« Trop de bruit », «  Le bruit, ça suffit », « Stop au bruit ». En parcourant le village du Séquestre, à l'ouest d'Albi, et en longeant le circuit automobile, impossible de ne pas tomber sur ces slogans, tagués sur les transformateurs électriques, peints sur la route ou placardés sur les espaces publicitaires municipaux. On comprend alors vite l'hostilité que rencontre ce serpent de bitume s'étalant entre les habitations. En écoutant les riverains, on mesure mieux encore l'ampleur de la colère. L'un nous fait parvenir son certificat médical, attestant d'un « état anxio-dépressif réactionnel au bruit que génère le circuit automobile, avec retentissement sur sa santé physique et morale, avec troubles du sommeil, troubles de la concentration, de la mémoire, irritabilité et troubles de l'humeur. » L'autre évoque cette psychothérapeute obligée de quitter la commune car le ronflement des moteurs l’empêche d'exercer sa profession. Un jour, « c'est sûr, il y aura un drame », soufflent certains.

Un comité de surveillance et des pénalités jamais appliquées

Le Grand Prix d'Albi se dispute sur les routes de la préfecture du Tarn depuis 1933. En 1962, pour des raisons de sécurité, la municipalité décide de construire un circuit sur une zone non urbanisée de la commune voisine du Séquestre. L'infrastructure est gérée par une association, le Comité de gestion du circuit automobile (CGCA).

https://www.youtube.com/watch?v=BUJJMSkv9Z8

A partir de 1984, alors que l'habitat s'est densifié autour de la piste, différentes conventions sont signées pour juguler les nuisances sonores. Elles autorisent « douze journées bruyantes », soit l'équivalent de 4 compétitions de sports mécaniques par an, et précisent qu'en dehors de ces journées, le CGCA peut utiliser le circuit « pour des usages non bruyants ». Les premiers problèmes apparaissent en 2009 : à la demande de la fédération du sport automobile, la piste du circuit doit être entièrement rénovée. Montant des travaux : 2,4 millions d'euros, dont 1 million environ à la charge de la ville d'Albi . . .

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