Il semble loin le temps où Mihail dormait à même le sol dans les rues de Toulouse et fouillait les poubelles pour se nourrir. Ce jeune homme, aujourd’hui âgé de 25 ans, arrivé de Bulgarie en 2009 avec toute sa famille, raconte volontiers sa nouvelle vie. Celle d’un résident français « comme les autres », payant le loyer de son T1 bis à Colomiers et sur le point d’obtenir son CAP cuisine. Il y a 4 ans encore, Mihail vivait « dans la boue et au milieu des rats » dans les campements du Ramier puis de Montaudran. « Je m’en suis sorti car je n’ai jamais abandonné. Quand la mairie m’a proposé son aide, ça a tout changé », raconte-t-il dans un français parfait.

Après des années de vie à la rue et d’expulsions successives, Mihail et sa famille ont pu bénéficier d’une maison, mise à disposition par la ville dans le quartier des Arènes, et d’un accompagnement vers l’emploi. Mihail vole à présent de ses propres ailes. Depuis 2015, la mairie de Toulouse a lancé un programme afin de tenter d’en finir avec les expulsions de campements et de squats. « Elles ne faisaient que déplacer les problèmes. Nous avons donc travaillé à une solution à la fois humaine et pragmatique », explique Daniel Rougé, élu en charge des politiques de solidarité et des affaires sociales.

Où en est-on aujourd'hui ?

En finir avec les expulsions manu militari
Cette année-là, alors que la population des campements atteint 1 400 habitants à Toulouse, l’équipe de Jean-Luc Moudenc annonce vouloir ouvrir un second village d’insertion, quartier du Paléficat, avec des mobil-home et un accompagnement social, sur le modèle de celui de Grynfogel. Mais les riverains grognent… Sur les conseils des travailleurs sociaux et militants du Collectif d’entraide et d’innovation sociale (Cedis), la municipalité fait finalement le choix de mobiliser des logements vacants répartis de façon diffuse dans la ville. Objectif : permettre une insertion durable des Roms de l’Union Européenne peuplant dans leur grande majorité les campements et squats précaires de la ville. Ce dispositif est ouvert, depuis 2018, aux personnes extra-communautaires ayant le statut de réfugié.

Pour résorber les bidonvilles, la mairie travaille en plusieurs étapes. Ses services sociaux rencontrent et recensent d’abord les personnes vivant sur un campement et leur situation administrative . . .

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