L’analyse de Mediacités

Mis à jour le 05/02/2026
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Les lieux en friche, ce n’est pas ce qui manque à Lille ! Plusieurs projets d'urbanisme transitoire ont investi d'anciennes emprises emblématiques, comme le Cours St So, à Saint-Sauveur ou la Friche Gourmande à Fives Cail. A Wazemmes, l'ancienne pouponnière de Wazemmes, fermée depuis 2014, a accueilli des artistes en résidence, avant de laisser la place à une nouvelle école. Ici, l'intérêt, est de ne pas laisser ces espaces à l'abandon pendant de longues années. 

Dans d'autres cas, l'urbanisme transitoire peut aussi permettre d'opérer une transition afin de changer les usages d'un lieu. On peut prendre l'exemple du projet de la place Jacques Febvrier, près de la Porte d'Arras, démarré en 2021, qui souffrait auparavant associée au trafic de drogues. Depuis, elle a complètement été repeinte en bleu, et les rez-de-chaussée ont été occupés temporairement par des associations ou petits commerces en attendant la réhabilitation des logements et un nouvel aménagement.

La carte de l'Agence d'urbanisme de Lille métropole qui répertorie ces projets est assez peu fournie à Lille. La Ville, elle, défend le fait d'être pro active sur le sujet dans tous les quartiers. Elle nous a fourni une liste de lieux concernés : 

-la Place Caulier, qui a été aménagée de façon transitoire avant que des travaux d'ampleur ne soient entamés pour la transformer pleinement

-le site pilote d'agriculture urbaine de Concorde, aujourd'hui en cours d'extension et de pérennisation 

-la gestion du secteur Concorde et ses aménagements "pour maintenir l'offre ludique et sportive au cours des chantiers accompagnée d'animations spécifiques lors d'éditions estivales" 

-le travail de préfiguration de la place Philippe Lebon réalisé avec le collectif St Michel en transition autour de bacs potagers, repris dans l'aménagement définitif. 

-la piétonnisation et l'aménagement transitoire de la place des Reignaux avant le chantier de requalification de la place par la SPL Euralille

-l'ouverture du tiers lieu "l'Indépendante", dans un ancien garage réhabilité pour accompagner le renouvellement du secteur Iéna Mexico

-le projet d'agriculture urbaine à Lille-Sud dans le cadre de la rénovation urbaine du Faubourg d'Arras

-les 15 km de pistes vélo "Covid" qui sont devenus des aménagements pérennes

-le tiers-lieu de l'Hirondelle, qui a fait vivre l'ancienne école privée Sainte-Marie dans le Vieux-Lille avant qu'elle ne connaisse des travaux

-l'expérimentation d'une centrale photovoltaïque au Mont de terre

-la mise à disposition de locaux à destination des associations sur le site St Exupéry, comme sur celui de l'ancien collège Camus

-l'occupation de Houblons nous au Bois Blancs ou la Scie circulaire au Faubourg des entreprises

D'autres lieux importants pour la Ville comme l'ancienne cité administrative et l'ex lycée Michel Servet (métro Cormontaigne) restent néanmoins totalement vides depuis de longues années.

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Davantage de bornes de recharge électrique

Mairie + Métropole Mobilités
Promesse abandonnée/non tenue
Mis à jour le : 11/03/2026
Après un faux départ avec l’opérateur Bluelib pour l’installation de 167 bornes de recharge électriques sur le territoire métropolitain, de nouvelles stations ont été déployées à l'été 2024. La MEL a finalement choisi Total Energies pour poursuivre son projet via la signature d'un contrat de quinze ans impliquant le déploiement, l'opération et la maintenance des sites de recharge. Le service dénommé "Iléwatt" prévoit d'ici la fin du mandat le déploiement de 900 points de recharge dans près de 300 lieux dédiés sur l'ensemble des 95 communes de la MEL. 

Mais, comme le rapporte La Voix du Nord, cette implantation a finalement connu un coup de frein notamment à Lille. Sur les 93 points de recharge prévus, aucun n'a finalement été aménagé, car les places de stationnement payant perdues ne sont pas indemnisées par la MEL, dénonce la ville. Ainsi, aucune de ces bornes ne sont installées à la fin du mandat. 

Renforcer la présence humaine au pied des immeubles

Mairie Sécurité
Promesse abandonnée/non tenue
Mis à jour le : 09/02/2026
Dans le programme qu’elle a présenté aux Lillois lors des dernières élections municipales, Martine Aubry a promis de « renforcer les présences humaines rassurantes au pied des immeubles touchés par les trafics ».

Interrogée, la Ville de Lille explique que les effectifs des agents de liaison et de médiation sociale (les médiateurs municipaux) ont augmenté de deux personnes depuis 2020, passant de 14 agents à 16 agents (11 agents titulaires, 3 adultes relais, un coordinateur et un coordinateur adjoint). La Ville de Lille ajoute qu'elle finance également chaque année via le Conseil local de sécurité et de prévention de la délinquance (CLSPD) des associations de prévention, à hauteur d'environ un demi-million d'euros par an. Parmi les associations soutenues par la Ville, les clubs de prévention tels qu'Itinéraires, permettent d'accentuer la prévention sur le terrain. Ceux-ci sont néanmoins touchés de plein fouet par le recul des financements de l'Etat et du Département ces derniers mois et contraints à des réorganisations internes de leurs effectifs.

Des moyens qui restent nettement insuffisants pour mailler le territoire jour et nuit afin de lutter contre le trafic de stupéfiant, qui reste préoccupant à Lille. Le manque d'effectif a notamment animé le Grand débat des municipales organisé par des associations étudiantes le 21 janvier 2026. Arnaud Deslandes a lui-même concédé qu'il fallait déployer davantage de médiateurs de rue « notamment la nuit ». La candidate insoumise, Lahouaria Addouche, qui a elle-même travaillé dans un club de prévention lillois regrette également que les postes de médiateurs sociaux soient globalement « des contrats précaires de trois ans qui ne permettent pas de créer du lien avec les habitants ». 

Au vu de ce constat, nous considérons cette promesse comme non tenue. 

Contrôle renforcé de la location type AirBnB

Mairie Logement
Promesse tenue
Mis à jour le : 06/02/2026
Comme beaucoup de grandes villes françaises, Lille est touchée par la prolifération de logements en location sur Airbnb, ce qui aggrave la pénurie de logements en location longue-durée. En conséquence, Martine Aubry promettait lors de la campagne municipale 2020 un « contrôle renforcé de la location touristique de type Airbnb afin qu’elle n’amenuise pas l’offre de logements familiaux disponibles et préserve la qualité de vie dans les résidences ».

Depuis l’été 2020, trois agents municipaux sont spécifiquement dédiés à une mission de contrôle des logements sur Airbnb, comme l’expliquait Mediacités dans un décryptage paru en 2022. « Vu la masse de données à analyser, ce n’est pas facile », reconnaissait l’adjointe à l’Habitat Anissa Baderi ».

Depuis le 1er avril 2024, les propriétaires souhaitant proposer une résidence secondaire sur une plateforme de location à courte durée doivent formuler une démarche visant à obtenir le changement d'usage de leur logement, et « justifier la compensation de cette mutation par la création d'un logement équivalent », indique la Ville. Quand il s'agit d'une résidence principale, le propriétaire doit également s'enregistrer auprès de la mairie de Lille et peut louer ce logement dans la limite de 120 jours par an. En 2024, plus de 2500 logements avaient été proposés à la location comme meublés de tourisme en ligne. 

Fort de ces nouvelles règles, la Ville a fait condamner, pour la première fois, le 21 octobre 2025, le propriétaire d'un logement Airbnb à une amende de 33 000 euros reversée à la commune. Il avait été traduit en justice après avoir été contrôlé par les services municipaux, qui avaient constaté que le bien était abusivement loué. A cette occasion, la municipalité précisait avoir mené 600 vérifications d'adresse et 200 contrôles sur un an (dont une soixantaine de logements visités). « Dès qu'une infraction est constatée, la Ville saisit systématiquement la justice sur la base des procès-verbaux qu'elle dresse », indique le service presse. 

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