Il n’y aura pas eu de miracle. Le tribunal de commerce de Lille Métropole a prononcé mercredi 21 janvier la liquidation de la Société de Télévision Multilocale (STM), éditrice de la chaîne de télévision régionale Wéo. Elle va cesser d’émettre dimanche à minuit après dix‐sept années d’existence. Le retrait brutal du seul candidat à la reprise le 8 janvier laissait, il est vrai, peu d’espoir de trouver un sauveur providentiel à la dernière minute.
Pour ses 14 derniers salariés – les effectifs ayant fondu ces derniers mois -, « c’est un coup de massue », confie la journaliste Anouk Winberg, leur représentante au Comité social et économique (CSE). Une marche forcée vers la disparition qui n’a fait que s’accélérer sans que le principal financeur de la chaîne – la région Hauts‐de‐France, au travers d’un contrat de mission de service public – ne dise publiquement le moindre mot. Elle lui aura pourtant versé près de 4,9 millions d’euros au cours des trois dernières années.
https://www.mediacites.fr/enquete/lille/2025/09/17/la-chaine-de-tele-weo-en-sursis-apres-sa-mise-sous-sauvegarde-par-le-tribunal/
La fermeture de la chaîne va pourtant avoir un impact bien au‐delà de l’entreprise STM. Elle va laisser plus d’un million de téléspectateurs du Nord, du Pas‐de‐Calais et de Picardie face à un écran noir, une audience mensuelle qui faisait de Wéo la chaîne de télé locale la plus regardée de France.
Le silence de la Région est d’autant plus étonnant qu’elle-même souligne, dans le contrat passé avec Wéo, tout son intérêt à soutenir la chaîne parce qu’elle « a identifié le secteur de l’audiovisuel et de l’image comme un secteur clé de son développement culturel et économique ».
Un seul candidat à la reprise…
La fin de Wéo est toutefois d’abord le résultat d’une décision des actionnaires de la STM, à commencer le groupe Rossel France, propriétaire de La Voix du Nord et actionnaire majoritaire. Face aux difficultés financières de la chaîne, la maison mère a d’abord envisagé une poursuite de l’activité avec des effectifs réduits avant de brusquement décider cet été de se retirer de l’entreprise. D’où le