L’analyse de Mediacités

Mis à jour le 28/01/2026
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Lors de sa campagne électorale, Martine Aubry a promis de lancer « régulièrement » ce qu’elle appelle des « doubles appels » à projet. Un premier s’adressant aux citoyens « pour élaborer ensemble un cahier des charges ». Il sera suivi d’un second à destination des acteurs professionnels, étudiants, associatifs, « susceptibles d’y répondre ». 

Interrogée, la Ville de Lille précise que "plusieurs projets ont fait l'objet de démarches dans l'esprit d'un double-appel à projet, la concertation ayant pour but de définir les [grandes] orientations, avant de lancer l'appel d'offres de maîtrise d'œuvre". Elle cite ainsi plusieurs exemples :

-la concertation citoyenne autour de l'avenir de l'avenue du Peuple Belge - dont le résultat est critiqué par les oppositions -, qui "sert de définition au programme ensuite dressé par les concepteurs". 
-l'opération de logements "Les Sheds du coin du monde" de la friche Annappes-Madagascar à Fives (anciennement dite Brunel), qui a fait l'objet d'une "démarche de co-conception avec les habitants, menée par la Ville de Lille et le bailleur social 3F Notre Logis", permettant d'intégrer des locaux vélos partagés, des locaux associatifs, un jardin ouvert sur le quartier où une plantation citoyenne a été organisée. Notons néanmoins que si ce projet s'est achevé durant le mandat, l'appel à projet avait été lancé en 2016, soit lors de la précédente mandature. 
-une démarche similaire sur le site de l'ex CLID, rue du Jardin des Plantes, lancée dans un premier temps avec le promoteur ICADE et poursuivie avec LMH devenu propriétaire du terrain, suite à la mobilisation d'une association de riverains inquiète de l'avenir du quartier.
-les concertations autour des requalifications de la place Maréchal Leclerc, le jardin des Olieux, le Square de la boule ou Ravel Debussy dans le cadre du budget participatif notamment. "Les citoyens ont pu émettre des demandes, un cahier des charges en termes d'équipements de proximité, afin par la suite de cadrer le projet", précise la Ville. 

Initialement envisagé par Martine Aubry, le double-appel à projets envisagé sur le devenir de la piscine Marx Dormoy n'a pas pu avoir lieu, "la piscine ayant dû être maintenue en activité en lien avec le recours contre le projet de piscine à Saint-Sauveur", regrette la municipalité. 

La Ville se félicite par ailleurs du plan de lutte contre le racisme, l'antisémitisme et les discriminations "coconstruit et concerté avec les associations et les habitants" avant qu'un appel à projet soit lancé auprès des professionnels et associations susceptibles d'y répondre. 

Notons néanmoins que ces consultations restaient globalement organisées et encadrées par la municipalité. Un dispositif qui limite la possibilité qu'ont les habitants de proposer eux-mêmes un projet innovant pour la ville. Pour cela, il vaut donc mieux se tourner vers le budget participatif. 

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Réservation d'espaces pour les commerçants dans les parking privés

Mairie Économie
Promesse abandonnée/non tenue
Mis à jour le : 30/01/2026
Pour libérer davantage de places dans les boutiques Lilloise, Martine Aubry avait pour projet de collaborer avec les gestionnaires de parkings privés pour réserver des espaces aux commerçants afin qu'ils y stockent certaines marchandises.

Interrogée, la Ville de Lille précise que "ce projet n'a pas pu aboutir au cours de ce mandat bien que plusieurs réunions aient été organisées avec les gestionnaires de parking et la Fédération Lilloise du Commerce, de l'Artisanat et des Services (FLCAS)", sans expliquer les raisons d'un tel abandon. 

 

Mise en place de Zones à Faibles Émissions à la rentrée 2020

Mairie Mobilités
Promesse abandonnée/non tenue
Mis à jour le : 30/01/2026
C'était d’abord oui. Ça a ensuite été « oui mais pas de suite », puis « oui mais pas tout de suite et pas trop restrictif », et c’est finalement… « tout ça pour ça », résumions-nous à l'automne 2025. 

La zone à faible émissions, ZFE, c'est en effet l'un des principaux feuilletons - et l'un des principal échec - de ce mandat. Le projet, prévu en 2020, a finalement été repoussé au 1er janvier 2025 en raison des grandes difficultés rencontrées pour accompagner les habitants dans leur changement de leurs pratiques de mobilité. Aussi, la ZFE lilloise se distingue par le minimalisme de ces restrictions. Si tous les véhicules doivent désormais arborer la fameuse vignette Crit'air, seuls ceux qui sont non classés sont interdits de circulation. Ainsi, au final, cette mesure concerne un peu plus de 6000 véhicules... et de nombreuses dérogations existent : faire moins de 8000 km par an, posséder une carte Pass pass ou un abonnement TER, être un professionnel ou un commerçant ambulant, avoir une voiture de collection...

L'avis de l'ensemble des communes de la MEL avait été sollicité entre le printemps et l’été 2024. Sur les 95 communes de la métropole, 38 ont émis un avis défavorable, 33 un avis favorable, 9 se sont abstenus et 15 n’avaient même pas pris la peine de répondre.  « Les résultats de cette consultation amènent à conclure à l’absence d’acceptabilité à ce stade de la ZFE‑m initialement envisagée », avait conclu l’exécutif métropolitain.

Dernier épisode, national celui-ci, au printemps 2025, un amendement porté par Les Républicains et le Rassemblement national dans le cadre du projet de loi "simplification" visait à supprimer les dispositifs ZFE partout en France. Mais, en raison des turbulences gouvernementales, le vote final du texte n'a toujours pas été mis à l'ordre du jour de l'Assemblée. De nombreux observateurs alertent d'ailleurs sur la fragilité juridique de cet amendement, qui pourrait être censuré par le Conseil constitutionnel s'il le considérait comme "cavalier législatif", autrement dit hors-sujet. La loi "simplification de la vie économique" vise en effet à "alléger la charge administrative des entreprises". 

Végétalisation de 400 façades par an, des toitures et des rues

Mairie Environnement
Promesse en partie appliquée
Mis à jour le : 30/01/2026
La Ville de Lille propose depuis longtemps de verdir les façades des habitations ou les rues, à travers un dispositif baptisé "permis de végétaliser". La mairie de Lille peut alors, à la demande des habitants, prendre en charge la création d'une fosse de plantation au pied de la façade dans laquelle le résident peut planter ce qu'il souhaite. Cela nécessite l'accord du propriétaire des lieux. La largeur du trottoir doit également être prise en compte, notamment pour laisser passer les personnes à mobilité réduite. 

La Ville précise que début 2020, Lille comptait 2 024 fosses de plantation. Le dispositif s'est poursuivi au cours du mandat. Entre 2020 et 2025, la Ville a ainsi installé 2 157 fosses supplémentaires : 311 en 2020, 243 en 2021, 438 en 2022, 466 en 2023, 465 en 2024 et 234 en 2025. Au total, la Ville compte donc désormais 4 181 fosses. Sur le mandat, le rythme de 400 végétalisation par an n'a été atteint que durant trois années. 

Concernant les rues, plusieurs d'entre elles ont bénéficié d'une métamorphose paysagère laissant la place à la végétation. Les opposants du maire de Lille considèrent néanmoins que cette métamorphose est inachevée, puisqu'elle concerne essentiellement des artères situées en cœur de Ville, quand certains quartiers comme Moulins ou Lille-Sud manquent encore cruellement de végétalisation. 

Mediacités n'a pas eu accès aux chiffres concernant la végétalisation des toitures. Une prime existe depuis 2010 pour subventionner ce type de travaux qu'ils soient effectués par des particuliers, des associations, des bailleurs sociaux ou des promoteurs privés. La Ville a mis en ligne sur son site une vidéo pour expliquer aux habitants les bienfaits la végétalisation de toitures et les bonnes pratiques à suivre en la matière. 

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