Bidule_carre_512pxLogements sociaux : quand le préfet se paie Nantes Métropole et Johanna Rolland

« Je l’ai dit à Johanna Rolland ! En 2019, Nantes Métropole ne tiendra pas ses objectifs en matière de création de logements sociaux. Et ce n’est pas un problème financier ! » En lâchant cette information à Mediacités, le 29 novembre, lors de la conférence régionale sur la lutte contre la pauvreté, le préfet de Loire-Atlantique et des Pays de la Loire, Claude d’Harcourt lançait une nouvelle pierre dans le jardin de la présidente de Nantes Métropole. Après la question des migrants, du maintien de l’ordre dans le centre de Nantes, des responsabilités dans la mort de Steve Caniço, voilà donc une nouvelle pierre d’achoppement publique entre le représentant de l’État et celle de la métropole nantaise.

Les chiffres donnent raison au préfet. Dans son PLH (Programme Local de l’Habitat) Nantes Métropole s’était engagée à construire 2 500 logements sociaux par an entre 2019 et 2025. L’Etat a décidé de soutenir financièrement la construction de 2350 d’entre eux en 2019. Mais 1 620 seulement sortiront finalement de terre d’ici à la fin de l’année. Soit 30 % de moins que l’objectif fixé. Sur les 730 logements manquants, adieu les dotations de l’État…

PLH

Ces chiffres sont confirmés par Nantes Métropole, bonne joueuse, qui se défend néanmoins en avançant trois principales raisons à ce mauvais résultat. « Globalement, nous avons un ralentissement de la construction du neuf du fait d’un surcoût de la construction, explique Pascal Pras, le maire de St Jean-de-Boiseau et vice-président de Nantes Métropole chargé de l’habitat. L’augmentation de 1,4 % en moyenne cette année des coûts de construction a mis les opérateurs en difficulté. » Une deuxième raison - moins reluisante, celle-ci - a empêché Nantes Métropole de tenir ses objectifs. « Il faut être franc. En cette période pré-électorale, un certain nombre d’élus ont fait le choix de reporter des opérations immobilières. La création de logements sociaux ne passe pas toujours dans la population… » Enfin, 2019 a vu naitre le PLUM (Plan Local d’Urbanisme Métropolitain) et « les acteurs de la construction ont attendu le vote de ce plan pour se positionner ». Les habitations sociales ne seront pas les seuls parents pauvres en 2019. L’objectif de 6 000 nouveaux logements promis dans le Plan Local de l’Habitat ne sera pas tenu, lui non plus. Actuellement, on compte 13 000 demandes de logement en attente dans la métropole nantaise. A.T.

 


Bidule_carre_512pxUniversité de Nantes : « on va perdre le label I-Site » prédit Olivier Laboux, son président

« On va perdre le label I-Site. Centrale ne va pas voter une nouvelle fois à son prochain CA [le 9 décembre, ndlr]. Les discussions [avec l’État] sont tendues »… Voilà les confidences, pessimistes, que le président de l’Université de Nantes, Olivier Laboux, faisait à Mediacités, en marge du salon de l’Étudiant qui s’est tenu le week-end dernier à Nantes. L’État, via l’Agence nationale de la recherche (ANR), a en effet donné un délai d’un puis deux mois à l’Université de Nantes pour remédier au vote négatif de Centrale Nantes, le 9 octobre, sur les statuts de Nantes Université. Cet établissement expérimental devait naître le 1er janvier prochain dans la suite logique de l’obtention du label I-Site, en février 2017. A la clé : un financement de près de 330 millions d’euros sur dix ans.

Olivier Laboux
Olivier Laboux, le 22 octobre dernier à la présidence de l'Université de Nantes. / Photo : Thibault Dumas

A cet égard, la perte désormais plus que probable du label pourrait avoir des conséquences à très court terme sur l’université nantaise. Sur les 58 millions d’euros déjà attribués jusqu’en 2021, « on s’était engagé sur des dépenses hauteur de 30 millions d’euros avec les autres fondateurs, précisait Olivier Laboux, il y a mois. Aujourd’hui on a reçu et dépensé 15 millions d’euros et on fait un moratoire sur le reste, on n’a pas l’argent... ». Dans la balance : « 36 postes de contractuels en CDD pourvus sur un total de 50 [un statut temporaire avant une ce qui devrait être une « cdisation », NDLR]. Ceux qui ont un contrat signé vont pouvoir aller au bout de leur contrat. Pour ceux qui n’ont rien signé, c’est aussi un moratoire ».

Le 10 décembre prochain, le jury international du I-Site se réunira pour décider de l’avenir du projet nantais. Soit au lendemain du conseil d’administration de Centrale Nantes. Si les administrateurs de l’école d’ingénieurs ne devraient pas se prononcer à nouveau sur les statuts de Nantes Université (le point ne figure pas à l’ordre du jour provisoire), un autre point agite l’établissement : l’avenir de son directeur, Arnaud Poitou. Lors du précédent conseil ; ce dernier s’était engagé publiquement à demander un vote de confiance aux administrateurs. Si ces derniers ne lui accordaient pas, l’avenir du projet I-Site pourrait – une fois encore – se retrouver dans la balance. Un scénario digne d’une série à rebondissements. T.D.

 


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Les dissidents Rassemblement National perdent finalement leur perle rare

Erik Tegnèr, n'a pas signé son contrat de travail pour le groupe dissident RN au conseil régional des Pays de la Loire (lire L’œil de Mediacités du 21 novembre). Depuis l'annonce de son arrivée à la Région pour travailler auprès des anciens membres du parti de Marine Le Pen, ce partisan d’une alliance des droites a été visé par une procédure d'exclusion de son parti, Les Républicains.

Ce jeune adhérent a reçu une lettre d'Agnès Evren, présidente de la fédération parisienne des Républicains  « Votre attitude constitue un manquement grave aux valeurs qui fondent notre famille politique. Elle n'est pas compatible avec l'esprit de notre mouvement. » peut-on y lire. Face à cette admonestation et malgré les engagements qu'il avait pris auprès du groupe dirigé par Pascal Gannat à la Région, Erik Tegnèr a donc préféré jeter l'éponge pour ne pas donner un argument de plus à ceux qui veulent sa peau au sein des Républicains, où depuis l’élection de Christian Jacob à la présidence du parti, l’idée d’un rapprochement entre droite et extrême droite semble beaucoup moins en vogue que sous l'ère Wauquiez.

 


Bidule_carre_512pxAirbnb étend son emprise sur les logements de l'agglomération nantaise

Pour le moment, les candidates à l’élection municipale n’ont pas encore évoqué le sujet, mais il finira certainement par s’insinuer dans la campagne. A Nantes, durant les douze derniers mois, 3 565 logements entiers ont été mis à la location sur les deux principales plateformes du genre : Airbnb et Homeaway. Un peu moins de la moitié d’entre eux l’ont été pendant plus de trois mois. C’est ce que l’on apprend au fil d’un article du Monde consacré au phénomène et titré : « comment Airbnb cannibalise le logement dans les grandes villes ».

Le Monde Airbnb
Capture d'écran Le Monde

3 565… Énoncé comme ça, le chiffre peut paraître un peu abstrait, voire faible. Rapporté au nombre total de logements disponibles, il devient tout de suite nettement plus préoccupant, notamment dans une ville au marché de l’immobilier de plus en plus tendu. A Nantes, l’an dernier, près de 20 logements sur 1 000 sont ainsi passés au moins une fois sur l’une de ces plateformes de location. Et 3 565 (contre à peine 800 il y a encore trois ans), c’est aussi supérieur au nombre total de logements neufs (3 300) qui devaient être livrés à Nantes dans le parc privé, en 2019…

Ces comparaisons effectuées, on comprend mieux l’image du cannibalisme employée par Le Monde. Un phénomène face auquel les élus sont encore largement désarmés. Il y a un plus d’un an et demi, nous consacrions ainsi un article à «  ceux qui profitent d’Airbnb en Loire-Atlantique ». Fabrice Roussel, maire de La Chapelle-sur-Erdre et vice-président de la Métropole chargé (entre autres) du Tourisme y exposait notamment les mesures prises par la collectivité pour endiguer le phénomène. Leurs effets – si elles en ont eu - ont été très limités : d’après nos calculs, 15 logements sur 1000 étaient alors proposés à la location sur le seul site Airbnb, en février 2018. Ce taux dépasse désormais les 18 pour 1000.

https://www.mediacites.fr/decryptage/nantes/2018/02/01/qui-profite-vraiment-dairbnb-a-nantes-et-en-loire-atlantique/

Difficile, donc, de résister à la pression du géant américain. D’autant plus difficile que les villes ne sont pas particulièrement aidées par le gouvernement français. Dans une étude parue en décembre 2017, l’Agence d’urbanisme de la région nantaise recommandait ainsi aux pouvoirs publics « de se doter des outils permettant d’inclure l’impact des principales plateformes numériques dans le champ des politiques publiques locales ». Un vœu qu’un décret entré en vigueur ce 1er décembre devait exaucer en obligeant les plateformes de location à transmettre aux mairies la liste des annonceurs proposant des biens sur leur territoire. Des informations essentielles qui auraient permis aux villes de contrôler que ces loueurs respectaient bien la loi, en ne dépassant pas, par exemple, le seuil des 120 nuitées par an. Las, le texte a été en grande partie vidée de sa substance depuis les débats parlementaires sur la loi ELAN. Les données ne doivent plus être transmises qu’une fois par an (contre trois fois) et s’avèrent en grande partie inutilisables. Le cannibalisme a encore de beau jour devant lui.

Bonus : Si le sujet vous intéresse, quelques données son disponibles sur le site AirDNA, qui localise par exemple l’ensemble des locations dans chaque ville à un moment donné et donne quelques chiffres, comme celui du revenu moyen généré par ces logements.

AirDNA
Les logements à la location sur Airbnb et Homeaway le 4 novembre, à Nantes. / Capture du site AirDNA

 


Bidule_carre_512pxGestion de l'eau : les canalisations de la métropole mal entretenues et menacées de vieillissement

400 ans… C’est le temps qu’il faudrait pour renouveler entièrement le réseau d’eau de la métropole nantaise. Un chiffre « catastrophique », selon Mireille Pernot, la vice-présidente de Nantes métropole chargée de l’eau et de l’assainissement, interrogée le 29 novembre dernier par La Gazette des communes. Pourquoi catastrophique ? Tout simplement parce selon les matériaux utilisés, la durée de vie des canalisations nantaises oscille entre 50 et 100 ans. « Actuellement, on n’assure pas nos responsabilités par rapport aux générations futures », reconnaît la conseillère municipale rezéenne. Si l’article ne dit rien sur les mesures mises en place pour rattraper ce retard, il revient en revanche sur le « patchwork » nantais de la gestion de l’eau, un cas unique en France ou l’on n’a pas véritablement tranché entre « délégation de service public » et régie. Un système hybride qui présente l’énorme avantage de permettre aux élus de garder le contrôle de cet enjeu crucial et à leurs services de conserver compétence et savoir-faire. Mais qui semble néanmoins comporter quelques fuites.

 


Bidule_carre_512pxSans surprise, le Tribunal administratif suspend les arrêtés anti-pesticides de Nantes et de Rezé

Il n’y avait pas véritablement de suspens, mais cette fois c’est officiel : lundi 2 décembre, le juge des référés du Tribunal administratif de Nantes a suspendu l’arrêté anti-pesticide pris en septembre dernier par les villes de Nantes et de Rezé. Alors que lors de l'audience, le 18 novembre, l'avocate de la mairie de Nantes s'était employée à dresser un parallèle avec les villes de Sceaux et Gennevilliers, les deux premières en France à avoir échappé à une suspension de l’arrêté, le juge ne s’est pas rendu à ses arguments. Comme dans le cas de La-Chapelle-sur-Erdre, fin septembre (lire L’œil de Mediacités du 14 novembre), il a estimé qu’il ne disposait pas de suffisamment d’éléments pour établir que « l’usage de produits phytosanitaires chimiques exposerait les habitants à un péril grave ». Si elle suspend les effets des arrêtés, la décision du juge renvoie néanmoins à un débat plus approfondi (« au fond ») de leur légalité. Celui-ci devrait intervenir d’ici six à huit mois.