Maîtriser la densification sur l'ensemble des communes de la métropole de Toulouse : ce sont les maîtres-mots du plan local d'urbanisme intercommunal-habitat (PLU-IH) voté par le Conseil métropolitain, jeudi 11 avril. Après des années de frénésie de construction dans la ville-centre, l'effort devra être mieux réparti dans le reste du territoire métropolitain.

« Ce document nous engage à construire en moyenne 7 000 logements sur l'ensemble des 37 communes chaque année, détaille dans La Tribune Karine Traval-Michelet, maire de Colomiers et vice-présidente de Toulouse Métropole Habitat. Ces constructions ont été réparties sur tout le territoire de manière concertée. La ville de Toulouse en accueillera 50 %, les communes de la 1ère couronne 30 %, les communes intermédiaires 10 % et les communes les plus éloignées 10 % également. »

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Au niveau de Toulouse, un véritable ralentissement de la constructibilité a été décidé - en dehors des grands projets en zones d’aménagement concerté (ZAC). « Une annonce qu’il faut nuancer car les quartiers dont les droits à construire sont revus à la baisse sont ceux qui ont vu le nombre de constructions neuves flamber ces dernières années », note toutefois La Gazette des Communes.

Les enjeux qu'implique ce nouveau credo semblent complexes. Ils ont été débattus lors du café-débat du Conseil de développement de Toulouse-Métropole (Codev), le 9 avril. « La maîtrise de la densification, c'est une chose. La manière de l'accompagner et de la mettre en oeuvre en est une autre, prévient François Saint-Pierre, membre actif du Codev et animateur de ce café. Or on peut s'inquiéter d'un écart notable entre le centre-ville, largement cajolé par Jean-Luc Moudenc, bénéficiant de grands aménagements, et le reste du territoire métropolitain, qui a été livré aux promoteurs sans véritable maîtrise. »

Toulouse, métropole livrée aux promoteurs ? On se souvient comment ceux-ci ont été mis en avant par les collectivités locales lors de l'événementiel organisé par l'association Toulouse 2030, comme Mediacités l’a raconté en octobre 2018.

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Les élus écologistes ont, eux, voté contre le PLU-IH « notamment parce que la troisième ligne de métro n'a pas été anticipée ». Or, souligne Régis Godec, conseiller communautaire EELV, « il a été estimé que le nouveau tronçon amènera 150 000 habitants supplémentaires tout du long. Ce qui remettra en cause cet objectif de limitation de la constructibilité à Toulouse. »