Bidule_carre_512pxMusée Dobrée : l'impossible rénovation

On prend les mêmes et… on recommence. Comme le relate Presse-Océan dans son édition du 25 février, l’association Nantes Patrimoine vient de déposer devant le Tribunal administratif de Nantes un recours contre le projet de rénovation du musée Dobrée, lancé par le Conseil départemental. Non suspensive, la procédure ne devrait, cette fois, pas empêcher les travaux de commencer. Cette fois ? Oui, car la même association avait déjà obtenu, en 2012, l’annulation d’un précédent projet d’extension et de réhabilitation confié par le Département à l’architecte Dominique Perrault. Que lui reprochait à l’époque l’association ? La bétonisation des espaces verts et le manque de respect pour le patrimoine architectural. Que reproche-t-elle aujourd’hui au nouveau projet dessiné par l’agence Atelier Novembre ? La « minéralisation » des espaces verts et le manque de respect pour le patrimoine architectural… Pour l’occasion, l’association a même mis à jour son blog avec un article dont les mots rappellent ceux des précédents, publiés il y a environ sept ans. C’est ce qu’on appelle avoir de la suite dans les idées.

1024px-Musée_Dobrée
Le musée Dobrée à Nantes / Creative Commons

 


Bidule_carre_512pxFutur CHU : le satisfecit de l'Autorité environnementale

L’avis n’est que consultatif et ne se prononce pas sur le bien fondé du projet mais il devrait néanmoins faire le miel des promoteurs du transfert du CHU sur l’île de Nantes, à l’horizon 2026. Le 20 février dernier, à l’issue de sa séance délibérative, l’Autorité environnementale (qui dépend du Ministère de la Transition écologique, via le Conseil général de l’environnement et du développement durable), a rendu un avis globalement positif sur l’étude d’impact réalisée pour le projet, ainsi que sur la prise en compte de l’environnement par ce dernier. « De manière générale, le dossier témoigne d’une volonté de performance environnementale, notamment énergétique et en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre », écrivent les rapporteurs.

Plutôt bienveillant, le délibéré de 24 pages pointe néanmoins quelques lacunes. Il regrette notamment que l’étude d’impact ne soit pas intégrée à celle, plus globale, de l’aménagement de l’île de Nantes. « L’état initial décrit par l’étude d’impact est, à l’échelle de l’Île de Nantes, appelé à connaître de profondes évolutions dans le cadre du projet de ZAC. Cet aspect est, en général, correctement pris en considération dans l’analyse des impacts ; des difficultés importantes émergent cependant dans certaines parties spécifiques. (…) Il apparaît ainsi particulièrement difficile de vérifier la cohérence des différents aménagements prévus sur l’Île. » L’Autorité environnementale pointe notamment les questions de bruit et de trafic routier.

Sur cette dernière question, elle déplore notamment le manque d’informations sur les projets d’amélioration de la desserte du site (nouvelles lignes de trams, franchissements de la Loire, etc) « que ce soit en terme de caractéristiques ou de calendriers de réalisation ». Une critique qui rejoint celle des opposants au projet. Comme ces derniers, l’Ae soulève également la question des risques résiduels liés à la pollution des sols sur cet ancien site industriel, soulignant la « connaissance encore imprécise de celle-ci ». Un satisfecit, donc. Mais pas un blanc-seing.

https://www.mediacites.fr/nantes/decryptage-nantes/2018/01/04/le-futur-chu-de-nantes-en-lice-pour-le-titre-dhopital-le-plus-cher-de-france/
 


Bidule_carre_512pxUn casting manqué pour de Rugy

Après le pataquès Denis Baupin, invité à dîner au ministère alors même que débutait le procès qu’il intentait aux femmes l’accusant d’agressions sexuelles (voir L’œil de Mediacités du 14 février), L’Opinion relevait mercredi que François de Rugy avait eu une nouvelle mauvaise surprise à l’occasion d’une autre réception. Explication : dans le cadre du « grand débat national », l'ancien député nantais organisait au ministère ce 28 février une rencontre avec cent des deux millions de signataires de la pétition "L'affaire du siècle", appelant à traîner l’État en justice pour inaction face au réchauffement climatique. Cent « simples » citoyens sélectionnés via Facebook, plutôt que les représentants des associations à l’origine de l’appel… c’était l’idée. Sauf qu’un bon tiers de ces anonymes censés avoir un discours « moins construit » que les ONG se sont justement tournés vers ces dernières pour préparer la rencontre. « On ne veut pas être 100 agneaux dans la bergerie face au grand loup de Rugy », explique l’un d’eux à L’Opinion. Nommé Paul Valcke, le jeune homme de 26 ans est même allé jusqu’à consulter Julien Bayou, l’un des pires ennemis de François de Rugy du temps d’Europe Ecologie Les Verts (EELV). Décidément, même en les piochant sur Facebook, le ministre n’a pas de chance avec ses invités.

 


Bidule_carre_512pxHistoires militantes nantaises

Elle nous parle d’un temps où la Loire était plus Inférieure qu’Atlantique. Elle, c’est la carte interactive recensant, par commune, les notices biographiques figurant dans la première période (1789-1864) du Maitron. Le Maitron ? Ce nom dira sans doute quelque chose aux historiens, aux généalogistes, aux syndicalistes et autres spécialistes des mouvements sociaux. Pour les autres, il s’agit d’une œuvre monumentale, un Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier et social, compilant en 56 volumes et cinq périodes (de 1789 à 1968), près de 190 000 notices de militants et théoriciens, d’activistes anonymes et de grandes figures de la gauche française.

Jusqu’en décembre dernier, cette véritable mine restait essentiellement accessible aux rats des bibliothèques universitaires. Et puis les éditions de l’Atelier ont décidé d’ouvrir l’œuvre de l’historien Jean Maitron et de ses successeurs au plus grand nombre en la publiant en intégralité sur Internet. Une bénédiction pour les curieux et les chercheurs, qui doivent néanmoins s’armer de courage pour trouver leur chemin dans cette extraordinaire toile d’araignée historico-biographique. Tout récemment, le site s’est néanmoins doté de nouveaux outils qui facilitent grandement la recherche et le picorage : des cartes ! L’une d’elle, que voici, nous permet ainsi de plonger, région par région, commune par commune dans la masse de ces destins individuels qui forment un pan de l’histoire sociale et politique française.

Maitron

En prenant la direction de Nantes et de sa région, on tombe ainsi, sur un dénommé Aoustin, ouvrier dans la Brière en 1817, emprisonné par les gendarmes pour avoir extrait sans autorisation de la tourbe des marais et délivré par une manifestation de 200 travailleurs qui, comme lui considérait cela comme un droit d’usage dont ne pouvaient les priver les déssécheurs du marais de Donges. A Nantes, on se laisse interpeller par la figure du père Mangin, fondateur du Journal de Nantes, défenseur des déportés de Belle-Ile et condamné à de multiples reprises pour délit de presse sous la Restauration et la Monarchie de Juillet. A Bouguenais, on croise l’histoire de la Marianne, cette société secrète du Second Empire qui, en 1855, souleva une émeute de plus de 600 ouvriers, partie de Trélazé et des Ponts-de-Cé pour marcher sur Angers et rétablir la République. Passionnant.

 


Bidule_carre_512pxLa Vendée touchée par Grâce à Dieu, la direction diocésaine par la drogue

On appelle ça un carton ! Comme le raconte France Bleu Loire-Océan, dans un article en date du 21 février, Grâce à Dieu, le nouveau film de François Ozon sur l’affaire Preynat et la pédophilie dans l’Eglise rencontre un grand succès dans les cinémas de la très catholique Vendée. Le site de la radio donne l’exemple du Concorde, l’un des cinémas de La-Roche-sur-Yon qui, le jour de la sortie, faisait partie des 10 salles de France où le film avait réalisé le plus d’entrées. Du jamais vu, selon Antoine Heude, son directeur adjoint. Joint par Mediacités jeudi 28 février, Morgan Pokée, le programmateur de la salle confirme ce bel engouement. « Au bout de la première semaine d'exploitation, Grâce à Dieu a réuni chez nous 1402 spectateurs au total. C'est exceptionnel : pour retrouver un succès équivalent il faut remonter deux ans en arrière à la sortie de La La Land, qui en avait rassemblé 1219 ». Des chiffres qui permettent au Concorde de se classer, aujourd'hui encore, devant des salles rennaises, nantaises et même parisiennes. Parmi les raisons qui peuvent expliquer un tel succès, Morgan Pokée évoque, pêle-mêle, la qualité du film, son actualité, la polémique qui a entouré sa sortie, mais aussi son côté « fédérateur » : « Ce n'est pas un film contre l’Église catholique. Au contraire, il se bat pour une meilleure Église. Et ici, en Vendée, cela doit jouer ».

Une meilleure Église... La promesse est belle mais doit sembler à certains difficile à tenir ces derniers temps. Mercredi, Presse-Océan révélait ainsi que Philippe Cléac'h avait été licencié de son poste de directeur diocésain de l'enseignement catholique, qu'il occupait depuis septembre 2017. En cause, selon les informations du quotidien : sa mise en examen pour... « détention, offre, cession et acquisition de produits stupéfiants ».

 


Bidule_carre_512pxTravailleurs détachés : fiscalité et côté obscur

On évalue leur nombre à 24 450 en région Pays de la Loire. Dans un précédent Œil de Mediacités, nous nous faisions l’écho de l’excellent dossier de la revue Place Publique consacré aux travailleurs détachés, à leur poids dans l’économie locale et à leurs conditions de vie. Cette semaine, le Courrier cauchois permet d’éclairer la face sombre du phénomène : soit les petits arrangements de leurs employeurs avec les règlementations sociales et fiscales. L’hebdomadaire normand revient en effet sur la validation par le tribunal administratif de Nantes de la condamnation de deux entreprises chypriotes employant des travailleurs détachés aux chantiers navals de Saint-Nazaire et à la raffinerie de Donges. Pour la période s’étendant de 2011 à 2013, le montant réclamé par le fisc s’élève à 3,8 millions d’euros. Si les deux sociétés affirmaient n’avoir eu en France qu’une activité de travail détaché, le tribunal a jugé qu’elles y disposaient en réalité d’un « établissement stable ». Et qu’elles auraient dû, à ce titre, s’acquitter de la TVA, de l’impôt sur les sociétés et d’autres charges. Reste désormais à recouvrer ces sommes, ce qui apparemment s’annonce difficile.

 


Bidule_carre_512pxL'attractivité nantaise - à nouveau - confortée par les chiffres

Le 22 février, L’Observatoire des territoires (organisme dépendant du ministère de la Cohésion des territoires) a rendu son rapport annuel consacré aux mobilités résidentielles en France. Un document riche et touffu qui bat en brèche quelques idées reçues, relève Le Courrier des maires, parmi lesquelles celle voulant que les Français soient moins mobiles que les autres européens : en 2014, 7 millions d’entre eux ont pourtant déménagé, soit deux points de plus que la moyenne européenne.

Travaillant sur les impacts territoriaux de cette mobilité résidentielle, les auteurs relèvent – sans surprise - « la montée en puissance de l’Ouest au détriment de l’Est et du Nord de la France ». Par exemple, « la Nouvelle Aquitaine gagne aujourd’hui quatre fois plus d’habitants qu’il y a 50 ans, expliquent-ils. Les Pays de la Loire et la Bretagne trois fois plus ». A contrario, la région PACA « gagne désormais huit fois moins d’habitants qu’il y a quelques années ».

Au fil des 125 pages du rapport, Nantes est mentionnée à plusieurs reprises et semble tirer son épingle du petit jeu de la concurrence entre territoires. Elle fait ainsi partie du petit tiers des métropoles gagnant plus d’habitants de 20 à 29 ans qu'elles n'en perdent. Mieux : alors « qu’à partir de 30 ans, les soldes migratoires sont déficitaires dans l’ensemble des métropoles » (c’est l’âge auquel l’arrivée des enfants rime souvent avec déménagement en périphérie), la métropole reste excédentaire pour les 30-39 ans et 40-49 ans. Une exception !

Provenance Loire AtlantiqueDépart LA

 

Parallèlement à ce document, L’Observatoire des territoires a également mis en ligne un petit outil permettant – données à l’appui – de visualiser les impacts de la mobilité résidentielle à l’échelle du territoire. Un peu limité, il permet néanmoins d’obtenir quelques informations intéressantes (on regrette néanmoins de ne pouvoir accéder facilement aux chiffres bruts). A l’image, par exemple, des deux cartes ci-dessus permettant de savoir de quels départements proviennent les individus s’installant en Loire-Atlantique et où partent ceux qui la quittent.

Benjamin Peyrel
Co-fondateur de Mediacités et rédacteur en chef de son édition nantaise. Avant de me lancer dans cette aventure, j'ai débuté au quotidien La Croix et suis passé par différentes rédactions (L’Humanité, Le Parisien, etc), avant de rejoindre L’Express et d'écumer préfectures et sous-préfectures pendant dix ans. Je m’intéresse notamment aujourd’hui aux montagnes de données que les collectivités comme les citoyens produisent quotidiennement et aux moyens de les utiliser pour faire avancer l'information.