A69 : les blessures cachées d’un « massacre à la pelleteuse »

La cour administrative d’appel de Toulouse a cassé mardi le jugement de première instance qui, en février, avait annulé les autorisations environnementales ayant déclenché le lancement des travaux de l’A69. Pour les riverains du chantier, les traumatismes ne sont pas près d’être guéris.

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Jérôme, à côté de sa maison, dont il a été exproprié en novembre 2023 par Atosca. / Crédit photo Alain Pitton

Si les opposant·es sont désappointé·es, ils et elles ne sont pas surpris·es. Après le jugement rendu par la Cour administrative d’appel validant le chantier des travaux de l’A69, La voie est libre parle dans un communiqué d’une « décision incompréhensible et décevante, mais prévisible ». Ne s’avouant pas vaincu, le collectif évoque les prochains combats sur le terrain de la justice et va se pourvoir en cassation.

Pour les riverain·es du chantier qui subissent les nuisances des travaux, la décision rendue va avoir un goût amer. « Macron+NGE nous roulent dessus. » À l’entrée de Verfeil, face à la gendarmerie, le message a été peint en grosses lettres sur des blocs de béton.

À ce stade du trajet, si l’on veut rejoindre la nationale 126 qui file à Castres, il faut emprunter l’ancienne route de Puylaurens, hérissée de panneaux de déviation. Un peu au loin se dessine la silhouette envahissante du chantier de l’A69. Depuis le 19 décembre 2025, les travaux sont suspendus sur quarante‐six sites où le concessionnaire Atosca est intervenu au‐delà de l’emprise autorisée.

Mais il est bien là, serpentant au fond de la vallée, et beaucoup l’évitent comme s’il s’agissait d’une plaie purulente. Au mois d’octobre, Jean‐Louis Gerardo, habitant dans une maison à 300 mètres du tracé, dans le bas du village de Montcabrier, a eu « la chance de faire un baptême de l’air », raconte‐t‐il.

Il est parti du petit aérodrome de Bourg‐Saint‐Bernard, le village d’en face. « Vu du ciel, c’est une désolation. Comme une cicatrice au milieu de la figure. Moi, je ne passe plus par cette route. Quand je vais au Bourg, je passe derrière, par les chemins des coteaux. Et je connais plein de gens qui font pareil. Ça a été trop dévasté, c’est un crève‐cœur… »

Ces mots reviennent souvent dans la bouche des riverain·es d’une A69 qui n’a pas seulement confisqué des terres, arraché des arbres, fragilisé des zones humides. Elle a aussi abîm …

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Temps de lecture : 7 minutes

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Par Emmanuel Riondé et Mediapart

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