« Loyers encadrés : flambée évitée ! » Ce mercredi 30 septembre, place Louis Pradel, au centre de Lyon, les défenseurs de l’encadrement des loyers – en vigueur dans les neuf arrondissements de la ville et la voisine Villeurbanne depuis 2021 – sonnent la mobilisation. À deux pas de la mairie où l’écologiste Grégory Doucet a été réélu en mars dernier, experts et représentants d’association comme la Bail (« la Brigade associative inter locataires »), la Fondation pour le logement ou la Confédération syndicale des familles (CSF) prennent successivement la parole pour défendre un dispositif « qui marche ».
Près de 700 kilomètres plus au Nord, à Lille, où le dispositif s’applique sans interruption depuis le 1er mars 2020, les prix des loyers seraient aujourd’hui 5% plus élevés sans l’encadrement des loyers. Il produirait un effet « assez similaire sur l’ensemble du parc, avec des baisses moyennes qui sont pour la plupart comprises entre 2% et 4% », indiquent Gabrielle Fack et Guillaume Chapelle, deux économistes co‐auteurs d’un rapport d’évaluation du dispositif publié en mai 2026. « N’en déplaise aux détracteurs, l’effet positif qu’on attendait est constaté », se réjouit Anissa Baderi, adjointe au maire de Lille déléguée à l’habitat et au logement, qui défend la pérennisation de l’outil.
Pour l’heure, sur les bords du Rhône, la menace contre l’encadrement des loyers provient en partie de l’alternance politique à la Métropole. La nouvelle présidente LR du Grand Lyon, Véronique Sarselli, a promis de les « désencadrer » pendant la campagne. Un engagement réaffirmé depuis son élection mais sans traduction concrète pour le moment. Et pour cause : sans intervenir, elle pourrait n’avoir qu’à attendre la disparition du dispositif honni des associations de propriétaires…
Car à Lyon comme à Lille, et aussi Montpellier, Bordeaux ou Paris où l’encadrement est également appliqué, la vraie menace n’est pas locale mais nationale. Cette politique de régulation des prix des loyers n’est permise que dans le cadre d’une expérimentation. Et celle‐ci pourrait prendre fin au cours de cet automne [lire l’encadré ci‐dessous], malgré les résultats convaincants obtenus dans les communes qui en ont bénéficié.
Des centaines de milliers d’euros remboursés aux locataires
Selon la majorité municipale lilloise – qui dispose de la plus longue période d’observation et d’analyse du dispositif après Paris – les loyers encadrés ont permis de restituer environ 170 000 euros de loyers trop‐perçus à plus de 450 locataires de Lille, Lomme ou Hellemmes qui ont signalé un loyer abusif depuis 2020. Un effet redistributif partout mesurable dans les quelque 70 communes ou communautés de communes concernées par les loyers encadrés.
Lancée en 2023, l’association lyonnaise BAIL – pour Brigade associative inter‐locataires – a, par exemple, aidé plus de 750 locataires installés à Lyon, Villeurbanne, Plaine Commune (Seine‐Saint‐Denis) et Paris à faire respecter l’encadrement de leur loyer et réclamer leur dû. « Déjà 724 736 euros remboursés aux locataires, grâce à notre travail …