le quotidien nous affirme ainsi que la « petite entreprise » du président du groupe LR au Sénat « s’installe dans le paysage politique ». Une petite musique que fredonnait également le JDD quelques jours plus tôt, dans un article presque équivalent, et qui résonnait encore ce mercredi dans un tweet de Christelle Morançais, l’actuelle présidente des Pays de la Loire. Une petite musique qui, décidément, a des airs de prélude et le son d'ambitions à peine dissimulées.

 


Bidule_carre_512pxLa CNDP, le YelloPark et Nantes-Atlantique

Décidément, les projets nantais mobilisent la - désormais très célèbre - Commission nationale du débat public (CNDP), présidée par Chantal Jouanno. Sur les six décisions prises lors de sa séance plénière, ce mercredi 23 janvier, deux concernent la métropole ligérienne. La première, technique, adjoint une nouvelle garante (Sylvie Haudebourg) à celle déjà désignée en novembre (Brigitte Fargevieille) pour veiller sur la concertation autour du projet de réaménagement de l'aéroport Nantes-Atlantique. La seconde acte la fin définitive du projet YelloPark et, au final, l'inutilité de la concertation menée par la CNDP sur le sujet. « La modification substantielle de la nature, des options du projet initial et de l’identité des maîtres d’ouvrage conduit à considérer qu’il s’agit de nouveaux projets qui ne résultent pas de la concertation préalable », écrit-elle dans son communiqué. En faudrait-il donc une nouvelle pour consulter le public sur les nouveaux plans élaborés par Waldemar Kita ? C'est ce que certains opposants réclament depuis un moment. Et que les élus, échaudés par la première, ne semblent pas décidés à leur accorder, arguant que le nouveau projet étant simplement plus petit, une telle procédure n'est pas nécessaire.

 


Bidule_carre_512pxAlice Milliat : anonyme ou odonyme

Sur les 3 000 rues de Nantes, seules 100 portent des noms de femmes… Encore vrai en 2016, quand la ville lançait sa concertation sur la féminisation des odonymes (l’appellation "certifiée Larousse" des noms propres désignant une voie de communication), ce chiffre a évolué. Après avoir rebaptisé 22 rues du patronyme de femmes illustres en décembre 2017, la ville pioche désormais régulièrement dans la liste de 380 noms sélectionnés par un atelier citoyen, comme l’expliquait Aïcha Bassal, adjointe à la lutte contre les discriminations, à 20 minutes, en juin dernier. Un vivier auquel - vérification faite - il en manque encore au moins un : celui d’Alice Milliat. Ce week-end, L’Équipe magazine et l’illustratrice Pénélope Bagieu sortaient de l’oubli cette institutrice nantaise, pionnière du sport féminin mondial (1884-1957). En butte aux préjugés et tabous de son temps, cette nageuse, hockeyeuse et rameuse réussit pourtant à fonder la Fédération sportive féminine internationale et à mettre sur pied, durant l’entre-deux-guerres, les premiers Jeux Olympiques féminins. Un parcours qui s’acheva pourtant dans l’anonymat le plus complet. En France, comme à Nantes, où cette héroïne du sport français repose dans un caveau du cimetière Saint-Jacques sur lequel ne figure même pas son nom, comme le rapporte La Croix.

 

 
 
 
 
 
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Extraits du dossier « Les pionnières du sport » dans le numéro de cette semaine de L’Équipe magazine

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Bidule_carre_512pxLe commerce rit jaune

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Soit la baisse estimée de fréquentation des magasins en Pays-de-la-Loire en décembre 2018, par rapport au même mois de l’année 2017. Glissée au milieu d’un bilan national rendu public en début de semaine par la Fédération d’enseignes spécialisées Procos, ce chiffre s’expliquerait, selon ce groupement de commerçants, par la crise des gilets jaunes. « Malheureusement (sic), les magasins ont été très impactés lors de la seconde quinzaine de novembre par des blocages sur les ronds-points et autres actions, manifestations qui ont immédiatement créé une atmosphère très différente, explique Procos. Les Français sont progressivement restés chez eux, évitant les risques de blocage et l’acte de consommer est rapidement devenu secondaire dans l’esprit de la majorité. » Toujours selon la même étude, cet impact – finalement assez limité - serait presque similaire à la moyenne nationale (- 3,1 %) et largement inférieur à celui rencontré en Centre-Val-de-Loire (- 7,8 %) ou dans les Hauts-de-France (- 5,2 %).

 


Bidule_carre_512pxTout va très bien, madame la marquise...

On appelle ça de la communication de crise… Suite aux révélations de Mediacités sur l’audit au vitriol mettant en cause la direction de la médecine du travail nantaise, son « management brutal » et les souffrances physiques et psychologiques qu’il entraine, son président – après avoir refusé de répondre à nos questions – tente d’éteindre l’incendie dans Ouest-France. « Le malaise est dépassé », affirme Jean Cesbron, qui soutient mener « une politique sociale soucieuse des collaborateurs ». Rejetant en partie la responsabilité de la crise sur l’ancien directeur du service – désormais parti et en cours de remplacement –, l’ancien chef d’entreprise annonce que « les propositions faites par le cabinet d’audit seront intégrées (à son plan) d’action ». Se souviendra-t-il que l’une des causes du malaise identifiées dans ce rapport était la pression que la présidence faisait peser sur la direction ?

https://www.mediacites.fr/nantes/enquete-nantes/2019/01/10/ce-rapport-confidentiel-qui-etrille-la-medecine-du-travail-nantaise/

Benjamin Peyrel
Co-fondateur de Mediacités et rédacteur en chef de son édition nantaise. Avant de me lancer dans cette aventure, j'ai débuté au quotidien La Croix et suis passé par différentes rédactions (L’Humanité, Le Parisien, etc), avant de rejoindre L’Express et d'écumer préfectures et sous-préfectures pendant dix ans. Je m’intéresse notamment aujourd’hui aux montagnes de données que les collectivités comme les citoyens produisent quotidiennement et aux moyens de les utiliser pour faire avancer l'information.