Bidule_carre_512pxMunicipales : premières escarmouches pour pas grand chose

On tape d’abord, on propose ensuite. Cette semaine, la droite nantaise a entamé les hostilités en vue des municipales de 2020. Pas encore de grandes manœuvres, ni d’offensive massive, mais une série de petites escarmouches savamment orchestrées : une interview sur France Bleu Loire-Océan, puis une conférence de presse d’une heure menée par les deux conseillers municipaux Julien Bainvel et Guillaume Richard, « snipers de sang froid » de l’opposition, comme les qualifie Christophe Jaunet dans Ouest-France. Dans leur collimateur : Johanna Rolland. « Isolée », « manquant d’influence au niveau national », « otage de sa majorité », « exercice autoritaire et solitaire du pouvoir »… Rien n’est épargné à la maire de Nantes dans ce flingage en règle, parfois contradictoire et caricatural.


Et sinon ? Sinon, rien. Avec cette tactique de guérilla politique, les petits soldats montent au front tandis que le général en chef reste sagement à l’arrière, peaufinant sans doute sa stratégie. Pas de Laurence Garnier, cheffe de file de l’opposition nantaise et adversaire probable de Johanna Rolland l’année prochaine, lors de ces sorties médiatiques, donc. Pas plus que d’embryon de programme, d’ailleurs. « On dévoilera ces différents éléments au fur et à mesure. On va attendre encore un peu », explique ainsi Julien Bainvel à TéléNantes avant d’expliquer que « l’ambition est de faire en sorte que Nantes retrouve sa place sur la scène nationale, la scène internationale et une capacité de conserver son attractivité et son développement... » Bref, pas de quoi faire bouger les lignes.

 


Bidule_carre_512pxLe repli de l'immobilier de bureau

8,1Soit l’évolution du marché immobilier de bureau dans la métropole de Nantes en 2018. D’après une étude de l’Agence d’urbanisme de la région nantaise (Auran) rendue publique mercredi 13 mars, 102 800 mètres carrés (1) ont ainsi été vendus ou loués dans l'agglo l’an dernier, contre 111 847 en 2017 et 112 870 en 2016. Une « dynamique baissière » que l’Auran explique en partie par « un ralentissement des productions neuves sur le territoire ». Or, comme l’explique l’agence, c’est justement sur les bâtiments neufs – en centre-ville – notamment que la demande se fait la plus pressante. Ce qui peut se comprendre, mais qui laisse aussi songeur quand on découvre l’un des autres chiffres de l’étude : au 31 décembre dernier, 135 730 mètres carrés de bureaux restaient vides dans la métropole…

schema immo bureaux

(1) Au petit jeu des comparaisons, Nantes se classe ainsi à la septième place des métropoles françaises, derrière Lyon, Lille, Toulouse, Bordeaux, Aix-Marseille et Montpellier. Et juste devant Rennes. 

 


Bidule_carre_512pxAéroport : les malheurs de Vinci

Dans la liste de ceux qui devaient tirer un substantiel profit de l’abandon du projet d’aéroport à Notre-Dame-des-Landes, Vinci figurait au premier rang. Mediacités a décrit le processus à plusieurs reprises. En révélant comment, entre petites combines et grosse cagnotte, le géant du BTP et premier opérateur aéroportuaire mondial, s’était assuré de capter une bonne part des bénéfices réalisés dans les aéroports de Rennes et Nantes sans y investir. Ou en démontrant comment le groupe comptait utiliser le repli gouvernemental sur NDDL pour s’assurer une place de choix dans la course à la privatisation d’Aéroports de Paris. Or, le moment fatidique est arrivé et tout ne semble finalement pas se passer comme prévu.

https://www.mediacites.fr/nantes/decryptage-nantes/2018/01/18/notre-dame-des-landes-et-le-gagnant-est-vinci/
 

D’abord parce que la vente du fleuron aéroportuaire français au privé soulève une opposition inattendue : celle de bon nombre d’élus. Après les sénateurs, qui ont majoritairement voté contre en février, 103 parlementaires estampillés Les Républicains ont signé une tribune contre cette cession dans le JDD, tandis que 250 représentants socialistes (députés sénateurs et élus locaux) ont fait de même dans Le Parisien. Ce qui a poussé le gouvernement à monter au front cette semaine à l’Assemblée Nationale (où le texte est présenté en deuxième lecture dans le cadre de la loi Pacte) et l’obligera peut-être à revoir sa copie dans un sens qui n’arrangera pas Vinci. Ensuite parce que le groupe de BTP a peut-être perdu l’avance que le dossier NDDL lui avait octroyé. C’est du moins ce qu’écrit le Canard Enchaîné dans son édition du 13 mars. Selon l’hebdomadaire, « Vinci n’aurait plus la cote à l’Elysée » parce qu’il souffrirait d’une image déplorable dans l’opinion. La faute, sans doute à de précédentes privatisations: celle des sociétés d'autoroutes. « Ce n’est plus un candidat politiquement présentable » explique ainsi au Canard un « interlocuteur du chef de l’État ».

https://www.mediacites.fr/nantes/enquete-nantes/2018/10/11/petites-manips-et-grosse-cagnotte-apres-notre-dame-des-landes-vinci-prospere-dans-le-ciel-de-louest/
 


Bidule_carre_512pxCh'suis l'poinçonneur du Bouffay

« Face aux limites du réseau Tan actuel et à la hausse de la population, notre collectif de citoyens, d'élus et d'experts promeut la réalisation d’un réseau de métro qui serait à même de répondre aux enjeux de mobilité à Nantes Métropole. » C’est par ce message publié lundi sur le réseau Twitter, qu’un collectif a ébauché une surprenante proposition : construire un métro à Nantes. Mené notamment par deux conseillers métropolitains de l’Union démocratique bretonne (UDB), Pierre-Emmanuel Marais et Sonia Méziane, le collectif reconnaît n’en être qu’au « balbutiements (d’une) réflexion », dont « le but est avant tout d'améliorer la mobilité dans la métropole et éteindre les idées reçues qui avancent qu'il est impossible de faire un métro à Nantes à cause du sol », comme le confie l’un de ses membres à Presse-Océan.

 

Il s’appuie notamment sur une étude hyper détaillée, menée par Grégory Rambour, un ingénieur de transport lillois. Cette dernière prévoit déjà la création de deux lignes et rien moins que 36 stations… La facture du projet y est aussi estimée : dans une telle configuration, il coûterait au minimum 3 milliards d’euros hors taxes. Si la proposition a d’ores et déjà suscité la curiosité de nombreux médias, pas encore de réactions du côté de la Tan ou de la Métropole.

lignes métro nantes
Le plan d'un hypothétique futur métro nantais tel qu'esquissé dans une étude menée par un ingénieur transport lillois.

 


Bidule_carre_512pxLe nouveau stade toujours à la page

Le temps de la femme ou de l’homme politique ne colle pas toujours avec celui de ses outils de communication. Johanna Rolland et le magazine de Nantes Métropole viennent d’en faire l’expérience, comme l’a repéré sur Twitter, le directeur départemental de Ouest-France, Arnaud Wajdzik. Dans son édition de mars, tout juste parue, le journal de la collectivité publie un article à propos du projet de nouveau stade pour le FC Nantes. Son titre ? « La Beaujoire : vers la cession d’une parcelle au FC Nantes ». Loupé. Ou plutôt, pas de chance... Imprimé avant que le Parquet national financier déclenche son enquête sur Waldemar Kita et que la maire de Nantes abandonne le projet de nouveau stade, le journal n’a pas eu la possibilité de modifier son article.

 


Bidule_carre_512pxLes robots journalistes s'installent à Nantes

Ce sont nos confrères de La Lettre A qui l’annoncent. La société Syllabs, spécialisée dans la rédaction automatique de textes pour la presse, vient de transférer son siège et une partie de ses 22 salariés de Paris à Nantes. Logique : l’entreprise, fondée en 2006, se rapproche ainsi de sa cible, la presse quotidienne régionale. Ainsi que de deux de ses nouveaux actionnaires, l’accélérateur de startup breton West Web Valley et le fonds d’investissement du groupe Sipa - Ouest France. Développé après six années de recherches, le robot développé par Syllabs est capable de rédiger de façon automatique certains articles « à faible valeur ajouté », comme les bulletins météos, les résultats sportifs ou les résultats de certains scrutins électoraux. Que l’on se rassure (ou non) : ce robot « ne prend pas la place d’un journaliste mais effectue des opérations souvent répétitives publiables en temps réel », affirme aux Echos l’expert en Intelligence Artificielle et PDG de l’entreprise Claude de Loupy.

Benjamin Peyrel
Co-fondateur de Mediacités et rédacteur en chef de son édition nantaise. Avant de me lancer dans cette aventure, j'ai débuté au quotidien La Croix et suis passé par différentes rédactions (L’Humanité, Le Parisien, etc), avant de rejoindre L’Express et d'écumer préfectures et sous-préfectures pendant dix ans. Je m’intéresse notamment aujourd’hui aux montagnes de données que les collectivités comme les citoyens produisent quotidiennement et aux moyens de les utiliser pour faire avancer l'information.