C’est une question qui n’est pas passée. Vendredi 4 juillet, Laurent* s’apprêtait à quitter son domicile quand son téléphone fixe a sonné. Au bout du fil, une sondeuse souhaitant l’interroger sur les prochaines municipales. Laurent s’intéresse au sujet. Il accepte de répondre.
Après un test de notoriété sur quelques personnalités politiques, son interlocutrice se concentre sur l’opposition municipale toulousaine. Elle évoque des candidats potentiels ou déclarés de l’opposition comme Maxime Le Texier (Archipel citoyen), François Piquemal (LFI), et Régis Godec (écologistes). Mais mentionne aussi d’autres noms, comme ceux de Nadia Pellefigue, l’ex‐tête de liste socialiste, et de Mostafa Fourar, l’ancien recteur d’académie.
Instiller le doute
L’interrogatoire porte ensuite sur l’opposition municipale toulousaine, de gauche, faut‐il le rappeler. Laurent* pense‐t‐il qu’elle est responsable et qu’elle ferait une bonne gestionnaire ? Jusqu’ici, rien que du très classique.
Mais la dernière question choque le quadragénaire toulousain. À son avis, « l’opposition municipale est‐elle antisémite ? ». Laurent* en reste presque sans voix. « J’ai répondu que non. Je trouve inadmissible qu’un institut de sondage puisse poser ce genre de question. Cela instille un doute dans l’esprit des gens. Cela montre l’état actuel de la société et comment on fait dévier le débat sur la gauche alors qu’elle a toujours été le porte‐voix de toutes les luttes. Cela me dégoute. »
Et pour cause, aucun élu local toulousain n’a à ce jour été condamné pour antisémitisme ou même provoqué de polémiques à ce sujet,