L’analyse de Mediacités

Mis à jour le 29/01/2026
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Dans son programme, Martine Aubry indiquait : « À chaque fois que possible, émergence de vraies rues jardins avec piétonnisation totale ou partielle de l’espace et transformation en jardin. » L'appellation de rue jardin reste floue : quels espaces peuvent-être considérés comme tels ? Suffit-il qu'ils soient végétalisés ou doivent-ils ressembler à un vrai jardin ? 

Les services de la mairie ont précisé leur définition : « des rues végétalisées et particulièrement apaisées ». « Dans ces rues, la circulation est réduite aux riverains permettant un partage de l’espace public au bénéfice des piétons, voire elles sont rendues entièrement piétonnes », nous indique-t-on encore. 

La réponse liste ensuite plusieurs exemples de "rues-jardin". Il s'agit, à chaque fois, de petites artères, peu fréquentées, telles que la rue du Dr Yersin et la rue Bayard à Moulins, ou encore les rues du Chaufour, Durnerin et de la Tranquilité à Wazemmes. 

Si ces rues, peu passantes, permettent effectivement une circulation "apaisée", leur "transformation en jardin" ne saute pas aux yeux. Des projets plus visibles sont néanmoins en cours, notamment rue d'Inkermann où de larges bacs destinés à accueillir des végétaux ont été installés. 

Aussi, la mairie a mis en place depuis le précédent mandat le permis de végétaliser, avec un budget dédié, qui permet aux habitants de végétaliser leur façade, planter au pied de leur maison ou sur les trottoirs pour animer les rues. Ces plantations, qui existent bien, restent disparates. Elles ne peuvent à elles seules constituer l'émergence d'un jardin.
Pour toutes ces raisons, nous classons donc cette promesse comme non tenue.

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Lancement de "double appels à projets" en matière d'urbanisme avec un premier appel à citoyens

Mairie Citoyenneté
Promesse en partie appliquée
Mis à jour le : 02/02/2026
Lors de sa campagne électorale, Martine Aubry a promis de lancer « régulièrement » ce qu’elle appelle des « doubles appels » à projet. Un premier s’adressant aux citoyens « pour élaborer ensemble un cahier des charges ». Il sera suivi d’un second à destination des acteurs professionnels, étudiants, associatifs, « susceptibles d’y répondre ». 

Interrogée, la Ville de Lille précise que "plusieurs projets ont fait l'objet de démarches dans l'esprit d'un double-appel à projet, la concertation ayant pour but de définir les [grandes] orientations, avant de lancer l'appel d'offres de maîtrise d'œuvre". Elle cite ainsi plusieurs exemples :

-la concertation citoyenne autour de l'avenir de l'avenue du Peuple Belge - dont le résultat est critiqué par les oppositions -, qui "sert de définition au programme ensuite dressé par les concepteurs". 
-l'opération de logements "Les Sheds du coin du monde" de la friche Annappes-Madagascar à Fives (anciennement dite Brunel), qui a fait l'objet d'une "démarche de co-conception avec les habitants, menée par la Ville de Lille et le bailleur social 3F Notre Logis", permettant d'intégrer des locaux vélos partagés, des locaux associatifs, un jardin ouvert sur le quartier où une plantation citoyenne a été organisée. Notons néanmoins que si ce projet s'est achevé durant le mandat, l'appel à projet avait été lancé en 2016, soit lors de la précédente mandature. 
-une démarche similaire sur le site de l'ex CLID, rue du Jardin des Plantes, lancée dans un premier temps avec le promoteur ICADE et poursuivie avec LMH devenu propriétaire du terrain, suite à la mobilisation d'une association de riverains inquiète de l'avenir du quartier.
-les concertations autour des requalifications de la place Maréchal Leclerc, le jardin des Olieux, le Square de la boule ou Ravel Debussy dans le cadre du budget participatif notamment. "Les citoyens ont pu émettre des demandes, un cahier des charges en termes d'équipements de proximité, afin par la suite de cadrer le projet", précise la Ville. 

Initialement envisagé par Martine Aubry, le double-appel à projets envisagé sur le devenir de la piscine Marx Dormoy n'a pas pu avoir lieu, "la piscine ayant dû être maintenue en activité en lien avec le recours contre le projet de piscine à Saint-Sauveur", regrette la municipalité. 

La Ville se félicite par ailleurs du plan de lutte contre le racisme, l'antisémitisme et les discriminations "coconstruit et concerté avec les associations et les habitants" avant qu'un appel à projet soit lancé auprès des professionnels et associations susceptibles d'y répondre. 

Notons néanmoins que ces consultations restaient globalement organisées et encadrées par la municipalité. Un dispositif qui limite la possibilité qu'ont les habitants de proposer eux-mêmes un projet innovant pour la ville. Pour cela, il vaut donc mieux se tourner vers le budget participatif. 

Déconcentration de pouvoirs vers les mairies de quartier

Mairie Citoyenneté
Promesse en partie appliquée
Mis à jour le : 02/02/2026
Pour reprendre sa formulation de 2020, Martine Aubry avait promis une "autonomisation des équipes de proximité" et "une déconcentration de certains pouvoirs vers les mairies de quartier". En raison de son imprécision (quelles équipes de proximités ? quels pouvoirs ?) difficile de savoir avec exactitude ce qu'entendait par là Martine Aubry.

La première mairie de quartier a vu le jour à Lille en 1975 à Bois-Blancs. Aujourd'hui au nombre de dix, elles permettent de gérer les demandes administratives des habitants du quartier, d’accompagner les animations et les actions de démocratie participative, ou encore d’assurer le fonctionnement des conseils de quartier, sous la houlette d'un adjoint dédié. 

Aussi, chaque mairie de quartier est dotée d'un conseil de quartier, composé de dix habitants tirés au sort, de quinze habitants volontaires et de cinq représentants de groupes politiques. Ils disposent d'un budget permettant de financer les associations locales. Un fonds de participation citoyenne permet aussi de financer des microprojets chaque mois (en moyenne 20 000 euros par an et par quartier). 

Interrogée sur l'évolution des prérogatives des mairies de quartier, la ville de Lille cite la création du salon citoyen à Fives, qui a fait de la mairie de quartier "un lieu ressources, administratif, social, mais aussi informatif sur les projets en cours, lieu de recueil et d'échanges sur des projets et idées à proposer au quartier ou à la ville". Inauguré fin août 2025, le projet doit être expérimenté durant un an pour envisager de l'étendre à d'autres quartiers. 

La Ville de Lille ajoute que "durant ce mandat, les conseillers de quartier ont été amenés à s'exprimer [de façon consultative] sur les délibérations intéressant le quartier en amont du vote du Conseil municipal, ainsi que, chaque année, sur la programmation du contrat de ville". Une prérogative dont ils disposaient déjà auparavant. 

L'actuel maire de Lille Arnaud Deslandes a récemment concédé qu'il fallait refonder les conseils de quartier dont le modèle est vieillissant, afin de permettre notamment plus de représentativité, et de favoriser l'engagement en permettant des participations ponctuelles sur des projets précis. 

Renforcement des liens avec le LOSC : identification de lieux pour les supporters

Mairie Sport et loisirs
Promesse abandonnée/non tenue
Mis à jour le : 02/02/2026
Dans son programme, Martine Aubry expliquait vouloir renforcer ses liens avec le LOSC "en fédérant les supporters et identifiant des lieux pour qu'ils puissent se réunir". 

Interrogée, la Ville de Lille explique que durant ce mandat, "les liens avec le LOSC ont été réaffirmés et renforcés", au sein de l'espace public lillois ou de l'Hôtel de Ville. Elle fournit ainsi une liste de différents évènements : 

-Célébration en 2021 des dix ans du doublé coupe-championnat, avec une exposition sur les grilles du parc JB Lebas et dans les quartiers Lillois. Encouragements visuels du LOSC dans sa quête du titre de champion de France avec installation d'oriflammes, d'une écharpe autour du cour de la Déesse, de lumières rouges et blanches projetées sur les bâtiments publics et l'organisation d'une parade des joueurs en centre-ville. 
-Exposition sur l'histoire de l'Olympique lillois, l'ancêtre du LOSC à l'occasion des 90 ans du titre de champion de France en 1933, en 2023. 
-En 2024, remise de la médaille d'or de la Ville à Eden Hazard, ancien joueur emblématique du LOSC, en présence de supporters puis célébration des 80 ans du LOSC avec une exposition spécialement consacrée aux supporters sur les grilles du parc JB Lebas, un maillot sur la statue de la Déesse, des mises en lumière spécifique et l'installation d'une statue du Dogue au centre de la vieille Bourse. 
-Diffusion au cinéma d'un documentaire consacré à l'ancien entraîneur du LOSC Vahid Halilodzic, en présence de supporters du LOSC invités par la ville en 2025. La même année, une exposition consacrée à l'équipe féminine a été installée à l'Hôtel de Ville et la plaine Grimonprez-Jooris a été inaugurée à l'emplacement de l'ancien stade mythique du club en présence d'associations et de représentants de supporters. 

Malgré ce foisonnement d'initiatives visant à supporter, célébrer et renforcer les liens avec le LOSC durant ce mandat, aucun lieu n'a dont été identifié de façon pérenne pour réunir les supporters du LOSC les jours de match ou pour des célébrations particulières. Nous classons donc cette promesse comme non tenue.  

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