Toulouse est‐elle sous‐dotée en toilettes publiques ?

La liste Demain Toulouse et celle de La Gauche Unie affirment qu’il n’y a pas assez de toilettes publiques à Toulouse. Mediacités est allé vérifier si c’était vrai et combien il faudrait installer de « petits coins » pour y remédier.

Toulouse compte 62 toilettes en gestion privée par JCDecaux. / Gael Cérez

Trouver des toilettes publiques à Toulouse relève parfois du parcours du combattant. Dans une ville de plus de 514 000 habitants, l’accès aux sanitaires concerne pourtant de nombreuses personnes au quotidien : des passants aux touristes et fêtards du jeudi soir, en passant par les enfants, les personnes âgées ou atteintes de maladies chroniques et les sans‐abris. Et la question s’invite aujourd’hui dans le débat municipal.

Dans une vidéo postée sur Instagram le 24 janvier 2026, François Piquemal (LFI) affirmait qu’avec « une toilette pour 7 000 habitants », Toulouse serait « sous‐dotée, par rapport à d’autres villes, en matière de toilettes publiques ». Même constat du côté de François Briançon (PS). « Toulouse est en déficit de toilettes publiques, surtout dans les quartiers du centre, mais également dans les quartiers périphériques », estimait Anne‐Sophie de Surgy, lors d’un récent débat sur la prostitution.

Toulouse en manque de cuvettes

Dans les faits, la ville rose compte aujourd’hui, selon la mairie, 105 toilettes publiques. Cela inclut 62 toilettes en gestion privée par JCDecaux, trois sanisettes automatiques, sept toilettes traditionnelles en régie publique, huit toilettes sèches (si vous les trouvez, dîtes‐le nous), 19 uritrottoirs et six toilettes situées dans des parkings. S’y ajoute depuis le 20 février une quinzaine de WC privés situés dans des commerces. Il y aurait donc une installation pour 4 283 habitants.

Cet indice mérite toutefois d’être nuancé. Réservés aux hommes valides, les uritrottoirs sont inadaptés à de nombreux publics (femmes, enfants, personnes à mobilité réduite) et usages. De leur côté, les toilettes installées dans les parkings et le nouveau dispositif chez les commerçants sont peu connues des Toulousains et leur accès peut être contraint. Le nombre de toilettes réellement accessibles à tous dans l’espace public tombe donc à 80, soit une pour 6 425 habitants. Un ratio un peu meilleur que celui présenté par le candidat insoumis.

Même en prenant en compte l’ensemble des équipements disponibles, Toulouse est moins bien équipée que d’autres grandes villes françaises. Selon les données d’Open Street Map, Paris comporte 755 toilettes publiques pour 2 103 778 d’habitants, soit une pour 2 700 habitants. Nantes en compte 130 (une pour 2 515 habitants) et Rennes 122 (une pour 1 880 habitants). De son côté, Lyon en abrite 271 (une pour 1 914 habitants) et en ajoute une trentaine d’avril à octobre (soit une pour 1 723).

Au final, Toulouse peut se consoler en se comparant à Marseille, où les 870 000 habitants ne disposent que de 90 toilettes, selon les sources les plus favorables, soit une pour 9 600 habitants.

Une toilette pour 2 000 habitants

Pour pallier ce manque, la liste Demain Toulouse menée par François Piquemal propose de mettre en place « une toilette publique pour 2 000 habitants ». Pour atteindre ce chiffre à Toulouse, il faudrait donc 250 toilettes publiques, soit 170 toilettes publiques de plus qu’actuellement.

Comme toute mesure, cela a un prix. Aujourd’hui, la maintenance et l’entretien des toilettes toulousaines coûte près de 1,9 million d’euros par an à la mairie. Sur ce total, 1,7 million d’euros concernent seulement les 62 toilettes gérées par la société privée JCDecaux, soit environ 27 400 euros par toilette et par an.

Afin de réduire les coûts, la liste Demain Toulouse prévoit le passage de toutes les toilettes toulousaines en régie publique. « Le coût d’installation sera supérieur, mais la contrepartie sera sur le long terme, pour l’entretien et la maintenance », assure Ariane Laude, codirectrice de campagne de François Piquemal. L’enveloppe nécessaire serait de l’ordre de 2 millions d’euros sur le mandat prochain arriver aux 250 toilettes nécessaires, puis de 125 000 euros par an pour leur entretien.

Chez les autres listes, la thématique est plus vaguement abordée. La Gauche Unie promet d’installer de nouvelles toilettes sans préciser le nombre ni chiffrer la mesure. Le maire sortant, lui, fait l’impasse sur le sujet.

Un partenariat Mediacités – Science Po Toulouse

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Par Ael Dubois Collin

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