Bidule_carre_512pxJohanna Rolland, les maires de grandes villes et les migrants

« Garantir un hébergement digne relève de la responsabilité de l’Etat, tout comme le maintien de la sécurité publique dans des quartiers très éprouvés par la permanence de situations sociales et humaines particulièrement complexes ». Quatre ans, environ après le début de la crise des migrants, treize maires de grandes villes françaises – parmi lesquels Johanna Rolland - lançaient mercredi 24 avril un appel aux ministres de l’Intérieur et du Logement pour mettre – enfin - en place un accueil digne des réfugiés.

Des écolos Damien Carême (Grande-Synthe) et Eric Piolle (Grenoble), aux Républicains François Baroin (Troyes et président de l’Association des maires de France), Jean-Luc Moudenc (Toulouse) ou Nicolas Florian (Bordeaux), en passant par les socialistes Anne Hidalgo (Paris), Nathalie Appéré (Rennes), Roland Ries (Strasbourg) ou Martine Aubry, l’appel couvre une bonne partie du spectre politique et la plupart des grandes villes, à l’exception (notable) de Lyon et Marseille.

Un rassemblement qui s’explique par la situation complexe à laquelle sont confrontées les municipalités, quel que soit leur bord politique : en première ligne au quotidien face à l’afflux de réfugiés, elles n’ont la main ni sur l’hébergement d’urgence, ni sur la politique de l’asile qui relèvent de l’État. « De nombreuses collectivités ont su expérimenter des dispositifs et peuvent être forces de proposition, notent les auteurs du texte. Nous devons construire collectivement une réponse au défi que pose l’accueil des réfugiés en France ». Et les besoins sont énormes. Interrogé par Libération, le directeur de la Fédération des acteurs de la solidarité, Florent Gueguen, estime qu’il faudrait « ouvrir 40 000 places d’ici la fin du quinquennat » pour parvenir à loger tout le monde correctement…

Comme un symbole de la situation à laquelle sont confrontées les collectivités, mardi, la veille de la publication de cette lettre, Johanna Rolland voyait des soutiens aux réfugiés l’interpeller, en plantant la tente devant un café où elle tenait une réunion pré-électorale…

https://www.mediacites.fr/nantes/solutions-nantes/2019/03/28/a-nantes-des-solutions-emergent-pour-heberger-les-migrants/


Bidule_carre_512pxAppel à la grève aux urgences du CHU

Les difficultés continuent dans le système de santé nantais. Après les polémiques des dernières semaines concernant le transfert de l’hôpital sur l’île de Nantes ou le conflit social ayant touché la clinique Le Confluent, plusieurs organisation syndicales (CGT, FO et SUD) du CHU ont appellé, mardi, à une grève illimitée des services d’urgence du CHU. Cette dernière, qui débutera mardi 30 avril, n’entrainera pas la fermeture des urgences, le personnel y étant assigné comme le rappelle France 3 Pays de la Loire. Mais il donnera néanmoins une idée du ras le bol qui touche une partie du personnel hospitalier. Dénonçant « le manque de moyens humains devant une augmentation constante du nombre d'entrées aux urgences » comme le manque de lits, les personnels réclament également « une meilleure reconnaissance salariale».

https://www.mediacites.fr/nantes/enquete-nantes/2019/04/01/clinique-le-confluent-le-geant-chinois-fosun-invite-surprise-au-rachat/

 


Bidule_carre_512pxPolice municipale : souriez, vous étiez filmés

104 caméras de vidéo-surveillance (et bientôt trente de plus) scrutant les rues de la métropole nantaise, une trentaine de « caméras piétons » épinglées au revers des blousons de certains contrôleurs de la Tan, les dispositifs des banques, commerces et autres sociétés privés… Depuis maintenant quelques mois, les Nantais vivent leur ville en cinémascope. Entre mars et juin 2018, ils avaient même eu l’occasion d’être filmés par les fameuses caméras piétons qui équipaient la police municipale.

Répondant à une expérimentation lancée dans 392 communes françaises volontaires, Nantes avait en effet testé ce dispositif permettant aux agents d’enregistrer certaines de leurs interventions (quand ils le souhaitaient mais aussi – particularité nantaise – si un citoyen concerné par la situation en faisait la demande), avant de l’abandonner en attendant que la loi règlemente le dispositif. C’est chose faite depuis la fin février dernier et ces équipements feront peut-être bientôt leur retour sur les uniformes des policiers nantais.

Panier a salade
Carte élaborée par Le panier à salade.

Car à en croire Le panier à salade, le test s’est avéré plutôt concluant. Dans un hors-série à sa livraison hebdomadaire, la lettre spécialisée dans l’actualité policière et judiciaire, dresse un bilan de l’expérimentation réalisée dans les 392 communes. Et donne accès aux rapports rédigés par certaines d’entre-elles. Celui de Nantes est sans équivoque : « Dans le contexte nantais, les caméras piétons apparaissent comme un moyen pertinent de prévention et de dissuasion des comportements agressifs, écrit ainsi Gille Nicolas, l’adjoint délégué à la tranquillité publique. Les agents porteurs de ces caméras font état d’une baisse globale de l’agressivité ou de comportements provocateurs. (…) (Son) maintien fait l’unanimité parmi les agents ».

Rapport CM PM Nantes (44)

Un bilan à relativiser néanmoins puisque le dispositif n’a été testé que trois mois dans la cité des Ducs. Trois mois durant lesquels les enregistrements n’ont été déclenchés que vingt fois et dont aucune image n’a été utilisée dans le cadre d’une procédure administrative, judiciaire ou disciplinaire. Des résultats qui correspondent globalement à la moyenne de ceux observés dans les villes ayant participé à l’expérimentation.

 


Bidule_carre_512pxSala, Kita, le FC Nantes et les dérives du foot-business

Rhabillé pour l’hiver… Dans un article paru lundi 22 avril dans la revue en ligne AOC (Analyse, Opinion, Critique), le journaliste Nicolas Guillon revient sur le décès d’Emiliano Sala, pour formuler un long réquisitoire contre l’évolution du football professionnel en général et celle du FC Nantes, en particulier. Un texte qui, derrière l’hommage rendu à l’attaquant nantais, le dresse en « martyr d’un jeu en voie d’extinction ».

« Au vrai, que vaut un joueur, aujourd’hui, en dehors de sa valeur marchande, dans cet univers dont les manières oscillent entre l’esclavage et la prostitution ? », s’interroge l’ancien du JDD, de L’équipe Magazine et du Monde. Il dénonce ainsi ce monde du foot-business devenu « prétexte à faire du fric, un marché comme un autre » et pour lequel on construit «  au milieu de nulle part des stades sans âme que l’on semble vouloir vider de leurs supporters  pour les remplacer par des clients qui se rendraient au match comme on va pousser le caddie le samedi dans des zones commerciales. »

La charge, stimulante, vise aussi le FC Nantes, son président et son projet – avorté - de nouvelle enceinte, qui symbolisent ces dérives mercantiles. « Durant près d’un demi-siècle, ce club incarna une certaine idée du jeu : le fameux « jeu à la nantaise » – l’expression est même entrée dans le langage commun. Ce football, qui mettait le collectif au service de l’esthétisme, reposait sur la formation de joueurs par des entraîneurs dépositaires d’un style (…), se souvient le natif de Nantes. Mais aujourd’hui, plus rien de tout cela. Plus de jeu à la nantaise, plus de formation, plus de résultats, et surtout aucun projet si ce n’est une nouvelle enceinte. Les Canaris n’en finissent plus de traîner leur misère saison après saison, faisant l’offense d’offrir à un public de connaisseurs une pitance d’une pauvreté inouïe. » Ravageur.

 


Bidule_carre_512pxUn nantais derrière un jeu vidéo pour détecter Alzheimer

Il s’appelle Sea Hero Quest et peut-être l’avez vous déjà croisé en farfouillant sur l’Apple Store ou dans Google Play. De quoi s’agit-il ? D’un jeu vidéo dans lequel le joueur, capitaine de navire, doit relever différents défis d’orientation et de navigation. Sa particularité ? Il a été conçu par une équipe de chercheurs internationaux parmi lesquels un universitaire nantais, Antoine Courtot.

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Comme le raconte le très sérieux Journal du CNRS, dans le cadre de leur recherche sur la maladie d’Alzheimer, ces scientifiques ont trouvé grâce à ce procédé le moyen d’accéder à des millions de « cobayes », quand les expérimentation classiques en neuro-sciences ne portent généralement que sur 50 à 100 candidats. Grâce au succès du jeu, ils ont ainsi pu recueillir des données d’orientation provenant de plus de quatre millions de personnes, d’âge, de sexe et de pays différents. Inespéré ! Après une première vague de résultats montrant que, hors Alzheimer, notre faculté à nous orienter décroissait en vieillissant, l’équipe internationale en a récemment publié une nouvelle batterie. Ses conclusions ? Les personnes obtenant de mauvais résultats dans le jeu (par rapport à la moyenne des individus de même âge, sexe et origine) présentent davantage de prédispositions à la maladie d’Alzheimer.

Une découverte, qui associé à d’autres analyses encore en cours pourrait déboucher sur une meilleure détection précoce de la maladie. « It’s in the game », comme dirait l’autre.

Benjamin Peyrel
Co-fondateur de Mediacités et rédacteur en chef de son édition nantaise. Avant de me lancer dans cette aventure, j'ai débuté au quotidien La Croix et suis passé par différentes rédactions (L’Humanité, Le Parisien, etc), avant de rejoindre L’Express et d'écumer préfectures et sous-préfectures pendant dix ans. Je m’intéresse notamment aujourd’hui aux montagnes de données que les collectivités comme les citoyens produisent quotidiennement et aux moyens de les utiliser pour faire avancer l'information.